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emplois verront l’intégralité de leurs tâches menacées. Cela signifie que l’on peut partir du constat que les
métiers seront en grande partie transformés plutôt que détruits. Ce constat peut s’appuyer sur les
enseignements issus des précédentes révolutions industrielles, qui ont vu – parfois non sans une transition
difficile – de nouveaux emplois apparaître en remplacement de ceux qui étaient détruits. De plus,
l’efficacité d’un algorithme associé à un humain est bien plus importante que celle d’un algorithme seul :
l’IA prend en charge les tâches répétitives, et l’humain peut se concentrer sur les tâches les plus riches.
Pour ces deux raisons, il semble nécessaire de réfléchir à la notion de complémentarité homme-machine.
Comment s’organiser pour mener ces réflexions de manière collective ?
Organiser une gouvernance en vue d’anticiper ces transformations
La réflexion sur les impacts économiques et sociaux de l’AI ne peut se faire de manière descendante au
regard de l’ampleur des transformations qu’elle est susceptible d’engager. Il s’agit, à tous les niveaux, de
définir la gouvernance qui structure un dialogue et des prises de décision nécessaires pour anticiper les
impacts de l’IA, et de réfléchir à la répartition des gains de productivité permis par le numérique.
À titre d’exemple, cinq échelons pourraient être dans un premier temps ciblés : le niveau national, le
niveau régional, le bassin d’emploi, la branche, l’entreprise. À chacun de ces niveaux, un travail préalable
d’identification du réseau des acteurs pertinents serait mené, pour organiser une concertation et la
construction participative de projets pertinents.
Une plateforme (numérique et sous forme de concertation nationale) avec tous les acteurs de l’emploi,
Pôle emploi, AFPA, acteurs régionaux, nationaux, européens, syndicats, serait mise en place à cet effet.
Trois sujets prioritaires feraient l’objet de cette concertation nationale :
- réfléchir à la complémentarité entre les compétences automatisables et celles non automatisables, afin de
déterminer les compétences humaines substituables et de maîtriser la transition ; .
- de manière corrélative, identifier des modes de complémentarité vertueux qui puissent être pérennes et
qui ne soient pas créateurs d’aliénation supplémentaire au niveau individuel et collectif ;
- enfin, repenser de fond en comble les modes de formation tout au long de la vie, du fait de la
complémentarité évoquée ci-dessus.
Quelles compétences substituables ?
De nombreuses études se sont attachées à définir les compétences humaines qui, à ce jour n’apparaissent
pas substituables par l’IA (cf. annexe 1 “L’intelligence artificielle en quête d’acceptabilité et de
confiance”). Les compétences englobant une dimension affective et relationnelle, certaines compétences
physiques de précision et surtout, les capacités d’analyse générale (flexibilité, capacité d’adaptation,
capacité à résoudre les problèmes, créativité), semblent a priori demeurer accomplies de manière plus
efficace par l’homme.
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