76 – 5. SUISSE : LES EFFETS DE LA PRODUCTION LAITIÈRE SUR L’ENVIRONNEMENT
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
D’après (2c), l’utilisation optimale des terres est atteinte lorsque les profits tirés de la
production céréalière sont égaux aux profits tirés de la production d’ensilage dès lors que
l’intensité de la consommation d’intrants est optimale pour ces deux cultures.
Les conditions (2a) – (2c) caractérisent la décision de production d’une exploitation
laitière en l’absence d’intervention de l’État.
Normes sur les apports d’éléments nutritifs
Les normes relatives aux apports d’éléments fertilisants peuvent être représentées soit
par la quantité maximum autorisée de l’azote ou de phosphore par hectare, soit par une
quantité totale moyenne par exploitation. Ce qui est examiné ici, ce sont les effets d’une
norme sur les quantités d’azote par hectare. Comme les incidences d’une norme sur le
phosphore seraient analysées de manière analogue, la présente analyse vaut également
pour cet élément, ainsi qu’il sera précisé à la fin de cette section.
Supposons maintenant qu’un niveau d’azote soit imposé pour chaque hectare en
tenant compte séparément de la qualité du sol, des besoins de la culture considérée en
éléments nutritifs et des dommages causés par le ruissellement de ces derniers. La teneur
des effluents en azote est définie par
m
N
m
D
=
et celle de l’engrais chimique par
l
N
l
H
= . Ainsi, pour chaque parcelle, l’agriculteur doit respecter les restrictions
suivantes pour les apports d’engrais chimiques et d’effluents :
N
m d
D
et
N
l d
H
(3)
La norme sur l’azote a pour conséquence de réduire les apports d’engrais sur
l’exploitation. La quantité totale de terres étant donnée, la norme (1) implique également
une limitation globale des apports totaux d’effluents (notés M). Ainsi, compte tenu de
l’obligation de respecter la norme, l’agriculteur doit choisir entre les deux termes de
l’alternative suivante : soit la quantité totale d’effluents produite par l’exploitation (wH)
peut rester inférieure à la limite maximum autorisée (
M
wH < ), soit elle dépasse cette
valeur maximum (
M
wH > ), ce qui nécessite d’adopter d’autres mesures comme la
réduction des effectifs de bétail, la modification de leur ration alimentaire, ou le transport
d’effluents jusqu’à des parcelles extérieures à l’exploitation.
Considérons tout d’abord l’hypothèse
M
wH < . Dans ce cas, il n’y a manifestement
pas besoin de modifier le nombre de vaches en production, ni leur ration, et il n’est pas
nécessaire non plus de transporter des effluents hors de l’exploitation. Aussi, à court
terme, la production laitière peut-elle être séparée des productions végétales. De ce fait,
on peut directement s’intéresser aux quantités d’effluents et d’engrais chimiques
apportées sur les parcelles cultivées de l’exploitation et étudier leur évolution ainsi que
celle des décisions d’assolement. Intuitivement, on peut penser que, par rapport à la
solution de l’optimum privé, l’agriculteur épand désormais ses excédents de fumier sur
les parcelles où il avait précédemment apporté des engrais chimiques, en d’autres termes,
il étend le rayon critique à des parcelles extérieures à celui-ci. D’ailleurs, l’affectation des
terres évolue elle aussi. L’analyse formelle exposée ci-après démontre que c’est bel et
bien le cas.
En présence de (3), l’agriculteur doit résoudre le problème suivant de maximisation
sous contraintes pour chaque parcelle et pour les deux cultures,
Max
i
i
i
i
cl
N
f
p
=
)
(
S
, ou
)
,
(
)
(
r
m
e
N
f
p
i
i
i
i
=
S
;
2
,
1
=
i
(4a)
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