3.3
Une nécessité scientifique
de prédictibilité
Le travail du scientifique consiste à trouver les lois qui régissent son
domaine. Or, une idéologie fortement présente en fin de xxe siècle et
en ce début de xxre siècle, en particulier dans le domaine des sciences
du vivant et dans celui de l'histoire des sociétés, réfute une démarche de
recherche de lois scientifiques en opposant les arguments, soit d'une soumission
à un dogme religieux déterministe, soit d'une impossibilité due à l'existence
d'un hasard tout puissant. Ce n'est pas ici le lieu de tenter d'expliquer une
attitude qui nous paraît de nature obscurantiste. Pour nous, l'humanité
a toujours progressé dans les périodes où elle remettait en question
les paradigmes antérieurement installés, et cette démarche n'a aucune
raison de cesser.
Notion de prédictibilité à caractère indéterministe
On se souvient que nous avions précédemment proposé d'utiliser
la notion de « prédictibilité à caractère indéterministe » dans l'évolution
économique 1 . Nous exprimions tout d'abord le fait qu'à première vue,
cette définition semblait contradictoire en elle-même. Mais nous précisions que ce n'était pas le cas, puisque l'on peut très bien prédire une
direction prise par une série d'événements, sans qu'un déterminisme
précis nous donne exactement le point d'arrivée des événements en
question. L'exemple de la prédictibilité à caractère indéterministe
- probabiliste - de la mécanique quantique est là pour illustrer ce
type de processus. De même, comme on l'a vu, en sciences humaines,
on peut prédire des directions, des « temps critiques », des probabilités
d'occurrence d'événements, mais pas les détails exacts des formes prises
par les événements.
Pour schématiser, on avait résumé cette démarche en posant la question de la convergence ou de la contingence dans l'évolution et on avait
abouti à une loi de convergence large, complétée par une indétermination
de manifestations concrètes. Considéré sous l'angle de la convergence,
on avait rappelé que le mouvement de recherche de gains de productivité était une constante de l'évolution des sociétés, dont on avait fait la
1. Nottale, Chaline et Grou. 2000. Les Arbres de l'évolution. Op. cil.
Une nécessité scientifique
de prédictibilité
Le travail du scientifique consiste à trouver les lois qui régissent son
domaine. Or, une idéologie fortement présente en fin de xxe siècle et
en ce début de xxre siècle, en particulier dans le domaine des sciences
du vivant et dans celui de l'histoire des sociétés, réfute une démarche de
recherche de lois scientifiques en opposant les arguments, soit d'une soumission
à un dogme religieux déterministe, soit d'une impossibilité due à l'existence
d'un hasard tout puissant. Ce n'est pas ici le lieu de tenter d'expliquer une
attitude qui nous paraît de nature obscurantiste. Pour nous, l'humanité
a toujours progressé dans les périodes où elle remettait en question
les paradigmes antérieurement installés, et cette démarche n'a aucune
raison de cesser.
Notion de prédictibilité à caractère indéterministe
On se souvient que nous avions précédemment proposé d'utiliser
la notion de « prédictibilité à caractère indéterministe » dans l'évolution
économique 1 . Nous exprimions tout d'abord le fait qu'à première vue,
cette définition semblait contradictoire en elle-même. Mais nous précisions que ce n'était pas le cas, puisque l'on peut très bien prédire une
direction prise par une série d'événements, sans qu'un déterminisme
précis nous donne exactement le point d'arrivée des événements en
question. L'exemple de la prédictibilité à caractère indéterministe
- probabiliste - de la mécanique quantique est là pour illustrer ce
type de processus. De même, comme on l'a vu, en sciences humaines,
on peut prédire des directions, des « temps critiques », des probabilités
d'occurrence d'événements, mais pas les détails exacts des formes prises
par les événements.
Pour schématiser, on avait résumé cette démarche en posant la question de la convergence ou de la contingence dans l'évolution et on avait
abouti à une loi de convergence large, complétée par une indétermination
de manifestations concrètes. Considéré sous l'angle de la convergence,
on avait rappelé que le mouvement de recherche de gains de productivité était une constante de l'évolution des sociétés, dont on avait fait la
1. Nottale, Chaline et Grou. 2000. Les Arbres de l'évolution. Op. cil.
