86 – 5. SUISSE : LES EFFETS DE LA PRODUCTION LAITIÈRE SUR L’ENVIRONNEMENT
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
En Suisse, les mesures agroenvironnementales sont appliquées dans un contexte dans
lequel d’autres mesures de politique agricole sont également appliquées, c’est pourquoi
les options présentées supposent que les agriculteurs perçoivent des paiements à la
surface à hauteur de 1 200 CHF par hectare de terre cultivée ainsi que des subventions à
hauteur de 856 CHF par tête de bétail.
Le tableau 5.3 montre les impacts sur l’économie et sur la production de différents
scénarios.
La première colonne du tableau 5.3 représente la situation de référence, en l’absence
de mesures politiques agroenvironnementales. Les profits de l’exploitation incluent les
recettes des activités de production de lait et de céréales (20 ha). Le système de référence
est un système de production laitière très intensive avec 34 vaches, ce qui donne un taux
de charge de 1.7 vaches laitières par ha. Les terres sont allouées pour une grande part au
pâturage et à l’ensilage d’herbe (70 %) et le reste des terres disponibles est alloué à la
production d’ensilage de maïs destiné à nourrir les animaux (30 %). L’ensilage d’herbe et
l’ensilage de maïs sont produits en plus grande quantité qu’ils ne sont consommés comme
nourriture, et l’excédent est exporté (36 tonnes d’ensilage d’herbe et 14 tonnes d’ensilage
de maïs). Il n’est pas produit d’orge, les prix relatifs des produits de l’agriculture étant
tels que les cultures les plus rentables sont l’ensilage d’herbe et l’ensilage de maïs. Pour
optimiser le régime alimentaire, l’exploitation importe du grain (de l’orge) et le total des
importations représente 32 tonnes par an.
Les contraintes écologiques qui sont imposées – sous forme de contraintes sur les
pratiques de production ou de prix relatifs – réduisent les profits de l’exploitation laitière
dans les différents scénarios, par rapport à la situation de référence. Une réforme générale
de la politique agricole, et plus particulièrement une baisse du prix-producteur du lait de
15 % par suite de la suppression des quotas laitiers, réduit les profits de l’exploitation
agricole de presque 42 %. Le cheptel optimal passe de 34 à 32 vaches laitières, avec une
diminution correspondante du taux de charge et de la production totale de lait. Une
contrainte appliquée au taux maximum de stockage (1.2 vaches laitières par ha) entraîne
effectivement une diminution du cheptel de 34 à 24 têtes et, par suite, une diminution de
la production de lait de 29 % et des profits de 24 %. Par conséquent, si une suppression
du soutien aux prix réduit significativement les profits et influe sur le taux de stockage,
une réglementation du taux de charge exerce un impact considérable sur le celui-ci, mais
un impact bien moindre sur les profits des exploitants. Bien que la production de lait soit
significativement affectée par ces deux scénarios, le choix de l’allocation des terres entre
une culture et une autre et le niveau optimal de la production céréalière ne sont pas
affectés, sachant qu’aucune de ces deux scénarios n’a d’incidence sur les prix relatifs ni,
par conséquent, sur les profits de la production céréalière.
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