28 – 3. EFFETS ENVIRONNEMENTAUX DES POLITIQUES AGRICOLES : ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Mapp et autres analysent, à l’échelle régionale, les effets sur la qualité de l’eau d’une
limitation de l’utilisation de l’azote au moyen de mesures générales, d’une part, et
ciblées, d’autre part, dans cinq régions des hautes plaines centrales. Les mesures
générales étudiées sont les suivantes : (i) limitation de la quantité totale d’azote apportée
(restrictions globales) et (ii) limitation des apports d’azote par acre (restrictions par acre).
Les mesures ciblées analysées sont : (iii) les limitations de la quantité d’azote apportée
sur les sols sujets au lessivage (restrictions ciblées sur les sols) et (iv) le ciblage sur
certains systèmes d’irrigation (restriction ciblées sur les systèmes). Leurs résultats
montrent que, à diminution égale du revenu agricole net, les mesures ciblées réduisent
davantage les dommages environnementaux. Autrement dit, elles sont plus efficaces, par
rapport à leur coût, que les mesures générales. Parmi les mesures ciblées, les limitations
des quantités d’azote différenciées selon les systèmes de production sont supérieures aux
limitations fondées sur les types de sols.
Lacroix et autres analysent le rapport coût-efficacité des pratiques de gestion des
exploitations destinées à réduire la pollution par les nitrates dans le nord-est de la France,
compte tenu des incertitudes et de la variabilité du climat, et s’appuient sur un modèle
biophysique pour calculer la valeur probable de ce rapport dans le cas des pratiques
soutenues par l’Union européenne. Six scénarios de gestion des éléments nutritifs sont
analysés, chacun se caractérisant par une série de pratiques agricoles définies pour lutter
contre cette forme de pollution. Quatre d’entre eux simulent des pratiques proposées par
l’Union européenne dans le but de réduire les pollutions agricoles diffuses. Les scénarios
analysés prévoient, par exemple, la limitation des apports d’engrais sur les terres situées
dans des zones vulnérables, la fertilisation raisonnée (qui vise à optimiser les rendements
et à réduire la quantité d’azote minéral du sol en mesurant la réserve qu’il contient), le gel
des terres, l’écoconditionnalité, une réduction de 20 % des apports d’azote avec
implantation de cultures dérobées, etc. Lacroix et autres montrent qu’aucun des scénarios
testés ne satisfait chaque année la contrainte de la concentration de nitrates. À long terme,
le scénario optimal est celui qui associe fertilisation raisonnée et cultures dérobées
immédiatement après la récolte. Les résultats indiquent que les cultures dérobées jouent
un rôle de régulation efficace face aux caractéristiques du climat, des cultures et des sols,
car elles réduisent la variabilité des concentrations d’azote et, par conséquent, le risque de
dépassement des contraintes de qualité de l’eau et d’environnement.
Vatn et autres ont développé une méthode de modélisation interdisciplinaire nommée
ECECMOD pour analyser la réglementation applicable à la pollution agricole diffuse. Ils
étudient les répercussions des scénarios suivants sur les pertes d’azote, de phosphore et de
sol : (i) une taxe de 100 % sur l’azote contenu dans les engrais minéraux, (ii) l’obligation
de semer des cultures dérobées/une couverture herbacée sur 50 % des terres arables et
(iii) une subvention par hectare en faveur d’un travail du sol au printemps. La taxe
entraîne une diminution de la quantité d’engrais, une augmentation de la quantité de trèfle
dans les prairies temporaires, et une meilleure valorisation de l’azote contenu dans le
fumier. Elle n’a cependant aucun effet sur les pertes de sol et de phosphore. L’obligation
de semer des cultures dérobées réduit toutes les catégories de pertes, et les pertes de
nitrates diminuent deux fois plus que dans le cas de la taxe. La subvention en faveur du
travail du sol au printemps a un effet plus prononcé sur les pertes de sol que l’obligation
de pratiquer des cultures dérobées, mais ses répercussions sur le lessivage des nitrates ne
sont pas significatives. La taxe sur l’azote est la mesure la moins coûteuse par hectare et
par kilogramme d’azote lessivé en moins. Les cultures dérobées sont plus onéreuses, mais
elles ont des effets positifs sur l’érosion et sur les pertes de phosphore également. Si
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Mapp et autres analysent, à l’échelle régionale, les effets sur la qualité de l’eau d’une
limitation de l’utilisation de l’azote au moyen de mesures générales, d’une part, et
ciblées, d’autre part, dans cinq régions des hautes plaines centrales. Les mesures
générales étudiées sont les suivantes : (i) limitation de la quantité totale d’azote apportée
(restrictions globales) et (ii) limitation des apports d’azote par acre (restrictions par acre).
Les mesures ciblées analysées sont : (iii) les limitations de la quantité d’azote apportée
sur les sols sujets au lessivage (restrictions ciblées sur les sols) et (iv) le ciblage sur
certains systèmes d’irrigation (restriction ciblées sur les systèmes). Leurs résultats
montrent que, à diminution égale du revenu agricole net, les mesures ciblées réduisent
davantage les dommages environnementaux. Autrement dit, elles sont plus efficaces, par
rapport à leur coût, que les mesures générales. Parmi les mesures ciblées, les limitations
des quantités d’azote différenciées selon les systèmes de production sont supérieures aux
limitations fondées sur les types de sols.
Lacroix et autres analysent le rapport coût-efficacité des pratiques de gestion des
exploitations destinées à réduire la pollution par les nitrates dans le nord-est de la France,
compte tenu des incertitudes et de la variabilité du climat, et s’appuient sur un modèle
biophysique pour calculer la valeur probable de ce rapport dans le cas des pratiques
soutenues par l’Union européenne. Six scénarios de gestion des éléments nutritifs sont
analysés, chacun se caractérisant par une série de pratiques agricoles définies pour lutter
contre cette forme de pollution. Quatre d’entre eux simulent des pratiques proposées par
l’Union européenne dans le but de réduire les pollutions agricoles diffuses. Les scénarios
analysés prévoient, par exemple, la limitation des apports d’engrais sur les terres situées
dans des zones vulnérables, la fertilisation raisonnée (qui vise à optimiser les rendements
et à réduire la quantité d’azote minéral du sol en mesurant la réserve qu’il contient), le gel
des terres, l’écoconditionnalité, une réduction de 20 % des apports d’azote avec
implantation de cultures dérobées, etc. Lacroix et autres montrent qu’aucun des scénarios
testés ne satisfait chaque année la contrainte de la concentration de nitrates. À long terme,
le scénario optimal est celui qui associe fertilisation raisonnée et cultures dérobées
immédiatement après la récolte. Les résultats indiquent que les cultures dérobées jouent
un rôle de régulation efficace face aux caractéristiques du climat, des cultures et des sols,
car elles réduisent la variabilité des concentrations d’azote et, par conséquent, le risque de
dépassement des contraintes de qualité de l’eau et d’environnement.
Vatn et autres ont développé une méthode de modélisation interdisciplinaire nommée
ECECMOD pour analyser la réglementation applicable à la pollution agricole diffuse. Ils
étudient les répercussions des scénarios suivants sur les pertes d’azote, de phosphore et de
sol : (i) une taxe de 100 % sur l’azote contenu dans les engrais minéraux, (ii) l’obligation
de semer des cultures dérobées/une couverture herbacée sur 50 % des terres arables et
(iii) une subvention par hectare en faveur d’un travail du sol au printemps. La taxe
entraîne une diminution de la quantité d’engrais, une augmentation de la quantité de trèfle
dans les prairies temporaires, et une meilleure valorisation de l’azote contenu dans le
fumier. Elle n’a cependant aucun effet sur les pertes de sol et de phosphore. L’obligation
de semer des cultures dérobées réduit toutes les catégories de pertes, et les pertes de
nitrates diminuent deux fois plus que dans le cas de la taxe. La subvention en faveur du
travail du sol au printemps a un effet plus prononcé sur les pertes de sol que l’obligation
de pratiquer des cultures dérobées, mais ses répercussions sur le lessivage des nitrates ne
sont pas significatives. La taxe sur l’azote est la mesure la moins coûteuse par hectare et
par kilogramme d’azote lessivé en moins. Les cultures dérobées sont plus onéreuses, mais
elles ont des effets positifs sur l’érosion et sur les pertes de phosphore également. Si
