10. CONCLUSIONS – 157
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Chapitre 10
Conclusions
Dans ce rapport, les liens conceptuels et quantitatifs entre politiques agricoles et
impacts environnementaux ont été analysés en utilisant le modèle simplifié d'impact des
politiques agroenvironnementales (SAPIM – Stylised Agri-environmental Policy Impact
Model). Mis au point par le Secrétariat de l’OCDE, le cadre du SAPIM a été appliqué à la
Finlande, au Japon, à la Suisse et aux États-Unis. Globalement, ces cas couvrent un vaste
ensemble d’instruments d’action, de contextes agricoles et de conditions
environnementales.
Décrire l’impact des politiques agricoles sur l’environnement est très difficile, car les
ressources foncières sont extrêmement hétérogènes, les processus biophysiques sont
complexes et les actions qu’entraîne une mesure particulière, loin d’être isolées,
s’inscrivent dans un contexte socio-économique plus large et changeant. De plus, la
variabilité météorologique et le changement climatique peuvent influencer
considérablement les impacts environnementaux. Les modèles ne peuvent pas refléter la
réalité, mais ils peuvent fournir des indications concernant les résultats attendus en
matière d’environnement. Ils ne remplacent pas une analyse ex post de l’impact d’une
mesure particulière. Néanmoins, afin d’aider les décideurs à concevoir et mettre en œuvre
des mesures économiquement rationnelles, il est nécessaire de mieux comprendre les
liens entre instruments d’action et impacts environnementaux. L’intérêt de ce type de
modélisation est qu’il isole les choix d’instruments d’action des autres évolutions et
influences (comme le climat), ceci est souvent difficile en l’absence d’un cadre de
modélisation approprié.
Les principaux défis qu’il faut relever sont, tout d’abord, de recenser les
modifications des choix des agriculteurs qui sont dues à telle ou telle intervention des
pouvoirs publics, puis de déterminer dans quelle mesure ces changements affectent la
qualité de l’environnement. Si les liens conceptuels sont relativement bien connus, la
modélisation quantitative est compliquée pour au moins quatre raisons :
1. les processus biophysiques sont complexes, et la relation entre une pratique donnée et
les résultats environnementaux auxquels elle donne lieu n’est pas toujours manifeste ;
2. nombre des effets sur l’environnement sont liés au site, ce qui rend compte de
l’hétérogénéité des conditions agricoles et environnementales ; certains impacts ne
peuvent donc pas être extrapolés au niveau global au moyen de coefficients généraux de
réaction à l’intervention publique ;
3. en pratique, les instruments d’action appliqués sont très divers, et les impacts sur
l’environnement multiples, ce qui rend la modélisation particulièrement difficile ;
4. un grand nombre d’impacts environnementaux ne sont pas mesurés (ni mesurables) en
termes monétaires – ce qui constitue une limite à la prise en compte de ces externalités
dans la fonction des objectifs du point de vue des producteurs et de la société.
Précédent

- 159/196

Suivant