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Kalundborg devient alors partie prenante à ce système, car il lui permet
d’alimenter la ville en chauffage. Néanmoins, il convient de noter que les
pouvoirs publics n’ont pas incité les industriels dans cette démarche. La
principale caractéristique de la mise en place de cette symbiose est la
spontanéité de ces relations entre les entreprises. Les contrats passés entre
elles sont d’ailleurs des contrats commerciaux classiques. A la fin des
années 1980, les responsables du développement local ont réalisé qu’ils
avaient progressivement et spontanément créé une plate-forme
industrielle. Ils baptisèrent ce système « symbiose industrielle ». Depuis,
cette ville est devenue à elle seule un concept et est régulièrement citée
comme un exemple vivant de l’écologie industrielle. Si les avantages
écologiques de cette symbiose sont clairs et que l’objectif écologique est
conscient, il faut noter que ce sont les avantages économiques perçus qui
se sont trouvés à l’origine de ces échanges. Si depuis quelques années,
l’expérience de Kalundborg suscite une attention croissante, il faut
néanmoins veiller à ne pas l’idéaliser, car le système présente des
inconvénients, notamment en raison de la rigidité des échanges. De plus,
ce système peut se trouver perturbé et être déséquilibré en cas de
défection de l’une des entreprises
64
. Cependant, dans la lignée de la
symbiose de Kalundborg, d’autres initiatives se développent dans le
monde aujourd’hui, bien qu’il soit encore trop tôt pour en démontrer
pleinement les bénéfices environnementaux
65
millions de m 2 par an) avec 175 collaborateurs. Enfin, la municipalité de Kalundborg,
utilise pour le chauffage à distance de toute la ville de la vapeur vendue par la centrale
électrique. L'eau, sous forme de liquide ou de vapeur, constitue le résidu de production
valorisé de la manière la plus systématique. Elle provient soit directement du lac Tissø,
distant d'une quinzaine de kilomètres, soit du réseau de la municipalité de Kalundborg.
La raffinerie Statoil fournit de l'eau usée pour refroidir la centrale électrique
Asnaesvaerket. Cette dernière vend de la vapeur à la raffinerie Statoil, mais aussi à Novo
Nordisk (pour ses tours de fermentation). La centrale électrique vend de la vapeur
également à Gyproc, ainsi qu'à la municipalité de Kalundborg pour son réseau de
chauffage urbain à distance. Elle fournit même de l'eau chaude à une ferme d'aquaculture
qui élève des turbots. En 1990, la centrale électrique a mis en service sur l'une de ses
unités une installation de désulfuration : le soufre des gaz de combustion réagit avec de
la chaux, ce qui donne du gypse (sulfate de calcium). Asnaesvaerket produit ainsi plus de
cent mille tonnes de gypse par an. Transporté par camion jusqu'à l'entreprise voisine,
Gyproc, ce gypse est aujourd'hui utilisé comme matière première pour ses panneaux de
construction. Gyproc a pu ainsi cesser d'importer du gypse naturel, jusqu'alors extrait de
gisements en Espagne. Quant au gaz produit en excès par la raffinerie, il est utilisé
comme combustible aussi bien par Asnaesvaerket que par Gyproc.
.
64
Suren ERKMAN, Vers une écologie industrielle, comment mettre en pratique le
développement durable dans une société hyper-industrielle, Editions Charles Léopold
Mayer, 2004, 251 p.
65
Il existe peu d’exemples d’écologie industrielle en France et dans le monde. Une telle
approche est développée néanmoins dans la région Nord-Pas-de-Calais. L’association
ECOPAL (Ecologie Economie Partenaires dans l’Action Locale) a en effet développé ce
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