72 – 5. SUISSE : LES EFFETS DE LA PRODUCTION LAITIÈRE SUR L’ENVIRONNEMENT
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Le cadre de base : la production laitière
En choisissant les intrants appropriés et en faisant les autres choix nécessaires,
l’exploitant optimise conjointement la production de lait, l’utilisation des terres et la
gestion des effluents. Pour formaliser sa décision, il est nécessaire de retenir des
hypothèses concernant l’organisation appropriée des activités de production. Le cadre de
base comprend tout d’abord les principales caractéristiques de la production laitière, puis
décrit les hypothèses qu’il est nécessaire de faire concernant l’utilisation des terres.
La fonction de production de lait (pour une vache)
Dans sa forme générale, la fonction de réaction du lait peut s’exprimer ainsi :
)
,...
( 1
n
x
x
f
Q =
, où Q est la production d’une vache et xi :s représente tous les intrants
possibles dans la production de lait : aliments concentrés, ensilage, main-d’œuvre et
autres. En général, dans les expériences empiriques dont on tire les fonctions de réaction,
seuls quelques intrants sont contrôlés, tandis que les autres sont maintenus constants.
Pour refléter cela, on suppose que les principaux intrants dans la production de lait sont
l’ensilage (s) et les aliments concentrés (v), autrement dit
)
,
( v
s
g
Q =
. En phase avec les
études empiriques, nous supposerons que ces intrants sont imparfaitement substituables
dans le processus de production.
La production de viande
L’exploitation laitière produit de la viande en tant que sous-produit. Pour un nombre
quelconque de vaches laitières, le flux sortant des vaches les plus âgées et le flux entrant
des génisses sont constants. L’exploitation reçoit donc un flux stable de recettes
provenant de la vente des vieilles vaches pour la production de viande et assume un flux
constant de coûts d’achat des génisses destinées à remplacer les vieilles vaches. On
désigne par ) ce revenu net associé à un niveau d’effectif donné H. Ce terme pourra être
positif ou négatif, selon les prix relatifs. Il convient de remarquer aussi qu’une hausse
importante des prix de la viande entraîne le passage de la production laitière à la
production de viande de bœuf. Ici, nous supposerons qu’un tel changement ne peut
prendre assez d’importance pour que la ligne de production de l’exploitation en soit
changée.
Un sous-produit : les effluents d’élevage
La production laitière donne lieu à deux sous-produits, le fumier et l’urée, laquelle
contient de l’azote (N), du phosphore (P) et du potassium (K) – lesquels sont tous des
macroéléments nutritifs nécessaires aux cultures. Toutefois, lorsque les quantités d’azote
ou de phosphore présentes dans le sol sont supérieures aux besoins des cultures, il y a un
risque de ruissellement et de lessivage de ces éléments vers les eaux de surface et les eaux
souterraines. On considère que les proportions de fumier et d’urée sont constantes et on
les regroupe sous le terme d’effluents (w). La quantité d’effluents par vache dépend de la
façon dont elles sont nourries
)
,
( v
s
w
w =
. La part réelle de N, de P ou de K dans les
effluents dépend des taux d’ensilage et d’aliments concentrés utilisés. Si l’exploitant ne se
préoccupe pas toujours particulièrement de la quantité globale de éléments nutritifs ni de
leur proportion dans les effluents, la société, elle, s’en préoccupe bel et bien, car la
dissémination de l’azote et du phosphore peut avoir des effets défavorables sur
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