Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
l’information), la naturelle propension humaine à partager cette
œuvre devenait plus difficile à restreindre.
Au lieu d’imposer des restrictions supplémentaires, les dirigeants de Napster avaient décidé de tirer avantage de cette propension. En proposant aux amateurs de musique un lieu central
pour échanger des fichiers musicaux, la compagnie avait misé sur la
transformation du trafic des usagers en opportunité commerciale.
Le succès soudain du modèle de Napster suscita d’importantes
craintes chez les compagnies de disques traditionnelles. Et pour
cause : quelques jours seulement avant ma rencontre avec Stallman à Palo Alto, la juge Marilyn Patel de l’U.S. District Court
avait émis une ordonnance contre le service d’échange de fichiers,
à la demande de la puissante Association américaine de l’industrie
du disque (RIAA — Recording Industry Association of America).
Cette ordonnance fut par la suite suspendue par la Neuvième
cour d’appel fédérale américaine (U.S. Ninth District Court of
Appeals). Début 2001, toutefois, la cour d’appel avait également
considéré que la compagnie de San Mateo enfreignait la loi sur
le copyright 10 . Une décision que la porte-parole de la RIAA, Hillary Rosen, avait plus tard accueillie comme une « victoire pour la
communauté des créateurs et le commerce électronique licite. » 11
] ] ]
Pour les hackers, tel Stallman, le modèle commercial de Napster était embarrassant, à bien des égards. La volonté de la compagnie de s’approprier des principes hackers éprouvés, comme le
10. Voir l’article de Cecily Barnes et Scott Ard, “Court Grants Stay of
Napster Injunction”, News.com (28 juillet 2000) : http ://news.cnet.com/21001023-243817.html
11. Voir le communiqué de presse de la RIAA du 12 février 2001 “A Clear
Victory for Recording Industry in Napster Case” : http://www.riaa.com/PR_
story.cfm?id=372
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