2.5. Le rôle potentiel de la relativité d'échelle dans la morphogenèse du vivant
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Figure 2.20. Guépard (Acinonyx jubatus) du Kenya. (©cliché J. Chaline)
L'extension des taches sur la queue et leur remplacement par des
rayures dépend de la longueur et de la grosseur de la queue. Les taches,
nombreuses sur la queue du léopard et du guépard, sont remplacées par
des rayures à la mi-queue et elles sont présentes sur toute la longueur
de la queue plus fine de la genette. L'effet d'échelle qui intervient durant
l'embryogenèse est très important. Si le mécanisme est activé par un
va-et-vient génétique, les petits animaux qui ont une courte période de
gestation auront une couleur uniforme, ce qui est le cas le plus fréquent.
Pour les animaux ayant une plus grande surface au moment de l'activation, on a la possibilité d'avoir des animaux à moitié noir, et à moitié
blanc. C'est ce qui est observé chez la chèvre du Valais (Capra aegagrus
hircus). Si la taille du domaine s'accroît, il en va de même du motif. On
observe une progression de complexité entre la chèvre du Valais et le
fourmilier géant ou tamanoir (Myrmecophaga tridactyla), en passant par
le léopard et le guépard. Au bout de l'échelle de taille on trouve la girafe
avec ses taches nettement espacées. Finalement au terme des tailles, les
très grands animaux, comme l'éléphant, le rhinocéros et l'hippopotame
redeviennent de couleur uniforme.
Les motifs produits par la réaction-diffusion dépendent uniquement
des conditions initiales de la géométrie et de l'échelle et sont des facteurs héri tables, caractéristiques d'une espèce donnée. Il faut savoir que
pour une géométrie et une échelle données, les motifs engendrés pour
une variété de conditions initiales dues au hasard sont qualitativement
similaires. C'est ainsi que dans le cas des taches, seule la distribution
des taches varie. C'est par exemple le cas des différences spécifiques
entre les deux sous-espèces de girafes, Giraffa camelopardalis tippelskirchi
caractérisée par de petites taches séparées par de grands espaces et Giraffa
camelopardalis reticulata aux taches très larges séparées par des espaces très
rapprochés (fig. 2.21).
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