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conserver ou améliorer leur niveau de vie, sans souffrir de la
dégradation de l’environnement ».
Depuis l’idée a fait son chemin et une revue scientifique y est
consacrée à partir de 1997
61
. En s’inspirant des connaissances des
écosystèmes et de la biosphère, il s’agit de déterminer les transformations
susceptibles de rendre le système de production industrielle compatible
avec le fonctionnement « normal » des écosystèmes biologiques.
L’écologie industrielle fait alors appel en priorité à l’écologie
scientifique, aux sciences naturelles et aux sciences de l’ingénierie
62
. Elle
s’intéresse à l’évolution du système de production industrielle dans sa
globalité, à long terme, et recherche une optimisation à l’échelle non pas
des entreprises individuelles, mais des groupements d’entreprises, des
régions, et même de la chaîne de production industrielle dans son
ensemble. Ce courant de pensée se nourrit de plusieurs expériences
volontaires ou spontanées. La plus connue est la symbiose de Kalundborg
au Danemark.
Située au bord de la Mer du Nord, à une centaine de kilomètres à
l’ouest de Copenhague, Kalundborg est une petite ville industrielle de
vingt mille habitants et doit sa bonne fortune principalement à son fjord,
qui est l’un des principaux ports accessibles durant l’hiver à cette latitude
dans l’hémisphère nord. C’est précisément cette accessibilité qui est à
l’origine du développement industriel de cette ville à partir des années
1950, débutant par l’implantation d’une centrale électrique et d’une
raffinerie de pétrole. Au fil des ans, les principales entreprises de cette
ville ont commencé à échanger entre elles leurs résidus de production tels
que la vapeur, l’eau et divers sous-produits
63
61
Journal of Industrial Ecology (MIT Press).
. La municipalité de
62
L’écologie industrielle entend franchir une étape supplémentaire à la différence de
l’étude du « métabolisme industriel » qui vise à comprendre la dynamique des flux et des
stocks de matière et d’énergies liées aux activités humaines, depuis l’extraction et la
production des ressources jusqu’à leur retour inévitable, tôt ou tard, dans les processus
biogéochimiques.
63
La symbiose de Kalundborg comprend cinq partenaires principaux, distants les uns des
autres de quelques centaines de mètres seulement, et reliés entre eux par un réseau de
pipelines ad hoc. Asnaesvaerket, la plus grande centrale électrique du Danemark, est
d'une capacité de 1.500 MW, alimentée au mazout puis au charbon (après le premier
choc pétrolier), et emploie 600 personnes. Statoil est la plus grande raffinerie de pétrole
du Danemark, avec une capacité supérieure à trois millions de tonnes de pétrole par an et
250 employés. Novo Nordisk, la grande société danoise de biotechnologies, est l'un des
principaux producteurs mondiaux d'enzymes industriels et d'insuline. L'usine de
Kalundborg, la plus grande du groupe, occupe 1200 personnes. Gyproc, est une société
suédoise dont l'usine de Kalundborg produit des panneaux de construction en gypse (14
conserver ou améliorer leur niveau de vie, sans souffrir de la
dégradation de l’environnement ».
Depuis l’idée a fait son chemin et une revue scientifique y est
consacrée à partir de 1997
61
. En s’inspirant des connaissances des
écosystèmes et de la biosphère, il s’agit de déterminer les transformations
susceptibles de rendre le système de production industrielle compatible
avec le fonctionnement « normal » des écosystèmes biologiques.
L’écologie industrielle fait alors appel en priorité à l’écologie
scientifique, aux sciences naturelles et aux sciences de l’ingénierie
62
. Elle
s’intéresse à l’évolution du système de production industrielle dans sa
globalité, à long terme, et recherche une optimisation à l’échelle non pas
des entreprises individuelles, mais des groupements d’entreprises, des
régions, et même de la chaîne de production industrielle dans son
ensemble. Ce courant de pensée se nourrit de plusieurs expériences
volontaires ou spontanées. La plus connue est la symbiose de Kalundborg
au Danemark.
Située au bord de la Mer du Nord, à une centaine de kilomètres à
l’ouest de Copenhague, Kalundborg est une petite ville industrielle de
vingt mille habitants et doit sa bonne fortune principalement à son fjord,
qui est l’un des principaux ports accessibles durant l’hiver à cette latitude
dans l’hémisphère nord. C’est précisément cette accessibilité qui est à
l’origine du développement industriel de cette ville à partir des années
1950, débutant par l’implantation d’une centrale électrique et d’une
raffinerie de pétrole. Au fil des ans, les principales entreprises de cette
ville ont commencé à échanger entre elles leurs résidus de production tels
que la vapeur, l’eau et divers sous-produits
63
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Journal of Industrial Ecology (MIT Press).
. La municipalité de
62
L’écologie industrielle entend franchir une étape supplémentaire à la différence de
l’étude du « métabolisme industriel » qui vise à comprendre la dynamique des flux et des
stocks de matière et d’énergies liées aux activités humaines, depuis l’extraction et la
production des ressources jusqu’à leur retour inévitable, tôt ou tard, dans les processus
biogéochimiques.
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La symbiose de Kalundborg comprend cinq partenaires principaux, distants les uns des
autres de quelques centaines de mètres seulement, et reliés entre eux par un réseau de
pipelines ad hoc. Asnaesvaerket, la plus grande centrale électrique du Danemark, est
d'une capacité de 1.500 MW, alimentée au mazout puis au charbon (après le premier
choc pétrolier), et emploie 600 personnes. Statoil est la plus grande raffinerie de pétrole
du Danemark, avec une capacité supérieure à trois millions de tonnes de pétrole par an et
250 employés. Novo Nordisk, la grande société danoise de biotechnologies, est l'un des
principaux producteurs mondiaux d'enzymes industriels et d'insuline. L'usine de
Kalundborg, la plus grande du groupe, occupe 1200 personnes. Gyproc, est une société
suédoise dont l'usine de Kalundborg produit des panneaux de construction en gypse (14
