3.1. Systèmes économiques et sociaux en évolution ...
ENCADRÉ 3.2: Exemple de log-périodicité:
la découverte des éléments chimique
Ivan Brissaud
la courbe de la fig. 1 donne le nombre cumulé des éléments chimiques
découverts depuis 1750; auparavant ils étaient moins d'une quinzaine.
Cette courbe montre que ces découvertes ont été obtenues de façon
continue avec des accélérations correspondant à des techniques innovantes
apparues aux moments des crises économiques bien décrites par les cycles
de Kondratiev. Après chaque accélération, le rythme des découvertes se
ralentit jusqu'à une pause, signe de l'épuisement de la créativité et avant
l'arrivée des innovations suivantes. Ce comportement s'apparente au
modèle des << équilibres ponctués » de Gould et Eldredge et pour l'évolution des espèces.
Au siècle des Lumières, grâce au renouveau des techniques expérimentales
impulsées par la théorie obsolète du phlogistique relative à la combustion, une vingtaine d'éléments sont découverts. Au cycle suivant, la pile
électrique imaginée par Volta fait naître l'électrochimie, en particulier
l'électrolyse, d'où la mise en évidence du sodium et du potassium, etc. la
spectroscopie optique en 1860 permet de détecter le césium, le rubidium
alors que Mendeleïev publie son tableau qui va servir de guide dans les
recherches ultérieures. En 1896, les rayons X viennent d'être mis en évidence et Becquerel découvre la radioactivité qui permet à P. et M. Curie
de trouver le radium et le polonium ... À Berkeley (1931), lawrence crée le
premier cyclotron, avant que Chadwick ne trouve le neutron. Cyclotrons et
neutrons seront dorénavant les outils adoptés pour tenter de réaliser des
réactions nucléaires dans les laboratoires, dans les réacteurs, mais, aussi,
dans des explosions thermonucléaires afin de créer de nouveaux éléments
et isotopes. Dans les années 1950, les chercheurs avec des accélérateurs
d'ions légers et lourds, conçus spécialement, vont tenter de synthétiser
d'autres éléments. À partir de 1981, grâce à la technique de« fusion froide,
puis chaude », des éléments très lourds de vies très courtes sont créés au
Joint lnstitute for Nuclear Research de Doubna (URSS) et à Darmstadt en
Allemagne. On se rapproche de l'îlot de stabilité des « super lourds ».
la fig. 2 propose un arbre généalogique des techniques ayant conduit à
la découverte des éléments.
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