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Savoir-faire
Il est donc illusoire de régler la sensibilité à une valeur très élevée sous prétexte de vouloir enregistrer davantage
de lumière. Non seulement un traitement logiciel aurait eu le même effet, mais par ailleurs cela entraîne une
saturation des zones brillantes de l’image. Pour les astres du ciel profond, la sensibilité peut être fixée quasi
invariablement à 800 ISO.
Lorsque l’objet est très brillant, il y a tout intérêt à opter pour une sensibilité plus basse, notamment pour
réduire le bruit de lecture. Pour la Lune par exemple, une valeur de 100 à 200 ISO est recommandée.
■ Faire la mise au point
Les boîtiers numériques disposent d’une visée « reflex » qui permet de dégrossir la mise au point. En astrophotographie, la précision obtenue est cependant nettement insuffisante. Le zoom disponible sur les fenêtres de
visualisation des images au dos des APN ne délivre pas des images suffisamment piquées pour obtenir une
meilleure précision. On peut utiliser une loupe ou un viseur d’angle, mais ces accessoires sont souvent assez
coûteux et leur grossissement généralement trop faible. Notons que certaines loupes de visée d’anciens boîtiers
argentiques s’adaptent sur les appareils numér iques (cas du système Varimagni d’Olympus, grossissant 2,5× ,
adaptable sur le Canon 350D).
La méthode de mise au point la plus efficace
consiste à réaliser des poses de quelques secondes
sur le ciel, éventuellement en disposant deux fils
perpendiculaires devant l’instrument afin d’obtenir
des aigrettes. On constate au fur et à mesure des
changements de mise au point la netteté des clichés
(taille d’une étoile non saturée ou finesse des
aigrettes de diffraction autour d’une étoile plus
brillante) dans un logiciel photo ou dans un logiciel
spécialisé comme APNfocus (développé par JeanPhilippe Cazard et capable d’ouvrir automatiquement et de comparer des clichés pris à intervalles
réguliers). Cela implique bien entendu d’avoir un
ordinateur portable avec soi. Cette analyse est beaucoupp lus facile et reproductible si l’on dispose de
repères sur le système de mise au point. Une graduation millimétrée sur la crémaillère de mise au
point par exemple, ou un comparateur micrométrique, convient très bien.
Les caméras CCD ne disposent d’aucune visée
permettant de contrôler la mise au point. En
revanche, les logiciels de pilotage permettent souvent de réaliser des clichés en continu et d’afficher la finesse
d’une étoile test (plus précisément la largeur à mi-hauteur, ou FWHM). Cela permet d’obtenir une grande précision, même sans repère gradué sur la crémaillère. Certains logiciels, comme Focusmax, sont dédiés à cette tâche.
Si l’instrument utilisé ne délivre pas un champ plan (ce qui est le cas de nombreux instruments), les étoiles
sont d’autant plus floues vers les bords que la mise au point est fine au centre. Pour capturer un objet très étendu,
un compromis peut être trouvé en réalisant la mise au point non pas sur une étoile placée en plein centre du
champ, mais légèrement décalée, au tiers de la distance centre/bord par exemple. Enfin, aussi précise la mise au
point soit-elle, elle peut varier de manière significative sous l’effet de la température. En général, il est nécessaire
de refaire la mise au point dès que la température varie de plus de 2 ou 3 °C.
Graduation millimétrée et repère métallique collés sur une crémaillère de type Crayford. Grâce à la démultiplication, la précision
sur la mise au point est d’environ 0,05 mm (Photo E. Beaudoin).
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