70 – 5. SUISSE : LES EFFETS DE LA PRODUCTION LAITIÈRE SUR L’ENVIRONNEMENT
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
restreint la teneur moyenne du sol en phosphore (sur la totalité des parcelles), n’ont
d’influence sur le rayon critique.
Les modèles d’optimisation à l’échelle régionale étendent l’approche élaborée pour le
niveau de l’exploitation de manière à prendre en compte une région agricole donnée. Ils
présentent plusieurs avantages évidents par rapport aux modèles conçus au niveau de
l’exploitation. Tout d’abord, ils permettent de centrer l’analyse sur l’offre et la demande
d’effluents, ainsi que sur l’équilibre régional en résultant. Par ailleurs, ces modèles
permettent de déterminer le nombre optimal d’exploitations pour la région considérée, ce
qui est essentiel pour le ruissellement total de l’azote et de phosphore. Or, ces aspects ne
peuvent être étudiés de manière satisfaisante avec les modèles ne concernant que le strict
niveau de l’exploitation. En revanche, les modèles régionaux présentent un inconvénient,
à savoir qu’il est difficile de trouver des mesures régionales décentralisées permettant de
mettre en œuvre l’optimum régional établi en faisant l’hypothèse qu’un seul propriétaire
prend toutes les décisions à l’échelle de la région. Bien que le niveau régional ne
concerne pas le modèle d’exploitation laitière développé dans la section suivante, il n’est
pas inutile de récapituler les principales conclusions que les modèles régionaux ont
permis de dégager.
Innes (2000) propose une analyse riche et théorique de la régulation de l’évacuation
des déjections animales au niveau de la région. Son modèle intègre trois types d’impact
écologique : les écoulements provenant des stocks de fumier, les ruissellements des
éléments nutritifs par suite de l’épandage du fumier sur les cultures, et la pollution directe
de l’environnement, à savoir les gaz et les agents pathogènes. Il étudie les effets d’une
réglementation relative à la taille des exploitations ou aux effectifs de bétail, d’une
taxation des engrais et d’une normalisation de l’entreposage et de la gestion des effluents.
La principale conclusion de l’analyse est que malgré les normes imposées pour la gestion
des effluents, les exploitations d’élevage ont tendance à avoir un cheptel trop important,
soit parce qu’elles sont surdimensionnées, soit parce qu’elles sont trop nombreuses
(c’est-à-dire que le nombre d’entrants dans le secteur est trop élevé). Les instruments
applicables au niveau des exploitations ne peuvent permettre d’atteindre une production
régionale optimale. Aussi, les pouvoirs publics cherchent-ils avant tout à définir des
mesures améliorant l’efficience du secteur en réglementant la taille des élevages et
l’entrée dans le secteur, ce qui, en pratique, est difficile.
Tandis qu’Innes (2000) calcule des résultats théoriques, Kaplan et autres (2004),
Feinerman et autres (2004) et Smith et autres (2006) effectuent une analyse empirique des
méthodes de gestion des effluents au niveau de la région. Leurs études montrent que les
effets des méthodes de gestion des effluents dépendent de façon déterminante des coûts
de transport des effluents et des possibilités de substitution entre fumier et engrais
chimiques. De façon générale, l’utilisation des effluents entraîne une moindre production,
des prix plus élevés et une diminution du ruissellement de nutriments. Il s’avère aussi que
la disposition des agriculteurs à accepter l’épandage de fumier sur leurs cultures affecte
les coûts de la gestion des effluents. D’autre part, les coûts de gestion du fumier varient
en fonction du degré d’acceptation des agriculteurs de l’idée d’épandre du fumier sur
leurs parcelles. Ribaudo et coll. (2003) utilisent le modèle élaboré par Fleming et coll.
(1998) pour étudier trois pratiques de gestion du fumier (gestion des effluents,
exploitation des effluents et transfert d’effluents) permettant de respecter les normes sur
les concentrations régionales en éléments nutritifs provenant du fumier. Ils déterminent
par ailleurs la superficie requise pour respecter la norme en se basant sur le degré
d’acceptation des agriculteurs concernant l’épandage d’effluents sur leurs terres. Selon
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
restreint la teneur moyenne du sol en phosphore (sur la totalité des parcelles), n’ont
d’influence sur le rayon critique.
Les modèles d’optimisation à l’échelle régionale étendent l’approche élaborée pour le
niveau de l’exploitation de manière à prendre en compte une région agricole donnée. Ils
présentent plusieurs avantages évidents par rapport aux modèles conçus au niveau de
l’exploitation. Tout d’abord, ils permettent de centrer l’analyse sur l’offre et la demande
d’effluents, ainsi que sur l’équilibre régional en résultant. Par ailleurs, ces modèles
permettent de déterminer le nombre optimal d’exploitations pour la région considérée, ce
qui est essentiel pour le ruissellement total de l’azote et de phosphore. Or, ces aspects ne
peuvent être étudiés de manière satisfaisante avec les modèles ne concernant que le strict
niveau de l’exploitation. En revanche, les modèles régionaux présentent un inconvénient,
à savoir qu’il est difficile de trouver des mesures régionales décentralisées permettant de
mettre en œuvre l’optimum régional établi en faisant l’hypothèse qu’un seul propriétaire
prend toutes les décisions à l’échelle de la région. Bien que le niveau régional ne
concerne pas le modèle d’exploitation laitière développé dans la section suivante, il n’est
pas inutile de récapituler les principales conclusions que les modèles régionaux ont
permis de dégager.
Innes (2000) propose une analyse riche et théorique de la régulation de l’évacuation
des déjections animales au niveau de la région. Son modèle intègre trois types d’impact
écologique : les écoulements provenant des stocks de fumier, les ruissellements des
éléments nutritifs par suite de l’épandage du fumier sur les cultures, et la pollution directe
de l’environnement, à savoir les gaz et les agents pathogènes. Il étudie les effets d’une
réglementation relative à la taille des exploitations ou aux effectifs de bétail, d’une
taxation des engrais et d’une normalisation de l’entreposage et de la gestion des effluents.
La principale conclusion de l’analyse est que malgré les normes imposées pour la gestion
des effluents, les exploitations d’élevage ont tendance à avoir un cheptel trop important,
soit parce qu’elles sont surdimensionnées, soit parce qu’elles sont trop nombreuses
(c’est-à-dire que le nombre d’entrants dans le secteur est trop élevé). Les instruments
applicables au niveau des exploitations ne peuvent permettre d’atteindre une production
régionale optimale. Aussi, les pouvoirs publics cherchent-ils avant tout à définir des
mesures améliorant l’efficience du secteur en réglementant la taille des élevages et
l’entrée dans le secteur, ce qui, en pratique, est difficile.
Tandis qu’Innes (2000) calcule des résultats théoriques, Kaplan et autres (2004),
Feinerman et autres (2004) et Smith et autres (2006) effectuent une analyse empirique des
méthodes de gestion des effluents au niveau de la région. Leurs études montrent que les
effets des méthodes de gestion des effluents dépendent de façon déterminante des coûts
de transport des effluents et des possibilités de substitution entre fumier et engrais
chimiques. De façon générale, l’utilisation des effluents entraîne une moindre production,
des prix plus élevés et une diminution du ruissellement de nutriments. Il s’avère aussi que
la disposition des agriculteurs à accepter l’épandage de fumier sur leurs cultures affecte
les coûts de la gestion des effluents. D’autre part, les coûts de gestion du fumier varient
en fonction du degré d’acceptation des agriculteurs de l’idée d’épandre du fumier sur
leurs parcelles. Ribaudo et coll. (2003) utilisent le modèle élaboré par Fleming et coll.
(1998) pour étudier trois pratiques de gestion du fumier (gestion des effluents,
exploitation des effluents et transfert d’effluents) permettant de respecter les normes sur
les concentrations régionales en éléments nutritifs provenant du fumier. Ils déterminent
par ailleurs la superficie requise pour respecter la norme en se basant sur le degré
d’acceptation des agriculteurs concernant l’épandage d’effluents sur leurs terres. Selon
