6. ÉTATS-UNIS : EFFETS DE L’AGRICULTURE SUR L’ENVIRONNEMENT ET ENCHÈRES DE CONSERVATION – 95
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Chapitre 6
États-Unis : effets de l’agriculture sur l’environnement
et enchères de conservation
Cette étude de cas est consacrée aux performances économique et environnementale
des enchères de conservation par comparaison avec les mesures traditionnelles de
politique agroenvironnementale aux États-Unis. Les effets sur l’activité économique et
l’environnement ne sont toutefois pas agrégés dans cette étude, et aucune fonction du
bénéfice social n’est calculée. Les trois types d’utilisation des terres considérés dans cette
application sont les suivants : retrait des terres pour raisons écologiques, comme les
bandes-tampons sur une partie des champs, et deux méthodes de travail du sol au choix
pour une culture donnée : culture sans labour, et travail du sol traditionnel avec la charrue
à soc. Le Programme de souscription permanent Continuous Signup program au
Programme de mise en réserve des terres fragiles ou CRP – Conservation Reserve
Program, par exemple, prévoit le retrait d’une partie des champs par l’installation de
bandes de végétation le long des cours d’eau pour capturer le ruissellement des éléments
fertilisants et fournir d’autres aménités environnementales. La culture sans labour et le
labour traditionnel représentent ici la gestion des terres dans le cadre des programmes de
poursuite de la production (notamment le Programme en faveur de la qualité de
l’environnement ou EQIP – Environmental Quality Incentives Program). Dans cette
application, les sources d’hétérogénéité sont aussi bien les différences de productivité du
sol que la sensibilité de chaque parcelle à l’environnement. L’hétérogénéité
environnementale est représentée ici par les différences de pente vers les cours d’eau
d’une parcelle à une autre. Les différences de déclivité des terrains entraînent une
variation de la vulnérabilité des sols à l’érosion et de la propension des éléments nutritifs
et des herbicides à être entraînés hors des parcelles par ruissellement.
D’après Aillery (2006), le retrait des terres est généralement plus approprié dans le
cas des parcelles pour lesquelles les dommages environnementaux dus à l’érosion et au
ruissellement des sédiments, des éléments nutritifs et des herbicides qui lui est lié seront
importants par rapport à la valeur de la production agricole. Si le retrait des terres produit
généralement d’importants avantages environnementaux par hectare, son coût peut être
élevé dans la mesure où le montant du paiement reflète la valeur agricole globale des
terres. En d’autres termes, sous contrainte budgétaire pour le programme
agroenvironnemental ou de protection de l’environnement, un programme en faveur de la
poursuite de la production peut procurer des avantages écologiques globaux plus
importants dans la mesure où il permet de continuer à exploiter les terres et où le montant
des compensations ne doit pas nécessairement refléter la valeur agricole totale des
surfaces concernées.
Pour les programmes de maintien de la production agricole, la performance du nonlabour par rapport au travail traditionnel du sol constitue un élément important d’un plan
de conservation. Par rapport à ce dernier, la culture sans labour produit généralement des
avantages environnementaux considérables : réduction de l’érosion des sols et réduction
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Chapitre 6
États-Unis : effets de l’agriculture sur l’environnement
et enchères de conservation
Cette étude de cas est consacrée aux performances économique et environnementale
des enchères de conservation par comparaison avec les mesures traditionnelles de
politique agroenvironnementale aux États-Unis. Les effets sur l’activité économique et
l’environnement ne sont toutefois pas agrégés dans cette étude, et aucune fonction du
bénéfice social n’est calculée. Les trois types d’utilisation des terres considérés dans cette
application sont les suivants : retrait des terres pour raisons écologiques, comme les
bandes-tampons sur une partie des champs, et deux méthodes de travail du sol au choix
pour une culture donnée : culture sans labour, et travail du sol traditionnel avec la charrue
à soc. Le Programme de souscription permanent Continuous Signup program au
Programme de mise en réserve des terres fragiles ou CRP – Conservation Reserve
Program, par exemple, prévoit le retrait d’une partie des champs par l’installation de
bandes de végétation le long des cours d’eau pour capturer le ruissellement des éléments
fertilisants et fournir d’autres aménités environnementales. La culture sans labour et le
labour traditionnel représentent ici la gestion des terres dans le cadre des programmes de
poursuite de la production (notamment le Programme en faveur de la qualité de
l’environnement ou EQIP – Environmental Quality Incentives Program). Dans cette
application, les sources d’hétérogénéité sont aussi bien les différences de productivité du
sol que la sensibilité de chaque parcelle à l’environnement. L’hétérogénéité
environnementale est représentée ici par les différences de pente vers les cours d’eau
d’une parcelle à une autre. Les différences de déclivité des terrains entraînent une
variation de la vulnérabilité des sols à l’érosion et de la propension des éléments nutritifs
et des herbicides à être entraînés hors des parcelles par ruissellement.
D’après Aillery (2006), le retrait des terres est généralement plus approprié dans le
cas des parcelles pour lesquelles les dommages environnementaux dus à l’érosion et au
ruissellement des sédiments, des éléments nutritifs et des herbicides qui lui est lié seront
importants par rapport à la valeur de la production agricole. Si le retrait des terres produit
généralement d’importants avantages environnementaux par hectare, son coût peut être
élevé dans la mesure où le montant du paiement reflète la valeur agricole globale des
terres. En d’autres termes, sous contrainte budgétaire pour le programme
agroenvironnemental ou de protection de l’environnement, un programme en faveur de la
poursuite de la production peut procurer des avantages écologiques globaux plus
importants dans la mesure où il permet de continuer à exploiter les terres et où le montant
des compensations ne doit pas nécessairement refléter la valeur agricole totale des
surfaces concernées.
Pour les programmes de maintien de la production agricole, la performance du nonlabour par rapport au travail traditionnel du sol constitue un élément important d’un plan
de conservation. Par rapport à ce dernier, la culture sans labour produit généralement des
avantages environnementaux considérables : réduction de l’érosion des sols et réduction
