2. DESCRIPTION GÉNÉRALE DU SAPIM – 17
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
l’hectare, les taxes et réglementations sur l’utilisation d’intrants, paiements au titre des
pratiques de production et des technologies respectueuses de l’environnement, enchères
vertes et permis échangeables. Les résultats des exercices de modélisation avec le SAPIM
peuvent donc montrer les divers résultats environnementaux, les impacts sur le revenu
agricole et les dépenses budgétaires publiques résultant des différentes mesures
gouvernementales appliquées dans un contexte agricole hétérogène, que l’on peut ensuite
synthétiser du point de vue des avantages privés et sociaux. L’idée essentielle est de
considérer les effets sur l’environnement comme des produits conjoints de la production,
et les mesures gouvernementales comme un élément de l’ensemble de variables modifiant
les rendements de la production agricole.
Hochman et Zilberman (1978) ont employé une méthode similaire dans le modèle
qu’ils ont élaboré pour analyser les arbitrages entre pollution et production. Leur modèle
intégrait un modèle physique et un modèle économique en adoptant une ventilation fine
permettant de rendre compte de l’hétérogénéité des caractéristiques locales, avec ensuite
un regroupement statistique des micro-unités au niveau nécessaire pour l’analyse. Ce
modèle de base a ensuite été utilisé dans plusieurs études sur les relations entre
agriculture et environnement (se reporter à la brève synthèse présentée dans Lichtenberg,
2002). Dans le prolongement de ces études, les travaux de Lichtenberg (1989, 2002)
constituent un excellent point de départ pour analyser les choix des agriculteurs
concernant l’utilisation d’intrants et l’affectation des terres lorsque les sols sont de qualité
hétérogène.
Le cadre conceptuel de base pour l’internalisation des externalités
agroenvironnementales dans un contexte hétérogène est présenté dans la figure 2.1.
L’analyse réalisée avec le SAPIM est basée sur ce type de cadre conceptuel. La
production agricole est considérée dans le contexte d’une productivité du sol hétérogène
dans une région où les exploitations agricoles sont situées le long des fleuves et des
rivières qui la drainent. Les terres sont divisées en parcelles de même taille et homogènes
du point de vue de la productivité du sol (ș), laquelle diffère d’une parcelle à une autre
2 .
Pour faciliter la présentation, on suppose qu’il n’y a que deux cultures dans ces régions,
2
,
1
=
j
3
. Ces deux cultures sont produites en appliquant des techniques caractérisées par
des rendements d’échelle constants. Sans que ce choix ait une incidence sur la
polyvalence, on fait l’hypothèse que la culture 1 est mieux adaptée aux sols de moindre
productivité. La production de chaque culture par unité de surface est fonction de la
productivité du sol et des taux d’épandage d’engrais et d’herbicide (quantités d’engrais et
d’herbicide par unité de surface cultivée). La production augmente avec la dose d’engrais
et d’herbicide apportée et la qualité du sol, mais les rendements sont décroissants. Par
hypothèse, une partie de la surface peut ne pas être cultivée et être mise en jachère, ou
bien les terres peuvent être transférées du secteur de l’agriculture à un autre secteur
comme la sylviculture. La rentabilité privée et la rentabilité sociale de la jachère et de la
sylviculture (
0
S et SW
0 ) sont supposées indépendantes de la productivité du sol.
La production agricole exerce sur l’environnement plusieurs effets :
• Elle affecte la qualité des eaux de surface, compte tenu du ruissellement des
éléments nutritifs et des herbicides. On suppose que pour chaque parcelle, le
ruissellement est fonction de la culture j et des quantités d’engrais et d’herbicide
épandues sur cette parcelle. Le ruissellement des éléments nutritifs et des
herbicides augmentent rapidement avec l’accroissement des apports d’intrants.
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