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Photographier les astres en toutes saisons
■ Cadrer l’objet
Le viseur d’un APN permet de centrer directement un objet brillant, ou d’utiliser certains alignements stellaires
comme repère, d’où un gain de temps. En revanche, il est parfois difficile de cadrer correctement des objets faibles
étendus, car une pose longue est nécessaire pour les entrevoir.
Il peut paraître déroutant de pointer un objet avec une CCD, puisqu’on ne voit rien à travers. Un chercheur
assez puissant devient un outil utile pour dég rossir le cadrage. Par ailleurs, il est beaucoup plus facile d’affiner
l’orientation du champ avec une CCD qu’avec les APN, car leur mode binning permet de voir en quelques
secondes de pose les extensions ténues de l’objet convoité, ou encore de petites nébuleuses insoupçonnées.
Notons enfin que la plupart des logiciels de cartographie céleste permettent de faire figurer et pivoter un rectangle dont la taille est représentative du champ couvert par l’instrument. Cela peut être utile pour déterminer
si des astres étendus, ou même voisins, y logeront. Il faut pour cela que les objets soient représentés avec le plus
de réalisme possible, sans omission des zones les plus faibles par exemple. Des logiciels comme The Sky ou Guide
sont sur ce point assez performants.
■ Dernières vérifications mécaniques
Avant de passer à la phase de prise de vue, il convient de vérifier les points suivants :
•l es axes de la monture doivent être équilibrés : tous les accessoires photos mis en place, il faut pouvoir
desserrer les axes sans que le tube optique ne bouge ;
•l ’entraînement doit être précis : un très léger jeu doit exister sur chaque axe (le backlash en déclinaison)
lorsque l’on tourne manuellement les vis sans fin de la monture (moteur éteint). Si la monture est équipée
d’un système de correction d’erreur périodique (PEC), on peut sacrifier quelques minutes pour l’enregistrement d’une séance avec un guidage très précis. Cela améliorera nettement la qualité du suivi ;
•l es différents éléments doivent être bien serrés : mise au point et guidage méticuleux seront inutiles si l’un
des éléments reliant le détecteur à l’instrument a mal été serré (crémaillère, raccord, diviseur optique…).
Sur les Schmidt-Cassegrain, la mise au point doit se conclure par une rotation de la molette dans le sens
inverse des aiguilles d’une montre afin de stabiliser le miroir ;
•l a monture doit disposer de suffisamment de débattement : avant tout cadrage fin, il faut s’assurer que
l’instrument ne viendra pas buter contre la monture ou le trépied pendant la pose. En cas d’incertitude
sur le débattement disponible, on peut relever l’heure affichée sur le cercle d’ascension droite lorsque
l’objet est pointé puis celle indiquée lorsque le tube arrive en butée. Le temps disponible est simplement
la différence des deux.
Réussir la prise de vue
■ Déterminer le temps de pose
En photographie classique, le bon temps de pose est celui pour lequel le sujet photog raphié est bien exposé,
c’est-à-dire qu’il apparaît ni trop sombre, ni trop clair sur le cliché. En astronomie, cela reste vrai pour les planètes
et pour quelques objets brillants. Mais pour de nombreux astres référencés dans ce livre, le problème se pose
différemment. Puisqu’ils sont très faiblement lumineux, le meilleur temps de pose est généralement le plus long !
Il faudrait pouvoir faire une pose de plusieurs dizaines de minutes, voire de plusieurs heures. De tels temps de
pose sont inapplicables en photographie numérique à cause du signal thermique du détecteur d’une part, et de
la luminosité du ciel de l’autre. La solution consiste à réaliser plusieurs poses courtes.
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