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3' partie : Relativité d'échelle et sociétés humaines
Dans un ouvrage intitulé L'Enfermement planétaire 1 , André Lebeau,
dresse un inventaire des grandes difficultés qu'une action, destinée à
dominer les limites rencontrées par l'activité humaine, risque de mettre
en évidence. Il fait d'abord référence à l'incapacité d'anticipation dont
fait preuve l'espèce humaine. Puis il écrit :
« Une autre faiblesse du comportement humain tient à l'incapacité de percevoir
l'unité de la menace sous la diversité des aspects. Il est évidemment nécessaire
que chacun de ces aspects fasse l'objet d'une analyse spécifique qui mette en jeu
des disciplines variées selon que l'on considère les sources d'énergie, la production
alimentaire, l'extinction des espèces, la démographie ou la pollution de l'atmosphère. L'incapacité, pour un individu, de maîtriser plus qu'une faible partie des
acquis culturels pertinents rend indispensable l'intervention de spécialistes qui
apportent chacun les modes de pensée et parfois les préjugés et les ornières de
leur discipline. Il est naturel que les démarches qui s'élaborent ainsi conduisent
à préconiser des remèdes spécifiques. Mais la question de savoir si ces remèdes
spécifiques constituent une solution globale est trop négligée. »
Puis il énonce une troisième grande difficulté :
« Enfin, la plus grande des menaces qui pèse sur l'humanité est celle qui
résulte de sa division en États gardiens des intérêts et des privilèges de leur
peuple comme de l'intégrité de leur territoire. C'est dans la solidité de cette
structure que s'ancre le plus profondément la volonté de préserver les avantages
acquis. »
Répétons-le, le processus d'accélération économique est mal compris.
Autre exemple, Geneviève Ferone 2 , après avoir fait référence à des
travaux comme ceux du GIEC, qui prévoient un changement climatique
de plus en plus préoccupant au cours du xxre siècle, écrit :
«Sauf que la véritable frontière temporelle n'est pas 2100, mais bien plutôt
2030! Cette date n'a rien d'arbitraire. Nous connaissons une situation totalement
inédite dans laquelle il semble qu'une très grande partie de nos défis d'ordre
économiques, environnementaux, scientifiques et sociaux se donnent précisément
rendez-vous en 2030. En 2030 nous serons plus de 7 milliards de bouches à
nourrir, dont les deux tiers vivant en zone urbaine, sur une Terre saturée de
pollution et de déchets déjà affectée par une hausse sensible des températures. En
2030 nous serons entrés dans une phase de pénurie pour le pétrole et de fortes
tensions sur les autres énergies fossiles, dans un contexte d'amenuisement des
ressources vivrières et d'appauvrissement des terres cultivables. »
1. 2008. Gallimard. P. 299.
2. Ferone G., 2030, Le Krach écologique, Grasset, 2008, p. 15.
3' partie : Relativité d'échelle et sociétés humaines
Dans un ouvrage intitulé L'Enfermement planétaire 1 , André Lebeau,
dresse un inventaire des grandes difficultés qu'une action, destinée à
dominer les limites rencontrées par l'activité humaine, risque de mettre
en évidence. Il fait d'abord référence à l'incapacité d'anticipation dont
fait preuve l'espèce humaine. Puis il écrit :
« Une autre faiblesse du comportement humain tient à l'incapacité de percevoir
l'unité de la menace sous la diversité des aspects. Il est évidemment nécessaire
que chacun de ces aspects fasse l'objet d'une analyse spécifique qui mette en jeu
des disciplines variées selon que l'on considère les sources d'énergie, la production
alimentaire, l'extinction des espèces, la démographie ou la pollution de l'atmosphère. L'incapacité, pour un individu, de maîtriser plus qu'une faible partie des
acquis culturels pertinents rend indispensable l'intervention de spécialistes qui
apportent chacun les modes de pensée et parfois les préjugés et les ornières de
leur discipline. Il est naturel que les démarches qui s'élaborent ainsi conduisent
à préconiser des remèdes spécifiques. Mais la question de savoir si ces remèdes
spécifiques constituent une solution globale est trop négligée. »
Puis il énonce une troisième grande difficulté :
« Enfin, la plus grande des menaces qui pèse sur l'humanité est celle qui
résulte de sa division en États gardiens des intérêts et des privilèges de leur
peuple comme de l'intégrité de leur territoire. C'est dans la solidité de cette
structure que s'ancre le plus profondément la volonté de préserver les avantages
acquis. »
Répétons-le, le processus d'accélération économique est mal compris.
Autre exemple, Geneviève Ferone 2 , après avoir fait référence à des
travaux comme ceux du GIEC, qui prévoient un changement climatique
de plus en plus préoccupant au cours du xxre siècle, écrit :
«Sauf que la véritable frontière temporelle n'est pas 2100, mais bien plutôt
2030! Cette date n'a rien d'arbitraire. Nous connaissons une situation totalement
inédite dans laquelle il semble qu'une très grande partie de nos défis d'ordre
économiques, environnementaux, scientifiques et sociaux se donnent précisément
rendez-vous en 2030. En 2030 nous serons plus de 7 milliards de bouches à
nourrir, dont les deux tiers vivant en zone urbaine, sur une Terre saturée de
pollution et de déchets déjà affectée par une hausse sensible des températures. En
2030 nous serons entrés dans une phase de pénurie pour le pétrole et de fortes
tensions sur les autres énergies fossiles, dans un contexte d'amenuisement des
ressources vivrières et d'appauvrissement des terres cultivables. »
1. 2008. Gallimard. P. 299.
2. Ferone G., 2030, Le Krach écologique, Grasset, 2008, p. 15.
