5. SUISSE : LES EFFETS DE LA PRODUCTION LAITIÈRE SUR L’ENVIRONNEMENT – 75
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
choisir les apports optimaux de fertilisants pour chaque qualité de terre. Sur le long terme,
la quantité de terres agricoles, A, est également un intrant variable. Ici, on néglige
toutefois ce choix, et l’on détermine la production laitière optimale quelle que soit la
superficie cultivable, ce qui ne constitue pas un inconvénient dans la mesure où la
production principale est par hypothèse la production laitière. On admet la possibilité
d’un transport coûteux des effluents jusqu’à des surfaces cultivées situées hors de
l’exploitation, ce qui constitue un mécanisme souple permettant de conserver un bilan
satisfaisant des éléments nutritifs sur les terres cultivées de l’exploitation.
Sous quelle fermeture du modèle le nombre de vaches laitières est-il optimal ? De
façon générale, le nombre de vaches, noté H, dépend de nombreux facteurs, tels que
l’ensilage, l’élevage des animaux en croissance, la main-d’œuvre et les coûts qui leur sont
associés. Dans la solution à long terme, ces coûts unitaires sont maintenus constants.
L’augmentation des coûts d’investissement, c(H), qui comprennent les coûts du système
de stabulation et de transformation du lait ainsi que du système de traitement des
effluents,
)
(
)
(
)
(
2
1
wH
c
H
c
H
c
+
=
, permet la fermeture du modèle sur le long terme.
On suppose tout d’abord que les pouvoirs publics n’imposent pas de réglementation
sur les effluents d’élevage ni ne taxent ou subventionnent les productions végétales. Dans
ces conditions, l’agriculteur tire des recettes de sa production de lait et de viande et
supporte les coûts des intrants et des investissements nécessaires aux systèmes de
stabulation et de gestion des effluents. On fait l’hypothèse que les recettes par tête de
bétail sont constantes :
[
]
)
,
(
)
(
)
(
)
,
(
2
1
3
t
M
wH
C
wH
c
H
c
H
K
v
p
s
p
v
s
g
p
v
s
M
)
+
=
S
Sur le long terme, une exploitation laitière se trouve confrontée au problème
économique suivant : elle doit choisir le nombre optimal de vaches et optimiser leur
alimentation ainsi que la gestion du fumier. Par ailleurs, elle doit allouer ses terres à la
culture de céréales, à l’ensilage et au pâturage en fonction de la quantité de fumier
produite et de la quantité d’ensilage nécessaire dans le contexte de la production laitière.
En l’absence d’intervention de l’État, les conditions optimales de l’optimum privé sont
les suivantes :
w
C
c
H
c
H )
(
)
(
2
1
+
c
+
c
=
:
,
avec
[
]
)
+
=
:
K
v
p
s
p
v
s
g
p
v
s
M
)
,
(
(2a)
s
w
s
v
w
v
s
v
w
C
c
p
w
C
c
p
g
g
)
(
)
(
2
2
+
c
+
+
c
+
=
(2b)
2
1
= S
S
(2c)
D’après (2a), le nombre optimal de vaches,
0
H , est obtenu quand le revenu marginal (de
la production de lait et de viande) apporté par la dernière vache mise en production est
égal aux coûts marginaux d’investissement et de transport des effluents qu’entraîne cette
dernière vache.
D’après (2b), le lait est produit en utilisant une combinaison optimale des intrants que
sont le pâturage, l’ensilage et les aliments concentrés, laquelle combinaison correspond à
une situation dans laquelle la valeur de leurs contributions marginales à la production de
lait est égale à leurs prix unitaires corrigés par les coûts marginaux de gestion des
effluents.
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