5. SUISSE : LES EFFETS DE LA PRODUCTION LAITIÈRE SUR L’ENVIRONNEMENT – 71
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
ces deux études, imposer une norme sur le phosphore provoque une hausse des coûts
supérieure à celle entraînée par une norme sur l’azote.
Une revue bibliographique permet de dégager quelques “observations simplifiées”
concernant les impacts des mesures relatives au fumier (Ollikainen, 2006). Premièrement,
les agriculteurs peuvent généralement s’adapter au renforcement des normes sur les
éléments nutritifs en réduisant leurs cheptel, en modifiant la ration alimentaire des
animaux, en révisant leurs assolements, ou en trouvant de nouvelles terres cultivables en
dehors de leur exploitation ; la combinaison des moyens mis en œuvre dépend en fait de
leurs coûts relatifs. Deuxièmement, les coûts d’adoption et la rentabilité de la production
laitière dépendent pour l’essentiel des différentes stratégies adoptées pour la gestion du
fumier, en particulier des coûts de transport et du consentement d’agriculteurs extérieurs
concernant l’épandage d’effluents sur leurs terres. Troisièmement, le type de normes
imposées influe à l’évidence sur les coûts d’adoption. Dans le cas d’une norme sur
l’azote, ces derniers sont toujours inférieurs à ceux qu’entraîne le respect d’une norme sur
le phosphore, car cette dernière se traduit toujours par la constitution d’excédents de
fumier. Quatrièmement, passer du niveau de l’exploitation au niveau régional procure
davantage de souplesse pour l’élaboration de mesures de gestion du fumier, mais trouver
des solutions décentralisées risque d’être difficile. (Ollikainen, 2006).
Le reste de ce chapitre est structuré comme suit. Tout d’abord, une description du
modèle théorique est présentée. Elle sert de fondement à l’application empirique à partir
des statistiques relatives à la Suisse. Des simulations d’intervention publique et des
résultats sont présentés ensuite.
Cadre théorique
Ce modèle théorique est établi d’après Ollikainen (2006). Il étudie une exploitation
laitière disposant d’une superficie donnée de terres cultivées. Par hypothèse, la production
de lait est la principale ligne de production de cette exploitation, mais la viande en est un
sous-produit. Pour un nombre donné de vaches laitières, la production annuelle de viande
est fonction du flux sortant des vaches les plus âgées et du flux entrant des génisses. Les
recettes de la vente de viande moins le coût d’achat des génisses donnent le revenu net
global reflétant le nombre choisi de vaches laitières. D’autre part, Le fumier produit en
tant que sous-produit de la production laitière doit faire l’objet d’une gestion, c’est-à-dire
être stocké puis utilisé comme intrant dans la production agricole.
L’exploitation laitière alloue ses terres arables à l’utilisation la plus profitable. Par
hypothèse, la qualité des terres arables varie. On suppose que la terre est homogène sur
chaque parcelle, mais qu’elle est différente d’une parcelle à une autre, si bien que les
parcelles peuvent être classées des parcelles de moins bonne qualité aux parcelles de
meilleure qualité. Trois formes possibles d’utilisation des terres sont considérées. Une
superficie peut être consacrée à des cultures, à la production d’ensilage ou au pâturage.
Les céréales produites peuvent être soit vendues sur le marché soit utilisées pour nourrir
les vaches. L’ensilage est en principe produit pour être utilisé dans l’exploitation, sachant
qu’aucun marché de l’ensilage n’est développé en raison d’une augmentation rapide des
coûts de transports qui rend impossible le commerce de l’ensilage à grande échelle. Un
commerce local peut cependant exister. Le pâturage est censé avoir lieu sur les mêmes
parcelles que la culture d’ensilage. Le pâturage est un choix viable pour nourrir les vaches
en été, bien qu’il ne soit pas obligatoire pour la production de lait. Pour la promotion du
bien-être animal, on peut aussi envisager le pâturage.
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