énergie de fission
1.42
exemplaires dans le monde: le réacteur français Phenix de 250 MW,
par exemple), la formation de grandes quantités de plutonium-239
pose de sérieux problèmes, vu sa haute toxicité radioactive et sa très
longue période (24 000 ans). Un kilo de plutonium peut produire
autant d'énergie que trois millions de kg de charbon. Mais des
microgramme~ de plutonium sont suffisants pour provoquer des cancers lors de l'expérimentation sur les animaux. Si l'humanité s'engage dans l'utilisation généralisée du plutonium et des réacteurs
correspondants, les précautions devront encore être accrues, à tous les
niveaux de traitement et de manipulation.
Quels sont les risques d'accidents ou de catastrophes? Ici aussi, les
avis sont très partagés. Il faut noter cependant l'absence complète
d'accidents graves durant vingt années de développement des centrales
nucléaires et la mise en service d'une centaine d'entre elles. Des
études des risques, en termes de probabilité, ont été entreprises, en
particulier par une équipe du MIT sous la direction du Prof. Norman
Rasmussen en se basant sur une analyse détaillée du fonctionnement
des centrales nucléaires américaines depuis leur origine et en transposant les méthodes d'évaluation des risques qui ont été utilisées avec
le succès que l'on sait dans les missions spatiales. D'après ces
travaux et un premier rapport publié en 1974, les risques de fusion
d'un réacteur sont de un accident sur un million à dix millions
d'années. Le risque qu'une population importante soit, en outre,
atteinte par une telle catastrophe est encore mille fois plus bas (soit
un sur un à dix milliards). En d'autres termes, les dangers se situent
à un niveau exceptionnellement faible vis-à-vis des autres risques
d'accident qui menacent les individus et la probabilité de décès sur
l 000 personnes, par an, pour la population américaine, a été chiffrée
comme suit:
Cancer
Accident d'auto
Foudre
Cancer dû aux déchets nucléaires
Accident d'une centrale nucléaire
1,6
0,28
0,0008
< 0,00004
< 0,000001
Quelle que soit la confiance que l'on peut avoir dans les précautions
qui sont et seront prises par les techniciens de l'énergie nucléaire, la
peur atomique risque de subsister longtemps parmi les populations
-
en particulier celles qui environnent les centrales nucléaires
présentes et à venir - et c'est une forme incontestable de nuisance.
Les origines en sont variées : les effets terrifiants des explosions
atomiques, le caractère mystérieux et sournois de la radioactivité, le
manque de culture scientifique et mathématique (mesure d'un risque),
le rôle plus volontiers alarmiste que rassurant des mass media. Ce
phénomène psychologique a fait l'objet d'une étude publiée en
France.
Bibl.: J.W. Gofman and A.R. Tamplin : Poisoned Power. Chatto and
Windis Ltd, London, 1871.
C. Guedeney et G. Mendel, Angoisse atomique et centrales nucléaires. Payot, Paris, 1973.
1.42
exemplaires dans le monde: le réacteur français Phenix de 250 MW,
par exemple), la formation de grandes quantités de plutonium-239
pose de sérieux problèmes, vu sa haute toxicité radioactive et sa très
longue période (24 000 ans). Un kilo de plutonium peut produire
autant d'énergie que trois millions de kg de charbon. Mais des
microgramme~ de plutonium sont suffisants pour provoquer des cancers lors de l'expérimentation sur les animaux. Si l'humanité s'engage dans l'utilisation généralisée du plutonium et des réacteurs
correspondants, les précautions devront encore être accrues, à tous les
niveaux de traitement et de manipulation.
Quels sont les risques d'accidents ou de catastrophes? Ici aussi, les
avis sont très partagés. Il faut noter cependant l'absence complète
d'accidents graves durant vingt années de développement des centrales
nucléaires et la mise en service d'une centaine d'entre elles. Des
études des risques, en termes de probabilité, ont été entreprises, en
particulier par une équipe du MIT sous la direction du Prof. Norman
Rasmussen en se basant sur une analyse détaillée du fonctionnement
des centrales nucléaires américaines depuis leur origine et en transposant les méthodes d'évaluation des risques qui ont été utilisées avec
le succès que l'on sait dans les missions spatiales. D'après ces
travaux et un premier rapport publié en 1974, les risques de fusion
d'un réacteur sont de un accident sur un million à dix millions
d'années. Le risque qu'une population importante soit, en outre,
atteinte par une telle catastrophe est encore mille fois plus bas (soit
un sur un à dix milliards). En d'autres termes, les dangers se situent
à un niveau exceptionnellement faible vis-à-vis des autres risques
d'accident qui menacent les individus et la probabilité de décès sur
l 000 personnes, par an, pour la population américaine, a été chiffrée
comme suit:
Cancer
Accident d'auto
Foudre
Cancer dû aux déchets nucléaires
Accident d'une centrale nucléaire
1,6
0,28
0,0008
< 0,00004
< 0,000001
Quelle que soit la confiance que l'on peut avoir dans les précautions
qui sont et seront prises par les techniciens de l'énergie nucléaire, la
peur atomique risque de subsister longtemps parmi les populations
-
en particulier celles qui environnent les centrales nucléaires
présentes et à venir - et c'est une forme incontestable de nuisance.
Les origines en sont variées : les effets terrifiants des explosions
atomiques, le caractère mystérieux et sournois de la radioactivité, le
manque de culture scientifique et mathématique (mesure d'un risque),
le rôle plus volontiers alarmiste que rassurant des mass media. Ce
phénomène psychologique a fait l'objet d'une étude publiée en
France.
Bibl.: J.W. Gofman and A.R. Tamplin : Poisoned Power. Chatto and
Windis Ltd, London, 1871.
C. Guedeney et G. Mendel, Angoisse atomique et centrales nucléaires. Payot, Paris, 1973.
