3.1. Systèmes économiques et sociaux en évolution ...
253
gains de productivité? De quelle manière les ensembles économiques
poursuivent-ils leur quête de gains de productivité, de quelle manière
obéissent-ils à cette loi?
Examinons dès maintenant plusieurs catégories d'exemples qui nous
semblent significatifs.
On peut d'abord constater une correspondance entre le néolithique
du Moyen-Orient et celui de l'Amérique précolombienne. On sait en
effet que ces deux révolutions sont fondées sur la production de céréales différentes à des moments différents de manière complètement
indépendantes.
Entre trente et quarante siècles avant l'ère chrétienne, en quatre
endroits de la planète situés autour d'un fleuve, se trouvaient des villages néolithiques. De manière quasiment identique, les quatre fleuves
en question ont été en partie domestiqués et ainsi sont nées les quatre
premières grandes civilisations de l'histoire humaine. Il s'agit, comme on
s'en souvient, de l'Égypte, de la Mésopotamie, de l'Inde et de la Chine.
Les fleuves étaient le Nil, le couple Tigre/Euphrate, l'Indus et le fleuve
Jaune. Les sociétés concernées ont alors bénéficié d'un spectaculaire
bond de productivité dû à un accroissement des rendements agricoles,
puisque la domestication des fleuves a permis une irrigation permanente
de l'agriculture. Des ensembles organisés à deux sous échelles, nouvelles, sont ainsi apparus dans ces sociétés, sous échelle des villages de
l'agriculture néolithique, transformée par la révolution de l'irrigation, et
sous échelle du pouvoir central, sous la forme d'un premier type d'État,
chargé de l'organisation de la domestication du fleuve. Ajoutons que
ces quatre civilisations ont inventé en même temps l'histoire, puisque
c'est en leur sein qu'est apparue l'écriture. De même remarquons qu'en
quatre autres endroits, au ye siècle avant J.-C., la pensée humaine semble
effectuer un bond. Il s'agit cette foi de la Grèce de Périclès, de la Perse de
Zoroastre, de l'Inde de Bouddha et de la Chine de Confucius.
Ainsi, devant une telle simultanéité de processus quasi-identiques
ne peut-on estimer qu'on a assisté à des phénomènes d'auto-organisation, conduisant à un degré de plus grande complexité des sociétés
humaines?
253
gains de productivité? De quelle manière les ensembles économiques
poursuivent-ils leur quête de gains de productivité, de quelle manière
obéissent-ils à cette loi?
Examinons dès maintenant plusieurs catégories d'exemples qui nous
semblent significatifs.
On peut d'abord constater une correspondance entre le néolithique
du Moyen-Orient et celui de l'Amérique précolombienne. On sait en
effet que ces deux révolutions sont fondées sur la production de céréales différentes à des moments différents de manière complètement
indépendantes.
Entre trente et quarante siècles avant l'ère chrétienne, en quatre
endroits de la planète situés autour d'un fleuve, se trouvaient des villages néolithiques. De manière quasiment identique, les quatre fleuves
en question ont été en partie domestiqués et ainsi sont nées les quatre
premières grandes civilisations de l'histoire humaine. Il s'agit, comme on
s'en souvient, de l'Égypte, de la Mésopotamie, de l'Inde et de la Chine.
Les fleuves étaient le Nil, le couple Tigre/Euphrate, l'Indus et le fleuve
Jaune. Les sociétés concernées ont alors bénéficié d'un spectaculaire
bond de productivité dû à un accroissement des rendements agricoles,
puisque la domestication des fleuves a permis une irrigation permanente
de l'agriculture. Des ensembles organisés à deux sous échelles, nouvelles, sont ainsi apparus dans ces sociétés, sous échelle des villages de
l'agriculture néolithique, transformée par la révolution de l'irrigation, et
sous échelle du pouvoir central, sous la forme d'un premier type d'État,
chargé de l'organisation de la domestication du fleuve. Ajoutons que
ces quatre civilisations ont inventé en même temps l'histoire, puisque
c'est en leur sein qu'est apparue l'écriture. De même remarquons qu'en
quatre autres endroits, au ye siècle avant J.-C., la pensée humaine semble
effectuer un bond. Il s'agit cette foi de la Grèce de Périclès, de la Perse de
Zoroastre, de l'Inde de Bouddha et de la Chine de Confucius.
Ainsi, devant une telle simultanéité de processus quasi-identiques
ne peut-on estimer qu'on a assisté à des phénomènes d'auto-organisation, conduisant à un degré de plus grande complexité des sociétés
humaines?
