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2' partie : La théorie d'échelle et le vivant
par exemple l'adsorption de composés organiques, des diffusions de
polypeptides à travers la « membrane » et peuvent incorporer diverses
molécules y compris des acides nucléiques. C'est un modèle protocellulaire et protomembranaire.
Indépendamment, en Angleterre John Burton S. Haldane (1892-1964)
a développé une théorie identique en 1929, celle d'une origine de la vie à
partir de molécules organiques qui se seraient formées dans l'atmosphère
avant de s'intégrer dans le milieu aquatique où les molécules se seraient
complexifiées jusqu'à l'apparition des premières cellules se nourrissant
de matière organique (hétérotrophe). Mais ces molécules organiques
ne peuvent subsister qu'en milieu réducteur, faible en oxygène. Pour
Haldane, la source première du carbone serait donc nécessairement le
gaz carbonique.
À cette époque, on ne connaissait pas encore le matériel génétique,
ni le métabolisme cellulaire, et il fallait le vérifier expérimentalement.
Walther Loeb (Lob) en 1913, en cherchant à identifier les mécanismes
d'assimilation de l'azote par les plantes, avait réussi à synthétiser le
plus simple des acides aminés, la glycine, en mélangeant du dioxyde
de carbone, de l'ammoniac et de la vapeur d'eau soumis à des décharges électriques et aux rayons ultraviolets. La formamide se transforme
en acide oxamique qui, réduit, donne de la glycine. Mais ce travail est
malheureusement resté méconnu d'Oparin, Haldane, Urey et Miller.
D'autres chimistes se sont intéressés au problème, comme Wilhelm
Croth et Hans Eduard Suess (1831-1914) ainsi que des biologistes parmi
lesquels nous citerons Alexandre Dauvilliers (1892-1979) etE. Desguins
qui ont proposé en 1942 des hypothèses photochimiques comme explication de l'apparition des premiers éléments constitutifs organiques.
L'idée de soupe originelle d'Oparin avait de nombreux adeptes.
Horowitz en 1945 avait avancé l'idée que la vie avait dû utiliser au départ
une molécule complexe rapidement épuisée, remplacée par une molécule plus simple construite à partir d'un précurseur en présence d'une
enzyme donnée, et ainsi de suite jusqu'aux molécules les plus simples
utilisées par les bactéries. Autrement dit la filiation des enzymes serait
un reflet inversé de la phylogenèse du vivant. Mais Granick en 1957lui
a opposé l'idée inverse des enzymes évoluant des plus simples vers les
plus complexes par spécialisation progressive, depuis les enzymes les
plus généralistes aux plus spécifiques. Cette hypothèse a été confirmée
par la génétique moléculaire grâce aux travaux de B.P. Nichols dans les
années quatre-vingt.
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