158
2' partie : La théorie d'échelle et le vivant
nécessaires pour coder les protéines du prion. Il s'agit là d'une forme
élaborée de parasitisme moléculaire, comme celle des virus, mais sans
enveloppe protéinique.
~Les virus
Ce sont des formes aux frontières du vivant, mais sans l'être, à structure
de cristal, sans cellule, sans métabolisme. Plus petits que les bactéries,
ils sont formés d'une molécule d'acide nucléique (ARN ou ADN), composée de 3 500 nucléotides d'ARN à 166 000 paires de nucléotides d'ADN
entourée d'une enveloppe de quelques centaines de protéines. Ils ne
peuvent se reproduire de façon autonome, mais seulement dans des
cellules-hôtes par réplication des acides nucléiques, puis des protéines.
Certaines enveloppes de virus contiennent des lipides et des glucides,
des enzymes comme la transcriptase reverse des rétrovirus. Les virus ont
un rôle évolutif important dans la mesure où ils permettent le transfert
horizontal de gènes entre espèces. Les virus ont deux types d'actions
cellulaires. Dans le cycle lytique, ils entraînent la cellule à les dupliquer
jusqu'à contenir 1 000 virus avant d'éclater. Dans le cycle lysogénique,
la cellule-hôte ne réplique pas de nouveaux virus qui sont à l'état latent,
mais intègre le génome du virus dans le génome de la cellule qui se
reproduit normalement. S'il s'agit d'un virus à ARN, le virus effectue
une transcription réverse en ADN. Parfois un cycle lysogénique peut
devenir lytique. C'est de cette façon que les génomes des vertébrés ont
été envahis par des éléments de rétrovirus, qui peuvent être profitables
à l'espèce, à l'exemple de la séquence qui régule de gène de l'amylase
produite dans la salive humaine, ou parfois néfastes 1 .
~ Les nanobes
Les nanobes ou nanobactéries, nana-organismes ou encore nanoparticules
calcifiantes, sont des formes qui ressemblent à des bactéries de très petite
taille entre 20 et 150 nm (nanomètres). C'est-à-dire que les nanobes
auraient la taille de 10 atomes d'hydrogènes accolés.
Ces nanobes ont été découverts par le géologue Robert L. Folk (université du Texas à Austin) en 1990, dans des dépôts de roches carbonatées
précipitant dans les eaux chaudes thermales à Viterbe (Italie). Ce sont de
petites sphères, découvertes dans des argiles, des silicates et des grès,
qui se lient en chaînes comme les bactéries.
La plus petite bactérie reconnue, Mycoplasma genitalium mesurant
environ 200 nm est celle qui a le plus petit génome connu (580 nucléo1. Le passage d'une infection lytique à lysogénique s'appelle une transduction.
Précédent

- 163/429

Suivant