30 – 3. EFFETS ENVIRONNEMENTAUX DES POLITIQUES AGRICOLES : ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
que, par rapport aux mesures prenant en compte les niveaux d’azote, les mesures
concernant le phosphore n’influent en rien sur les effectifs de bétail. Cependant,
l’alimentation d’une partie des porcs avec des aliments contenant une enzyme appelée
phytase diminue les excrétions de phosphore. De plus, l’assolement est légèrement
modifié, la culture de maïs et de haricot laissant la place à celle de blé.
Fleming et autres (1998) étudient les avantages nets qu’apporte la gestion des lisiers à
différents systèmes de production. Prenant en compte deux systèmes de stockage
différents (lagunes anaérobies et bassins à lisier), ils analysent deux niveaux d’éléments
nutritifs (normes sur l’azote ou sur le phosphore). Supposant le nombre de têtes de bétail
donné, ils s’intéressent uniquement aux avantages nets de l’utilisation du lisier du point
de vue des coûts de livraison. Employant un modèle voisin, Feinerman et coll. (2004)
étudient les coûts de trois stratégies de fumure différentes (engrais chimiques, lisier ou
une combinaison des deux) sous contrainte de l’application d’une norme, soit sur l’azote,
soit sur le phosphore. Ils calculent les coûts associés à chacune de ces stratégies et
définissent les seuils de prix permettant de décrire le passage d’un système de gestion à
un autre.
Kaplan et autres, et Smith et autres effectuent une analyse empirique des méthodes de
gestion des effluents d’élevage au niveau de la région. Ils montrent que les effets de ces
méthodes dépendent de façon déterminante des coûts de transport des effluents et des
possibilités de substitution entre effluents et engrais chimiques. De façon générale,
l’utilisation des effluents entraîne une moindre production, des prix plus élevés et une
diminution du ruissellement des éléments nutritifs. Il s’avère aussi que la disposition des
agriculteurs à adopter l’épandage d’effluents d’élevage sur leurs cultures affecte les coûts
de la gestion de ces derniers.
Ribaudo et autres (2003) utilisent le modèle élaboré par Fleming et autres (1998) pour
étudier trois pratiques différentes (gestion des effluents, valorisation des effluents et
transfert d’effluents) permettant de respecter les normes sur les concentrations régionales
en éléments nutritifs provenant des effluents d’élevage. Ils déterminent par ailleurs la
superficie requise pour respecter la norme en se basant sur le degré d’acceptation des
agriculteurs concernant l’épandage d’effluents sur leurs terres. Selon ces deux études,
imposer une norme sur le phosphore provoque une hausse des coûts d’adoption
supérieure à celle entraînée par une norme sur l’azote.
Biodiversité et habitats de la faune sauvage
Quelques analyses du rapport coût-efficacité de la gestion de la biodiversité ont été
publiées. Elles calculent le coût de cette gestion sous l’angle de la dépense publique (voir,
entre autres, Moran et autres, 1996 ; Babcock et autres, 1997 ; Macmillan et autres, 1998)
et se réfèrent à des indicateurs généraux de la biodiversité, comme la superficie des
habitats de la faune sauvage. Cependant, Wynn (2002) prend en considération les coûts
d’adoption, pour les agriculteurs, en utilisant les données relatives à dix zones
écologiquement sensibles d’Écosse. Il évalue la biodiversité à l’échelle de la parcelle ou
de l’exploitation. La biodiversité et les coûts d’adoption sont conjugués sous forme de
ratios coût-efficacité. Il met en évidence les différences statistiquement significatives
entre la biodiversité et les coûts privés d’adoption des différents types d’exploitation
(bovins et ovins, mixtes, bovins uniquement et ovins uniquement). Ni la richesse de la
diversité biologique, ni le faible niveau des coûts d’adoption ne sont nécessairement
associés à un ratio coût-efficacité élevé, ce qui souligne l’importance des deux facteurs.
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