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3' partie: Relativité d'échelle et sociétés humaines
d'élément participant au fonctionnement de l'ensemble. Cette approche
n'a évidemment rien de commun avec l'approche néo-classique où la
monnaie est un bien dont la valeur est dépendante d'un équilibre entre
offre et demande réalisé sur le « marché » de la monnaie. La définition
de la monnaie de crédit émise au xxe siècle dans les pays industrialisés
sans plus aucune référence à l'or- à l'exception des États-Unis jusqu'en
1973- est, pour nous, celle d'une créance sur l'économie, c'est-à-dire
qu'elle est émise par les banques pour que les entreprises bénéficient du
crédit nécessaire au fonctionnement de leur activité économique. Pendant les années de grande croissance, de 1945 à 1965, les taux d'inflation
moyens dans les pays industrialisés étaient demeurés inférieurs à 3 %,
ce qui signifie qu'une bonne activité économique constatée permettait
le maintien d'une valeur quasi stable des créances sur les économies
industrialisées. Par suite, une valeur quasi stable des créances sur les
entreprises, entraînait une valeur quasi stable de la monnaie. Mais, à
partir de la fin des années 1960, un processus général d'inflation s'est
manifesté dans le monde industrialisé. Ce phénomène ne pouvait que
correspondre, pour nous, à une dévalorisation des créances émises
par les banques sous forme de monnaie. Quelle pouvait bien être la
cause de cette dévalorisation? Pour nous, il s'agissait de difficultés des
entreprises, exprimées par un endettement qui allait en s'accroissant.
Ces difficultés annonçaient, pour nous, une phase de crise, moment des
discontinuités propres à l'évolution économique d'ensembles organisés
- alors que les crises économiques n'existent pas dans la théorie néoclassique. La prédiction que nous avions effectuée de l'inflation comme
première forme d'une crise économique a été réalisée puisqu'une grande
crise s'est étendue des années 1970 jusqu'à la fin des années 1980. Le
moment de la seconde forme de la crise, caractérisé par un fort chômage,
ne s'est réalisé qu'à partir de l'année 1982. Cette date ne pouvait être
prévue à l'année près et elle correspond à l'aspect indéterministe de la
prédictibilité.
Prédiction de durée de la crise des années 1970-1980
On se souvient peut-être que durant les années 1970, pour certains,
une croyance dans l'efficacité des politiques keynésiennes qui, pensaientils, avait permis la phase de croissance - appelée plus tard « trente
glorieuses » - était bien établie. Cette croyance a empêché une prise
de conscience, que ce qui se passait alors était une crise qui durerait
longtemps. Quant aux tenants de la pensée néo-classique, on a vu que
pour eux les crises n'existaient pas ou étaient dues, comme en 1929, au
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