3. EFFETS ENVIRONNEMENTAUX DES POLITIQUES AGRICOLES : ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE – 29
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
l’action est axée exclusivement sur l’érosion, c’est le travail du sol au printemps qui
entraîne les coûts les plus faibles.
Abrahams (2004) développe un modèle de simulation empirique de la production de
maïs aux États-Unis et de ses incidences sur la pollution par les nitrates, et étudie les
taxes et les normes sur les engrais azotés achetés, ainsi que les taxes et les normes sur les
excédents d’azote. Ces instruments de politique environnementale sont examinés avec et
sans soutien des prix du maïs (aides analogues à celles du programme de paiements
compensatoires) et avec et sans mesures de mise des terres hors culture (analogues à
celles du programme de réduction des superficies cultivées). Les résultats montrent que
les mesures économiquement efficientes de lutte contre les nitrates sont fonction des
dispositifs de soutien des revenus agricoles : si de tels dispositifs existent, l’instrument
privilégié est une taxe sur les engrais, tandis qu’en leur absence, l’instrument privilégié
est une taxe sur les excédents d’azote.
Lankoski et autres utilisent des données finlandaises pour analyser la rentabilité
sociale du labour traditionnel avec la charrue à soc par opposition à l’absence de travail
du sol. L’évaluation des différentes pratiques sous l’angle du bien-être social prend en
considération les économies qu’il est possible de réaliser au moyen des techniques sans
labour, par exemple des économies de carburants ou de main-d’œuvre, ainsi que les
éventuelles baisses du rendement par rapport au travail du sol classique. Les effets sur
l’environnement sont ensuite pris en compte pour l’évaluation du bien-être social :
ruissellement de l’azote en surface, phosphore dissous, phosphore particulaire et
ruissellement d’herbicides, notamment le MCPA et le glyphosate. Les résultats montrent
que les techniques de culture sans labour n’est rentable individuellement et socialement
que dans un cas (culture de l’orge) sur trois. Dans les autres cas (blé et avoine), les
économies que permet l’absence de travail du sol ne sont pas suffisantes pour compenser
la baisse des rendements qu’elle entraîne, de sorte qu’il est rentable, pour l’agriculteur, de
continuer à travailler le sol comme auparavant. Du point de vue de la rentabilité sociale,
l’adoption des méthodes de non-labour présente des avantages et des inconvénients :
diminution de l’entraînement de l’azote par ruissellement, de l’érosion des sols et du
ruissellement de phosphore particulaire, mais accroissement sensible du ruissellement de
phosphore dissous (plus de trois fois plus important que dans le cas d’un travail du sol
classique). En outre, les écoulements d’herbicides peuvent augmenter en raison de la
hausse de la consommation de ces substances pour lutter contre les plantes adventices
pérennes en l’absence de travail du sol. Du point de vue de la rentabilité sociale, la
culture sans labour n’est là aussi intéressante que dans le cas de l’orge.
Émissions provenant des effluents d’élevage et action publique
Les données sur certains pays européens indiquent que quelque 95 % des émissions
d’ammoniac (NH 3 ) dans l’atmosphère sont imputables à l’agriculture, dont 60 % au
fumier animal (provenant essentiellement de l’élevage bovin) et le reste principalement à
l’utilisation d’engrais azotés chimiques (OCDE, 2001, 2007b).
Yap et autres (2004) analysent les coûts d’adoption supportés par un élevage de porcs
nourris aux grains adaptant ses pratiques de fumure aux nouvelles mesures, qui
concernent le phosphore et non plus l’azote. Outre les techniques traditionnelles de
gestion du lisier et les modifications des assolements, ils étudient dans quelle mesure la
modification de la composition de la ration alimentaire permettrait de réduire la
concentration du lisier en phosphore. À l’aide d’un modèle de simulation, ils observent
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
l’action est axée exclusivement sur l’érosion, c’est le travail du sol au printemps qui
entraîne les coûts les plus faibles.
Abrahams (2004) développe un modèle de simulation empirique de la production de
maïs aux États-Unis et de ses incidences sur la pollution par les nitrates, et étudie les
taxes et les normes sur les engrais azotés achetés, ainsi que les taxes et les normes sur les
excédents d’azote. Ces instruments de politique environnementale sont examinés avec et
sans soutien des prix du maïs (aides analogues à celles du programme de paiements
compensatoires) et avec et sans mesures de mise des terres hors culture (analogues à
celles du programme de réduction des superficies cultivées). Les résultats montrent que
les mesures économiquement efficientes de lutte contre les nitrates sont fonction des
dispositifs de soutien des revenus agricoles : si de tels dispositifs existent, l’instrument
privilégié est une taxe sur les engrais, tandis qu’en leur absence, l’instrument privilégié
est une taxe sur les excédents d’azote.
Lankoski et autres utilisent des données finlandaises pour analyser la rentabilité
sociale du labour traditionnel avec la charrue à soc par opposition à l’absence de travail
du sol. L’évaluation des différentes pratiques sous l’angle du bien-être social prend en
considération les économies qu’il est possible de réaliser au moyen des techniques sans
labour, par exemple des économies de carburants ou de main-d’œuvre, ainsi que les
éventuelles baisses du rendement par rapport au travail du sol classique. Les effets sur
l’environnement sont ensuite pris en compte pour l’évaluation du bien-être social :
ruissellement de l’azote en surface, phosphore dissous, phosphore particulaire et
ruissellement d’herbicides, notamment le MCPA et le glyphosate. Les résultats montrent
que les techniques de culture sans labour n’est rentable individuellement et socialement
que dans un cas (culture de l’orge) sur trois. Dans les autres cas (blé et avoine), les
économies que permet l’absence de travail du sol ne sont pas suffisantes pour compenser
la baisse des rendements qu’elle entraîne, de sorte qu’il est rentable, pour l’agriculteur, de
continuer à travailler le sol comme auparavant. Du point de vue de la rentabilité sociale,
l’adoption des méthodes de non-labour présente des avantages et des inconvénients :
diminution de l’entraînement de l’azote par ruissellement, de l’érosion des sols et du
ruissellement de phosphore particulaire, mais accroissement sensible du ruissellement de
phosphore dissous (plus de trois fois plus important que dans le cas d’un travail du sol
classique). En outre, les écoulements d’herbicides peuvent augmenter en raison de la
hausse de la consommation de ces substances pour lutter contre les plantes adventices
pérennes en l’absence de travail du sol. Du point de vue de la rentabilité sociale, la
culture sans labour n’est là aussi intéressante que dans le cas de l’orge.
Émissions provenant des effluents d’élevage et action publique
Les données sur certains pays européens indiquent que quelque 95 % des émissions
d’ammoniac (NH 3 ) dans l’atmosphère sont imputables à l’agriculture, dont 60 % au
fumier animal (provenant essentiellement de l’élevage bovin) et le reste principalement à
l’utilisation d’engrais azotés chimiques (OCDE, 2001, 2007b).
Yap et autres (2004) analysent les coûts d’adoption supportés par un élevage de porcs
nourris aux grains adaptant ses pratiques de fumure aux nouvelles mesures, qui
concernent le phosphore et non plus l’azote. Outre les techniques traditionnelles de
gestion du lisier et les modifications des assolements, ils étudient dans quelle mesure la
modification de la composition de la ration alimentaire permettrait de réduire la
concentration du lisier en phosphore. À l’aide d’un modèle de simulation, ils observent
