7. JAPON : ALLOCATION OPTIMALE DES TERRES ET APPORTS AZOTÉS OPTIMAUX – 129
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
spatialement plus agrégés. En bref, si la valeur monétaire estimée ci-dessus est utilisée
telle quelle, elle conduira à surestimer le bien-être social au niveau agrégé. On a donc
choisi réduire de 1/10 (10 % du total des surfaces rizicoles) l’évaluation monétaire de la
purification, ce qui donne alors un résultat de 4 200 JPY/10 ares/an. Ces calculs
reprennent la méthode de Shiratani et autres, qui ont cherché à estimer la valeur
économique externe de la totalité des superficies cultivées au Japon.
Concernant les cultures d’altitude, la fonction de ruissellement est calculée à partir
d’enquêtes sur les bassins versants où elles sont implantées. Cependant, les relations entre
les utilisations des terres auront un fort impact sur la quantité de ruissellement des
cultures d’altitude vers les cours d’eau. Selon le modèle de flux sortant élaboré par
Tabuchi (1998a) et Tabuchi (1998b), environ 65 à 75 % de l’azote est éliminé dans le
processus de circulation naturelle de l’eau des cultures d’altitude vers les rizières, par
dénitrification en condition anaérobie et par absorption par les plants de riz. Dans cette
analyse, un chiffre moyen de 70 % a été cité sur la base des observations de Tabuchi
(1998a, 1998b), et l’évaluation monétaire obtenue est de – 8 760 JPY/10 ares/an.
Sachant que les quantités moyennes nettes de ruissellement et d’élimination sont
fixées à 0.64 kg/10 ares/an (pour un apport moyen d’azote de 8.9 kg/10 ares/an (Nishio,
2001)) et à 4.94 kg/10 ares/an (pour un apport moyen d’azote de 13 kg/10 ares/an
(estimation du Centre national de recherche sur l’agriculture), les valeurs monétaires (par
kg) sont respectivement de 6 563 JPY/kg et de 674 JPY/kg. La valeur de la purification
par kg est bien plus élevée que celle des dommages dus au ruissellement, là encore en
raison des caractéristiques des installations d’amélioration de la qualité de l’eau
remplacées et du volume purifié relativement faible comparé au volume du ruissellement.
L’évaluation des gaz à effet de serre est étudiée à l’étape suivante. Un des choix faits
dans ces différentes études est d’utiliser le prix des permis d’émission comme variable
(émissions en équivalents CO 2 ). Selon la théorie des marchés de droits d’émission, le coût
marginal de réduction des émissions est égal au prix du permis. Quelques difficultés se
présentent cependant : l’EU ETS (Système communautaire d’échange de quotas
d’émissions de gaz à effet de serre) est le premier programme mondial d’échange à
grande échelle de permis d’émission, sachant qu’il concerne environ 12 000 installations
dans 25 pays et dans 6 grands secteurs industriels, mais le coût marginal de réduction des
émissions de gaz à effet de serre est bien plus élevé au Japon que sa valeur moyenne pour
l’Union européenne
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. Par ailleurs, le système d’échanges de permis d’émission du Japon
vient seulement d’être lancé, si bien que l’on ne dispose pas encore de données.
L’estimation du coût social du carbone correspond à la valeur économique de
l’impact supplémentaire (ou marginal) qu’entraîne l’émission d’une tonne de carbone
additionnelle (sous forme de dioxyde de carbone) à un moment quelconque. On peut
considérer que ce coût représente l’avantage marginal de la réduction d’une tonne des
émissions de carbone (Yohe et autres, 2007). Dans le document Contribution du Groupe
de travail II au 4
ème rapport d’évaluation du GIEC (Contribution of Working Group II to
the Fourth Assessment Report of the IPCC), les auteurs concluent que le coût moyen est
de 12 USD. Cependant, il n’est pas approprié d’appliquer ce schéma au Japon, car il se
situe dans la valeur moyenne mondiale globale.
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