3.3. Une nécessité scientifique de prédictibilité
331
mauvais fonctionnement des marchés. Pour nous, la crise apparue vers
1970 était une phase s'inscrivant dans les discontinuités de l'évolution
économique. Cette analyse fait évidemment référence à la dynamique
d'ensembles économiques organisés développée ici. Au xxe siècle,
compte tenu de l'accélération économique, ces phases avaient une durée
de l'ordre de vingt à trente ans - la crise des années 1930 avait duré
de 1920 à 1945. Par suite, on pouvait prédire pendant les années 1970
qu'on avait affaire à une crise qui durerait plusieurs années. Or, aussi
bien le personnel politique, que les experts économiques assuraient à
ce moment qu'une reprise économique se produirait l'année suivante.
La crise des années 1970-1980 s'est effectivement terminée à la fin des
années 1980. Une fois encore, le caractère indéterministe de la prédiction de la durée de la crise s'est illustré par uns impossibilité de prédire
l'année exacte de sa fin.
Prédiction de l'éclatement des« Kereitsu »
japonais et des « Jaebul >> coréens
La prédiction de l'éclatement des« Kereitsu 1 »japonais et des« Jaebul »
coréens a fait suite à une analyse de sous ensembles de grandes firmes
mondiales dont les stratégies étaient organisées pendant les années
1980 de manière hiérarchisée. En effet, au sein d'un échantillon des plus
grandes firmes mondiales classées par chiffre d'affaires, on trouvait
en haut de la hiérarchie, des firmes - par exemple américaines - à
la production très spécialisée - par exemple, en électronique comme
IBM -et au capital très dispersé. Puis, à une seconde échelle, on trouvait
des firmes rassemblées en « groupes financiers » -exemple des Kereitsu
japonais -peu spécialisés, puisque dans des groupes comme Sumitomo
ou Mitsubishi, la production était très diversifiée, de Sumitomo Chemical
à Sumitomo Heavy Industries ou de Mitsubishi Electric à Mitsubishi
Chemical. Le capital de ces groupes était détenu principalement par
une banque, la Sumitomo bank dans le cas du Kereitsu Sumitomo, la
Mitsubishi bank dans le cas du Kereitsu Mitsubishi, conséquence d'un
endettement important à l'origine. Enfin, plus bas dans la hiérarchie,
on trouvait des conglomérats coréens -les Jaebul- comme Samsung,
Hyundai, ou Daewo, qui fabriquaient la plus large gamme de produits
et étaient pilotés et possédés par des familles, mais financés par l'État
coréen.
1. Les kereitsu ou zaki sont des conglomérats d'entreprises variées reliées par des liens
financiers dépendant d'une banque unique. En Corée, on utilise le terme de chaebol ou
dejaebul.
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