5. SUISSE : LES EFFETS DE LA PRODUCTION LAITIÈRE SUR L’ENVIRONNEMENT – 73
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
l’environnement. C’est pourquoi une attention particulière sera accordée à ce problème
quand sera étudiée plus précisément la fonction du ruissellement.
Le fumier entraîne des coûts. L’installation d’un système d’entreposage du fumier est
nécessaire, dont les dimensions dépendent du nombre de vaches laitières. On peut donc
considérer ce coût comme un investissement initial, puisqu’il s’agit d’une partie
essentielle du système d’entreposage à la ferme. Les effluents peuvent être utilisés en
complément des engrais chimiques pour la production d’ensilage ou de céréales. Comme
les différentes parcelles de l’exploitation sont plus ou moins proches du dispositif de
stockage des effluents, l’agriculteur doit investir dans des équipements, d’une part pour
transporter les effluents jusqu’aux parcelles et d’autre part, pour procéder à leur
épandage. On suppose que le coût d’épandage des effluents, ȕ, est constant pour chaque
parcelle, mais que le coût de leur transport augmente. Appelons e le coût total de
transport et d’épandage des effluents. Celui-ci dépend de la quantité maximum pouvant
être transportée en un seul trajet jusqu’aux surfaces cultivées de l’exploitation, X, ainsi
que de la distance à laquelle se situent les parcelles appartenant à l’exploitation, r
)
,
,
(
)
,
(
r
m
X
h
m
r
m
e
+
= E
(1)
Étant fonction des capacités, les coûts de transport sont donc liés à l’épandage des
effluents par hectare.
Il arrive parfois que la meilleure solution pour une exploitation laitière consiste à
accroître sa production, si bien que les terres cultivées qu’elle détient ne sont pas
suffisantes pour recevoir tous les effluents qu’elle produit. L’agriculteur doit alors trouver
des surfaces cultivées en dehors de son exploitation pour pouvoir y épandre les excédents.
Le transport de ces effluents nécessite alors par hypothèse d’investir dans un
accroissement des capacités de transport. On appellera wH la quantité totale d’effluents
produite, ce qui permettra de décrire les coûts de transport vers des surfaces extérieures à
l’exploitation. Par ailleurs, on désigne par M la quantité totale d’effluents épandue sur les
terres cultivées de l’exploitation, de sorte que les excédents produits correspondent à (wH
– M). On désigne par t la distance séparant l’installation de stockage des parcelles
extérieures concernées et l’on définit les coûts de transport jusqu’à ces parcelles par
l’équation
)
,
(
t
M
wH
C
C
=
. Naturellement, l’allure de cette fonction de coût influera
sur le nombre de vaches qui sera optimal à long terme pour l’exploitation laitière en
question. Plus la pente de cette fonction est forte, plus la superficie cultivée de
l’exploitation est un facteur limitant pour le choix du nombre de têtes de bétail et des
quantités d’effluents qui seront produites.
Les prix des intrants de la production laitière
Les aliments concentrés sont achetés à un prix unitaire concurrentiel et constant p v .
Pour l’ensilage, la définition des prix est un peu plus compliquée. Pour ce type de
production, compte tenu de coûts de transport souvent dissuasifs, il n’existe pas de
marchés très développés. Il peut donc être difficile d’acheter de l’ensilage à l’extérieur de
l’exploitation. Néanmoins, sur le long terme, un marché local peut être créé et il peut être
possible d’acheter de l’ensilage à un prix unitaire constant,
s
p . Dans ce cas,
l’exploitation vend l’ensilage qu’elle produit au prix du marché. Enfin, on suppose que
les coûts de la main-d’œuvre et de l’élevage des jeunes animaux par tête sont constants.
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