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étudiés, tous comportent des risques d’effets dominos et que tous
semblent avoir pourtant été étudiés et reportés dans le plan d’opération
interne, y compris ceux de la plate-forme industrielle SNPE qui a
néanmoins été le théâtre de l’explosion AZF à Toulouse
615
. Or, ces études
n’ont pas eu pour effet d’éviter cet accident. C’est sans doute pourquoi la
réussite des études de dangers tient avant tout, à la méthode et à la
démarche retenues. C’est particulièrement important sur les plates-formes
industrielles où les risques sont accrus. Lors de l’accident de Toulouse, la
méthode et la démarche retenues dans la réalisation des études de dangers
ont montré leurs limites. En effet, l’enquête a révélé que si l’usine
Grande Paroisse de Toulouse avait fait l’objet de neuf études de dangers
correspondant aux différents types de fabrications présents sur le site
616
,
le bâtiment 221-222 qui a été le siège de l’explosion et qui contenait entre
300 et 400 tonnes de nitrates d’ammonium au moment de l’explosion,
n’avait pas fait l’objet d’une étude de dangers. De plus, au moment de
l’accident, sept wagons-citernes de chlore étaient présents sur le site, dont
deux dans le bâtiment de dépotage et cinq sur une voie perpendiculaire à
l’axe du bâtiment 221-222. Or les risques liés à la présence des wagonsciternes n’avaient pas non plus été pris en compte dans les études de
dangers, comme le souligne le rapport de l’Inspection Générale de
l’Environnement sur cet accident
617
. Enfin, ce rapport dit Barthélemy, a
révélé la réalisation d’un effet domino qui n’avait pas été pris en compte
préalablement, puisque l’explosion d’un bâtiment provoqua des
destructions considérables dans toute la partie nord du site, ce qui a
entraîné la destruction de certains réservoirs de solutions de nitrate
d’ammonium, une pollution de la Garonne et des fuites d’acide nitrique.
Comme le note le rapport, il n’y a cependant pas eu d’effet domino audelà
618
. Les études de dangers de cette plate-forme industrielle étaient
donc défaillantes du point de vue de leur contenu et d’un point de vue
méthodologique puisqu’elles n’ont pu prévenir la réalisation de
l’accident.
615
Voir Coline PRIOU, La sécurité sur les sites multi-exploitants, Ministère de
l’aménagement du territoire et de l’environnement, 2001, p.22 et s.
616
Synthèse, mise en œuvre et stockage cryogénique d’ammoniac, dépotage confiné de
chlore, stockage en crac d’ammonitrates, stockage de méthanol, stockage et fabrication
de formol, stockage de phénol et stockage de produits chlorés.
617
Rapport de l’Inspection générale de l’environnement (IGE) du 24 octobre 2001
intitulé « Usine de la société Grande Paroisse à Toulouse – Accident du 21 septembre
2001 » dit Rapport BARTHELEMY du nom de l’ingénieur général des mines qui a
participé à la rédaction de rapport, p.33.
618
Notamment par le fait qu’un bâtiment plus résistant a fait écran à l’onde de choc.
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