4. FINLANDE : PRODUCTION VÉGÉTALE ET POSSIBILITÉS D’ENTRÉES-SORTIES AVEC LA SYLVICULTURE – 51
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Comme cela a déjà été observé, il est rare que des mesures agroenvironnementales
soient imposées lorsque les autres mesures agricoles sont neutres du point de vue de
l’environnement. C’est la raison pour laquelle les scénarios présentés ci-dessus sont
répétés en faisant l’hypothèse que les agriculteurs perçoivent des paiements à la surface
de 50 EUR par hectare de terres cultivées. Cette mesure ne fausse pas le niveau relatif de
production des deux cultures, mais elle influe sur la marge des entrées et sorties,
puisqu’elle n’intervient pas si les terres sont utilisées pour des productions sylvicoles.
La rentabilité privée et sociale des paiements agroenvironnementaux forfaitaires, par
rapport aux enchères vertes, est étudiée dans la section 4.3.5.
Comparaison entre optimum privé et optimum social
Tout d’abord, l’impact d’un dysfonctionnement du marché sur l’utilisation des terres
est analysé à la fois en termes de marge extensive et de marge intensive. Grâce à
l’augmentation de la productivité du blé, l’optimum privé favorise cette culture
(20 parcelles) par rapport à celle de colza (3 parcelles) et laisse une part importante de
terre de qualité inférieure pour la forêt (17 parcelles). Par ailleurs, l’optimum social
favorise une utilisation moins intensive des engrais sur une plus grande superficie
(tableau 4.2). Les surfaces boisées sont réduites (12 parcelles), tandis que la production
de colza est accrue, car elle exige une consommation d’engrais moins intensive que le blé
(tableau 4.3).
Tableau 4.2. Utilisation d’intrants et affectation des terres : comparaison entre optimum privé
et optimum social
Mesure
Consommation d’engrais
kg/ha
Bande-tampon
m
Parcelles
boisées
nombre
Parcelles en
colza
nombre
Parcelles en
blé
nombre
Colza
Blé
Colza
Blé
Optimum privé
80.3
122.8
-
-
17
3
20
Optimum social
72.6
116.5
10.0
9.8
12
14
14
Source : Calculs effectués par l’auteur.
En ce qui concerne l’environnement, alors qu’aucune bande-tampon n’est mise en
place dans le cadre de l’optimum privé et que le ruissellement de l’azote est élevé
(367 kg ), et une fois les externalités prises en compte dans l’optimum social, comme le
montre l’équation (11), des bandes-tampons de 10 mètres sont implantées (un peu moins
importantes toutefois dans le cas de superficies en blé du fait que les coûts d’opportunité
d’une non-mise en culture sont plus élevés), ce qui permet de réduire de plus de 50 %
(170 kg ) le ruissellement total des substances azotées. De la même manière, la richesse
spécifique est pratiquement multipliée par trois et le paysage est plus diversifié (ce que
traduit un indice de diversité de Shannon plus élevé ; voir tableau 4.3). Dans le cas de la
Finlande, il en ressort qu’une fois traités les problèmes de biodiversité et de dommages
environnementaux imputables au ruissellement de l’azote, la solution préférentielle est
l’agriculture extensive
5
. Même si la sécurité des approvisionnements alimentaires n’est
pas explicitement un objectif, l’optimum social semble avoir pour effets secondaires un
meilleur équilibre entre les deux cultures, ainsi qu’un accroissement de la superficie sur
laquelle une intensification des pratiques serait possible en cas de choc sur les marchés
des produits.
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Comme cela a déjà été observé, il est rare que des mesures agroenvironnementales
soient imposées lorsque les autres mesures agricoles sont neutres du point de vue de
l’environnement. C’est la raison pour laquelle les scénarios présentés ci-dessus sont
répétés en faisant l’hypothèse que les agriculteurs perçoivent des paiements à la surface
de 50 EUR par hectare de terres cultivées. Cette mesure ne fausse pas le niveau relatif de
production des deux cultures, mais elle influe sur la marge des entrées et sorties,
puisqu’elle n’intervient pas si les terres sont utilisées pour des productions sylvicoles.
La rentabilité privée et sociale des paiements agroenvironnementaux forfaitaires, par
rapport aux enchères vertes, est étudiée dans la section 4.3.5.
Comparaison entre optimum privé et optimum social
Tout d’abord, l’impact d’un dysfonctionnement du marché sur l’utilisation des terres
est analysé à la fois en termes de marge extensive et de marge intensive. Grâce à
l’augmentation de la productivité du blé, l’optimum privé favorise cette culture
(20 parcelles) par rapport à celle de colza (3 parcelles) et laisse une part importante de
terre de qualité inférieure pour la forêt (17 parcelles). Par ailleurs, l’optimum social
favorise une utilisation moins intensive des engrais sur une plus grande superficie
(tableau 4.2). Les surfaces boisées sont réduites (12 parcelles), tandis que la production
de colza est accrue, car elle exige une consommation d’engrais moins intensive que le blé
(tableau 4.3).
Tableau 4.2. Utilisation d’intrants et affectation des terres : comparaison entre optimum privé
et optimum social
Mesure
Consommation d’engrais
kg/ha
Bande-tampon
m
Parcelles
boisées
nombre
Parcelles en
colza
nombre
Parcelles en
blé
nombre
Colza
Blé
Colza
Blé
Optimum privé
80.3
122.8
-
-
17
3
20
Optimum social
72.6
116.5
10.0
9.8
12
14
14
Source : Calculs effectués par l’auteur.
En ce qui concerne l’environnement, alors qu’aucune bande-tampon n’est mise en
place dans le cadre de l’optimum privé et que le ruissellement de l’azote est élevé
(367 kg ), et une fois les externalités prises en compte dans l’optimum social, comme le
montre l’équation (11), des bandes-tampons de 10 mètres sont implantées (un peu moins
importantes toutefois dans le cas de superficies en blé du fait que les coûts d’opportunité
d’une non-mise en culture sont plus élevés), ce qui permet de réduire de plus de 50 %
(170 kg ) le ruissellement total des substances azotées. De la même manière, la richesse
spécifique est pratiquement multipliée par trois et le paysage est plus diversifié (ce que
traduit un indice de diversité de Shannon plus élevé ; voir tableau 4.3). Dans le cas de la
Finlande, il en ressort qu’une fois traités les problèmes de biodiversité et de dommages
environnementaux imputables au ruissellement de l’azote, la solution préférentielle est
l’agriculture extensive
5
. Même si la sécurité des approvisionnements alimentaires n’est
pas explicitement un objectif, l’optimum social semble avoir pour effets secondaires un
meilleur équilibre entre les deux cultures, ainsi qu’un accroissement de la superficie sur
laquelle une intensification des pratiques serait possible en cas de choc sur les marchés
des produits.
