96 – 6. ÉTATS-UNIS : EFFETS DE L’AGRICULTURE SUR L’ENVIRONNEMENT ET ENCHÈRES DE CONSERVATION
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
du ruissellement d’azote et de phosphore particulaire. Cependant, par rapport au labour
traditionnel, la culture sans labour n’a pas que des effets favorables sur l’environnement,
un certain nombre d’études indiquant que le ruissellement du phosphore dissous
(orthophosphate) a tendance à s’accroître en l’absence de travail du sol en raison de
l’accumulation de phosphore en surface. Par ailleurs, l’absence de travail du sol tend à
rendre plus abondantes les mauvaises herbes pérennes, d’où la nécessité de recourir
davantage à des herbicides avec pour conséquence, en fin de compte, davantage de
ruissellement d’herbicides que dans le cas d’une méthode traditionnelle avec travail du
sol ; elle peut aussi accroître les risques de lessivage des éléments nutritifs et des
pesticides jusqu’à la nappe phréatique. De plus, en ce qui concerne les gaz à effet de
serre, la culture sans labour contribue à la fixation du carbone, mais peut augmenter les
émissions d’hémioxyde d’azote. C’est pourquoi, du point de vue de la société, l’absence
de travail du sol implique d’importants arbitrages qu’il convient d’intégrer dans l’analyse.
Du point de vue de l’agriculteur, la culture sans labour permet a priori de réduire les
coûts grâce à une diminution des besoins en main-d’œuvre et d’une baisse de la
consommation de carburant. L’investissement en capital et les coûts de maintenance
peuvent également être réduits, bien que les besoins en capitaux payables d’avance pour
les nouveaux équipements puissent constituer un obstacle à son adoption. De plus, par
rapport au labour traditionnel, l’absence de travail du sol peut engendrer des recettes
potentielles sous forme de crédits carbone dans le contexte des marchés du carbone. Les
rendements risquent cependant d’être inférieurs à ceux obtenus avec le labour
traditionnel, surtout lors de la période de transition (qui dure généralement jusqu’à cinq
ans), tant que la structure du sol n’est pas suffisamment adaptée à une production sans
labour (par exemple, nombre de macropores). Par ailleurs, le non-labour nécessite un
équipement spécialisé permettant, notamment, le semis direct ; il a aussi une incidence
sur le calendrier des plantations dans la mesure où les sols “couverts” mettent
généralement davantage de temps à ressuyer et à se réchauffer après la période hivernale.
Le passage du labour traditionnel à l’absence de travail du sol implique donc pour
l’agriculteur une courbe d’apprentissage et, par conséquent, d’importants arbitrages
économiques.
En ce qui concerne les instruments abordés dans cette étude de cas, seront surtout
considérés :
• Les performances économique et environnementale des programmes de retrait des
terres par rapport aux programmes prévoyant la poursuite de la production.
• Les performances économique et environnementale des enchères vertes par
comparaison avec les paiements agroenvironnementaux forfaitaires.
• L’efficacité par rapport aux coûts d’instruments traditionnels comme les taxes sur
l’utilisation d’intrants, les normes relatives à l’utilisation d’intrants et les
paiements au titre des façons culturales anti-érosives et des interventions d’ordre
structurel, notamment l’implantation de bandes-tampons entre les parcelles et les
cours d’eau.
Pour évaluer les arbitrages entre programmes de retrait des terres et programmes de
poursuite de la production agricole, on développe un cadre théorique et un cadre
empirique permettant l’étude explicite des coûts et avantages relatifs. À notre
connaissance, l’étude de Feng et autres (2006) est la seule ayant analysé ces deux types
de programme dans un même cadre. Ces auteurs analysent la façon dont l’existence d’une
affectation budgétaire fixée à l’avance entre CRP et EQUIP influe sur les avantages
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
du ruissellement d’azote et de phosphore particulaire. Cependant, par rapport au labour
traditionnel, la culture sans labour n’a pas que des effets favorables sur l’environnement,
un certain nombre d’études indiquant que le ruissellement du phosphore dissous
(orthophosphate) a tendance à s’accroître en l’absence de travail du sol en raison de
l’accumulation de phosphore en surface. Par ailleurs, l’absence de travail du sol tend à
rendre plus abondantes les mauvaises herbes pérennes, d’où la nécessité de recourir
davantage à des herbicides avec pour conséquence, en fin de compte, davantage de
ruissellement d’herbicides que dans le cas d’une méthode traditionnelle avec travail du
sol ; elle peut aussi accroître les risques de lessivage des éléments nutritifs et des
pesticides jusqu’à la nappe phréatique. De plus, en ce qui concerne les gaz à effet de
serre, la culture sans labour contribue à la fixation du carbone, mais peut augmenter les
émissions d’hémioxyde d’azote. C’est pourquoi, du point de vue de la société, l’absence
de travail du sol implique d’importants arbitrages qu’il convient d’intégrer dans l’analyse.
Du point de vue de l’agriculteur, la culture sans labour permet a priori de réduire les
coûts grâce à une diminution des besoins en main-d’œuvre et d’une baisse de la
consommation de carburant. L’investissement en capital et les coûts de maintenance
peuvent également être réduits, bien que les besoins en capitaux payables d’avance pour
les nouveaux équipements puissent constituer un obstacle à son adoption. De plus, par
rapport au labour traditionnel, l’absence de travail du sol peut engendrer des recettes
potentielles sous forme de crédits carbone dans le contexte des marchés du carbone. Les
rendements risquent cependant d’être inférieurs à ceux obtenus avec le labour
traditionnel, surtout lors de la période de transition (qui dure généralement jusqu’à cinq
ans), tant que la structure du sol n’est pas suffisamment adaptée à une production sans
labour (par exemple, nombre de macropores). Par ailleurs, le non-labour nécessite un
équipement spécialisé permettant, notamment, le semis direct ; il a aussi une incidence
sur le calendrier des plantations dans la mesure où les sols “couverts” mettent
généralement davantage de temps à ressuyer et à se réchauffer après la période hivernale.
Le passage du labour traditionnel à l’absence de travail du sol implique donc pour
l’agriculteur une courbe d’apprentissage et, par conséquent, d’importants arbitrages
économiques.
En ce qui concerne les instruments abordés dans cette étude de cas, seront surtout
considérés :
• Les performances économique et environnementale des programmes de retrait des
terres par rapport aux programmes prévoyant la poursuite de la production.
• Les performances économique et environnementale des enchères vertes par
comparaison avec les paiements agroenvironnementaux forfaitaires.
• L’efficacité par rapport aux coûts d’instruments traditionnels comme les taxes sur
l’utilisation d’intrants, les normes relatives à l’utilisation d’intrants et les
paiements au titre des façons culturales anti-érosives et des interventions d’ordre
structurel, notamment l’implantation de bandes-tampons entre les parcelles et les
cours d’eau.
Pour évaluer les arbitrages entre programmes de retrait des terres et programmes de
poursuite de la production agricole, on développe un cadre théorique et un cadre
empirique permettant l’étude explicite des coûts et avantages relatifs. À notre
connaissance, l’étude de Feng et autres (2006) est la seule ayant analysé ces deux types
de programme dans un même cadre. Ces auteurs analysent la façon dont l’existence d’une
affectation budgétaire fixée à l’avance entre CRP et EQUIP influe sur les avantages
