12
Photographier les astres en toutes saisons
elles ne dépassent pas la taille apparente de la minuscule planète Mercure ! À l’inverse, un télescope de grande
focale sera bien adapté pour les petits objets mais ne per mettra pas de réaliser de grands champs stellaires. Les
fiches pratiques du livre donnent pour chaque astre une indication de la focale recommandée (minimale ou
maximale selon les cas). Cela permet d’apprécier si l’instrument est adapté à la photographie que l’on souhaite
réaliser. En fin de compte, l’équipement idéal du photographe (fortuné !) se compose souvent de deux instruments,
par exemple une lunette de focale assez courte pour les grands champs et un télescope de focale plus longue
pour les petits objets. Rien n’empêche enfin de sortir des sentiers battus avec un seul instrument, en photographiant seulement une région précise d’une grande nébuleuse par exemple, ou, au contraire, en restituant un
objet compact dans un vaste champ d’étoiles… Quelques idées sont proposées dans les fiches de ce livre.
■ Choix du détecteur numérique
Description d’un capteur numérique
Un capteur numérique est une surface composée d’éléments microscopiques en silicium, appelés photosites (les
fabricants les appellent pixels… c’est un anglicisme – abréviation de picture elements –, mais aussi un abus de
langage car les pixels sont les éléments constitutifs d’une image, et non d’un détecteur). Un capteur peut être
composé de quelques centaines de millier s à plusieurs millions de photosites. Sa taille est très variable, de moins
de 3 mm de côté à celle d’un film 24 mm × 36 mm. La taille des photosites est de quelques microns. À surface
de détecteur égale, plus les photosites sont petits, meilleure est la résolution, mais moins ils sont sensibles, ce
qui constitue un grave inconvénient en astronomie. Les détecteurs numériques présentent plusieurs avantages
par rapport aux films argentiques.Tout d’abord, ils réagissent mieux à la lumière. À titre indicatif, seulement 5 %
des photons qui viennent frapper un film sont enregistrés, contre plus de 50 % pour les caméras CCD ! Autre
point important, à cause de réactions chimiques non contrôlées qui se produisent dans les émulsions argentiques,
ces dernières voient leur efficacité chuter lors des longues poses.Ainsi, un film pourtant très sensible peut quasiment ne plus rien enregistrer après quelques dizaines de minutes de pose. Pour contrer ce problème, appelé
défaut de réciprocité, les astrophotographes ont longtemps procédé à une « hypersensibilisation », technique
lourde et délicate. Ce problème disparaît avec les détecteurs numériques : leur sensibilité reste constante, que
la pose dure une seconde ou dix minutes !
Les points faibles des détecteurs numériques se résument principalement à deux phénomènes : leur signal
thermique et leur bruit de lecture. Le signal thermique est dû au fait que les photosites ne réagissent pas uniquement à la lumière, mais aussi à la chaleur. Même dans le noir complet, plus le temps de pose est long (ou
plus la température est élevée), plus le capteur enregistre un signal lumineux qui n’existe pas ! Deuxième point
faible, le bruit de lecture du capteur, dû notamment à son électronique, a pour conséquence de rendre les images
granuleuses (et cela même si le temps de pose est très court).
À l’heure actuelle, les capteurs numériques sont présents partout où des images doivent être enregistrées :
appareils photo, caméscopes, caméras vidéo, webcams, mais aussi scanners, photocopieuses, etc.
Choix du capteur pour l’astrophotographie
En astronomie, trois types de dispositifs sont principalement utilisés : les appareils photo numériques (APN), les
caméras CCD et les webcams. Un débutant peut s’orienter vers un APN pour son prix et sa polyvalence. Un
reflex est indispensable, les appareils compacts ne présentant pas les caractér istiques nécessaires pour l’astrophotographie. Après avoir progressé, le photographe peut se tourner vers une caméra CCD, plus chère mais
plus performante. Pour l’imagerie des planètes, une webcam donne de très bons résultats, même si les amateurs
chevronnés leur préfèrent les caméras vidéo haut de gamme.
Caméras CCD
Précisons qu’une caméra CCD ne réalise pas de films, mais seulement des images. Des caméras CCD sont spécialement développées pour l’astronomie par plusieurs constructeurs (SBIG, Apogée, Starlight, FingerLake…).
Même si une caméra CCD a de quoi surprendre le photographe débutant (il n’y a ni viseur, ni objectif, ni bouton
pour déclencher…), il s’agit de l’outil le plus performant pour la photographie des objets faibles décrits dans ce
Photographier les astres en toutes saisons
elles ne dépassent pas la taille apparente de la minuscule planète Mercure ! À l’inverse, un télescope de grande
focale sera bien adapté pour les petits objets mais ne per mettra pas de réaliser de grands champs stellaires. Les
fiches pratiques du livre donnent pour chaque astre une indication de la focale recommandée (minimale ou
maximale selon les cas). Cela permet d’apprécier si l’instrument est adapté à la photographie que l’on souhaite
réaliser. En fin de compte, l’équipement idéal du photographe (fortuné !) se compose souvent de deux instruments,
par exemple une lunette de focale assez courte pour les grands champs et un télescope de focale plus longue
pour les petits objets. Rien n’empêche enfin de sortir des sentiers battus avec un seul instrument, en photographiant seulement une région précise d’une grande nébuleuse par exemple, ou, au contraire, en restituant un
objet compact dans un vaste champ d’étoiles… Quelques idées sont proposées dans les fiches de ce livre.
■ Choix du détecteur numérique
Description d’un capteur numérique
Un capteur numérique est une surface composée d’éléments microscopiques en silicium, appelés photosites (les
fabricants les appellent pixels… c’est un anglicisme – abréviation de picture elements –, mais aussi un abus de
langage car les pixels sont les éléments constitutifs d’une image, et non d’un détecteur). Un capteur peut être
composé de quelques centaines de millier s à plusieurs millions de photosites. Sa taille est très variable, de moins
de 3 mm de côté à celle d’un film 24 mm × 36 mm. La taille des photosites est de quelques microns. À surface
de détecteur égale, plus les photosites sont petits, meilleure est la résolution, mais moins ils sont sensibles, ce
qui constitue un grave inconvénient en astronomie. Les détecteurs numériques présentent plusieurs avantages
par rapport aux films argentiques.Tout d’abord, ils réagissent mieux à la lumière. À titre indicatif, seulement 5 %
des photons qui viennent frapper un film sont enregistrés, contre plus de 50 % pour les caméras CCD ! Autre
point important, à cause de réactions chimiques non contrôlées qui se produisent dans les émulsions argentiques,
ces dernières voient leur efficacité chuter lors des longues poses.Ainsi, un film pourtant très sensible peut quasiment ne plus rien enregistrer après quelques dizaines de minutes de pose. Pour contrer ce problème, appelé
défaut de réciprocité, les astrophotographes ont longtemps procédé à une « hypersensibilisation », technique
lourde et délicate. Ce problème disparaît avec les détecteurs numériques : leur sensibilité reste constante, que
la pose dure une seconde ou dix minutes !
Les points faibles des détecteurs numériques se résument principalement à deux phénomènes : leur signal
thermique et leur bruit de lecture. Le signal thermique est dû au fait que les photosites ne réagissent pas uniquement à la lumière, mais aussi à la chaleur. Même dans le noir complet, plus le temps de pose est long (ou
plus la température est élevée), plus le capteur enregistre un signal lumineux qui n’existe pas ! Deuxième point
faible, le bruit de lecture du capteur, dû notamment à son électronique, a pour conséquence de rendre les images
granuleuses (et cela même si le temps de pose est très court).
À l’heure actuelle, les capteurs numériques sont présents partout où des images doivent être enregistrées :
appareils photo, caméscopes, caméras vidéo, webcams, mais aussi scanners, photocopieuses, etc.
Choix du capteur pour l’astrophotographie
En astronomie, trois types de dispositifs sont principalement utilisés : les appareils photo numériques (APN), les
caméras CCD et les webcams. Un débutant peut s’orienter vers un APN pour son prix et sa polyvalence. Un
reflex est indispensable, les appareils compacts ne présentant pas les caractér istiques nécessaires pour l’astrophotographie. Après avoir progressé, le photographe peut se tourner vers une caméra CCD, plus chère mais
plus performante. Pour l’imagerie des planètes, une webcam donne de très bons résultats, même si les amateurs
chevronnés leur préfèrent les caméras vidéo haut de gamme.
Caméras CCD
Précisons qu’une caméra CCD ne réalise pas de films, mais seulement des images. Des caméras CCD sont spécialement développées pour l’astronomie par plusieurs constructeurs (SBIG, Apogée, Starlight, FingerLake…).
Même si une caméra CCD a de quoi surprendre le photographe débutant (il n’y a ni viseur, ni objectif, ni bouton
pour déclencher…), il s’agit de l’outil le plus performant pour la photographie des objets faibles décrits dans ce
