5. SUISSE : LES EFFETS DE LA PRODUCTION LAITIÈRE SUR L’ENVIRONNEMENT – 85
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
bilans à la surface du sol (excédent/déficit) pour chaque parcelle en ajoutant les apports
totaux d’azote et de phosphore résultant de l’épandage d’engrais chimiques et d’effluents,
et en soustrayant les quantités d’éléments nutritifs exportés par les cultures. L’excédent
obtenu (kg/ha) indique l’intensité de production, ainsi que les pertes potentielles
d’éléments nutritifs et les atteintes écologiques subies par les eaux de surface et les eaux
souterraines. Outre les bilans à la surface du sol, le bilan au départ de l’exploitation est
noté comme indicateur général de sa charge environnementale. Le bilan au départ de
l’exploitation est calculé en additionnant les quantités d’effluents des intrants entrant dans
l’exploitation (aliments, engrais chimiques, animaux, etc.) et en soustrayant les quantités
d’effluents des produits qui quittent l’exploitation (céréales, lait, animaux, etc.).
Les coefficients retenus pour la teneur des effluents en éléments nutritifs sont repris
de Menzi (2006), tandis que les coefficients retenus pour la teneur de différentes plantes
cultivées en éléments nutritifs, les valeurs proviennent de la DBF (2001), qui donne des
informations détaillées à la fois sur le niveau recommandé des apports pour chaque
culture et sur les quantités des différents éléments nutritifs exportés par chaque culture.
Simulations et résultats
Les simulations suivantes sont effectuées :
• Mesures générales de politique agricole et leur réforme :
suppression des quotas laitiers et impact sur le prix du lait. Ce scénario
correspond à une réduction du prix du lait de 16 % selon Ferjani (2008).
• Instruments réglementaires :
norme relative à l’épandage de fumier ou d’effluents (pour la quantité de N)
exigée pour atteindre une quantité zéro N ;
imposition de la technique d’épandage en bandes pour l’épandage du fumier
dans les champs ;
taux de stockage maximum de 1.2 unité de bétail par hectare. Sachant que
l’exploitation comporte 20 ha au total, cela correspond à une limite supérieure
maximale de 24 vaches.
• Instruments économiques :
taxe (25 %) sur le prix des engrais chimiques commercialisés ;
taxe sur le prix de l’azote réellement épandu (25 %). L’épandage d’engrais
chimiques et l’épandage de fumier sont l’un et l’autre taxés.
Dans les scénarios évoqués précédemment, on suppose que les producteurs laitiers
maximisent leurs profits privés. Les résultats obtenus pour les différents instruments
d’action sont exprimés en fonction à la fois de leur efficience environnementale et de leur
rentabilité. L’efficience environnementale d’une option politique est mesurée comme la
réduction de l’impact environnemental négatif concerné par rapport à la valeur de
référence. La rentabilité associe la réduction du profit de l’exploitation (coût d’adoption
ou profit auquel l’exploitation renonce) aux résultats environnementaux. Il s’agit donc de
la variation de profit par rapport à la variation des résultats environnementaux.
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