88 – 5. SUISSE : LES EFFETS DE LA PRODUCTION LAITIÈRE SUR L’ENVIRONNEMENT
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Les autres scénarios – taxe sur l’azote des engrais chimiques, taxe sur l’épandage
d’azote (engrais et effluents d’élevage), norme technologique d’épandage en bandes et
limite standard ou supérieure à l’épandage d’azote par hectare – n’ont pas d’incidence sur
la production laitière (nombre de vaches laitières et quantité de lait produite), mais ils
réduisent les profits globaux de l’exploitation par rapport à la situation de référence.
Toutefois, dans le cas de l’épandage en bandes, les profits globaux de l’exploitation ne
diminuent que très légèrement (0.3 %). En résumé, cette série de scénarios illustre la
manière dont des instruments d’action environnementaux différents peuvent avoir des
impacts différents sur les profits d’une exploitation agricole. Ces instruments ont une
influence aussi bien sur l’allocation optimale des terres que sur l’utilisation d’intrants
dans la production céréalière, et notamment sur les taux d’utilisation des engrais
chimiques et des effluents. Les scénarios consistant à taxer les engrais azotés et
l’utilisation d’azote ont pour effet que toutes les surfaces sont allouées au pâturage et à
l’ensilage d’herbe. La production de céréales fourragères n’est rentable dans aucun des
scénarios étudiés
1
.
Les effluents produits, leur teneur en éléments nutritifs et les taux d’utilisation
d’effluents et d’engrais chimiques sont indiqués dans le tableau 5.4.
La quantité totale d’effluents produits dans l’exploitation est naturellement fonction
du nombre de vaches, et par conséquent, dans le cas de la suppression des quotas laitiers
et de la contrainte du taux de stockage, il y a diminution de la quantité totale d’effluents
produits dans l’exploitation (respectivement 4 % et 29 %). Ces scénarios n’affectent pas
le niveau optimal d’utilisation d’effluents, mais les exportations de fumier à l’extérieur de
l’exploitation diminuent par rapport à la situation de référence. Les autres scénarios
n’affectent pas la production totale d’effluents dans l’exploitation, mais ils ont un impact
sur la quantité de fumier épandue sur les surfaces cultivées et donc sur les exportations
d’effluents. La norme imposant la technique d’épandage en bandes et la taxe sur les
engrais chimiques azotés incitent fortement les exploitants à éloigner davantage du centre
de l’exploitation l’épandage d’effluents sur les parcelles cultivées. Le rayon critique pour
le transport et l’épandage des effluents augmente. Cependant, l’intensité d’azote utilisé
dans les effluents n’est pas affectée, puisque dans le cas de la taxe sur les engrais, le prix
relatif de l’engrais chimique a changé mais pas le prix de l’azote contenu dans les
effluents. Dans le scénario de l’imposition de l’épandage en bandes, le coût de l’épandage
de l’azote provenant des effluents diminue, ce qui incite donc à augmenter la quantité
épandue. La norme sur l’azote et la taxe sur l’épandage d’azote réduisent bel et bien la
quantité d’effluents utilisée, ce qui entraîne donc une hausse des exportations d’effluents
hors de l’exploitation.
Les taux d’utilisation de l’azote chimique et du phosphore ne sont pas affectés par les
deux premiers scénarios, celui de la suppression du quota laitier et celui du taux
maximum de stockage, tandis que les autres scénarios ont un impact très significatif sur le
niveau optimal des taux d’utilisation de l’azote chimique et du phosphore. En particulier,
le scénario de la taxe sur les engrais azotés et celui de la norme sur l’utilisation de l’azote
réduisent de 58 % la quantité épandue.
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