5. SUISSE : LES EFFETS DE LA PRODUCTION LAITIÈRE SUR L’ENVIRONNEMENT – 83
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Tableau 5.2. Effets des choix de mélanges alimentaires sur les quantités de lisier (en m
3 ) et d’azote et de
phosphore (P2O5) dans les déjections, en kg par vache et par an
Rendement
laitier
kg ECM
Aliments
concentrés
kg
Ensilage
de maïs
kg
Herbe &
foin, total
kg
Lisier, non
dilué
m
3
Lisier,
dilué
m
3
Excrétions
d’azote (N)
kg/vache/an
Excrétions
de P2O5
kg/vache/an
6 500
157
1 652
4 832
22.6
45.1
112.8
40.0
8 000
357
1 689
4 958
24.2
48.4
121.0
42.9
10 000
971
2 409
4 304
26.4
52.8
132.0
46.8
Source : Menzi (2006), communication avec les auteurs d’après les statistiques de la Haute école suisse d’agronomie (HESA).
La gestion des effluents d’élevage
Les chiffres du tableau 5.2 indiquent aussi la quantité d’effluents excrétée en fonction
du régime alimentaire, ainsi que les parts d’azote et de phosphore dans le fumier. Cette
information, avec le niveau optimal d’épandage d’engrais et d’effluents sur les parcelles,
permet de calculer les bilans en éléments nutritifs pour l’exploitation mixte lait-céréales.
Les autres aspects importants de la gestion des effluents sont le système de
stabulation, le stockage du fumier et enfin l’épandage du fumier. Ces éléments sont
reflétés respectivement par les hypothèses de coûts fixes et variables du modèle. Dans la
région de plaine, environ à 65 % des systèmes de stabulation sont des systèmes entravés
et 35 % sont des systèmes sans entraves (boxes). On suppose ici qu’un système de gestion
des effluents représentatif fonctionne selon le principe de la production de lisier, ce qui
est le cas pour plus de 50 % des systèmes de gestion des effluents des exploitations
laitières de la région de plaine. Ce système stocke le lisier non dilué et non traité dans des
réservoirs ou dans des fosses jusqu’au moment de l’épandage. Dans la région de plaine,
plus de 80 % des réservoirs à lisier sont couverts. Selon la dimension de l’espace
d’entreposage des effluents (de 235 m
3 à 452 m
3
), le coût d’investissement d’un système
d’entreposage couvert est compris entre 55 000 CHF et 86 000 CHF (Ammann, 2005). La
principale technique d’épandage est celle de l’épandage en couverture, utilisée par 87 %
des exploitations laitières. On étudiera néanmoins une autre technique possible,
l’épandage en bandes. Le coût d’investissement est compris entre 15 000 CHF et
40 000 CHF, selon la capacité de la machine d’épandage (de 2.5 à 8.5 tonnes) (Ammann,
2005).
La production végétale
Compte tenu d’un manque de données expérimentales et d’estimations des paramètres
pour les fonctions de réaction des cultures multinutritionnelles, la réponse en termes de
rendement des cultures est modélisée par le biais des substances azotées. Ici, on suppose
que l’agriculteur utilise un engrais chimique de type NPK, dans lequel les principaux
éléments nutritifs (l’azote, le phosphore et le potassium) sont présents dans des
proportions déterminées (p.e. 20-5-10). On suppose que l’agriculteur choisit pour chaque
culture un niveau d’utilisation de l’azote (Ni) et que, les éléments nutritifs étant présents
dans des proportions déterminées, la concentration d’azote détermine aussi les quantités
de phosphore et de potassium utilisées. Par conséquent, la quantité de phosphore utilisée
sera par exemple 0.25*Ni et les variables du modèle pourront être exprimées en fonction
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