90 – 5. SUISSE : LES EFFETS DE LA PRODUCTION LAITIÈRE SUR L’ENVIRONNEMENT
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Les impacts environnementaux de ces différents scénarios, en termes de bilan de
l’azote et de bilan du phosphore, d’émissions d’ammoniac et d’émissions d’équivalent
CO 2 , sont indiqués dans le tableau 5.5.
Le tableau 5.5 fait état de deux méthodes de bilan minéral, à savoir le bilan à la
surface du sol (kg/ha) et le bilan au départ de l’exploitation (également en kg/ha). Avec la
méthode du bilan à la surface du sol, la situation de référence engendre un petit déficit en
phosphore et un excédent d’azote substantiel. L’azote pouvant être utilisé soit sous forme
d’engrais chimique soit sous forme de fumier, l’excédent d’azote n’est pas bien géré dans
la plupart des scénarios, sauf en cas d’imposition d’une norme sur la quantité d’azote
épandue ou d’instauration d’une taxe sur l’épandage d’engrais et de fumier. L’option de
la norme sur l’utilisation d’azote implique une diminution moyenne de 132 kg/ha de la
quantité d’azote utilisée pour atteindre un bilan à la surface zéro azote. La taxe sur
l’épandage d’azote fait diminuer le bilan azoté à la surface des sols de 26 %. Le bilan
phosphore à la surface est généralement négatif dans la plupart des scénarios, en raison de
la prédominance de l’ensilage d’herbe dans le choix des cultures. Il n’est positif que dans
le scénario de l’épandage en bandes, où l’on observe une modification notable des
assolements en faveur de l’ensilage de maïs. Ce changement se produit parce que les prix
moins élevés de l’azote (provenant des effluents) qu’implique ce scénario font de
l’ensilage de maïs la production végétale la plus rentable – ces résultats reposant de façon
évidente sur les hypothèses initiales concernant la sensibilité des rendements à l’apport
d’azote pour les différentes productions végétales.
Le bilan minéral au départ de l’exploitation mesure la différence de teneur en
éléments nutritifs entre les intrants (engrais chimiques et flux nets d’aliments) et la
production (lait). Mesuré selon cette méthode, le bilan au départ de l’exploitation dans la
situation de référence est négatif pour l’azote et légèrement positif pour le phosphore.
L’excédent d’azote est négatif dans tous les scénarios, sauf lorsque la norme technique
relative à la méthode d’épandage en bandes est adoptée. La plupart de ces scénarios
dépassent les objectifs environnementaux et induisent des bilans plus négatifs (déficits)
pour le phosphore comme pour l’azote, par rapport à la situation de référence. C’est
particulièrement le cas pour la taxe sur les engrais azotés, mais aussi pour les scénarios
dans lesquels une norme sur l’épandage d’azote et sur le taux maximum de stockage est
imposée. Des normes trop rigoureuses ont aussi des implications en termes de profits, et
ces deux options font même partie de celles pour lesquelles les profits sont les moins
élevés.
Concernant les émissions d’ammoniac, elles sont étroitement liées à la quantité
d’azote dans les effluents, au système de tabulation, au type de stockage des effluents et à
la technique d’épandage. C’est pourquoi la seule option politique avec laquelle les
émissions d’ammoniac par tête de vache laitière sont affectées de façon significative est
l’adoption de la méthode d’épandage en bandes. Les émissions d’ammoniac diminuent de
plus de 30 % par rapport à la technique d’épandage en couverture utilisée dans la
situation de référence. De façon similaire, les émissions d’équivalent-CO 2 varient peu
d’un scénario à l’autre lorsqu’elles sont mesurées par tête de vache laitière.
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