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Radioprotection et ingénierie nucléaire
À Tcheliabinsk, Oural (29 septembre 1957), une très large étendue de territoires dans les
monts Oural a été contaminée par un rejet accidentel de produits de fission, survenue dans
une installation secrète datant de l’immédiat après-guerre et révélé en 1990 par un réfugié
politique (Nénot, 1994). En réalité, la population était déjà chroniquement exposée depuis
le début des années 1950 par les rejets considérables du complexe militaire, dont près de
40 EBq dans les eaux de rivière. Les 7500 habitants de vingt villages ont été évacués de
façon définitive.
L’accident survenu en 1961 en Atlantique montre les conséquences que peut avoir la
recherche du secret à tout prix : pour ne pas abandonner un sous-marin nucléaire et
risquer de le voir récupérer par des armées rivales, l’équipage a procédé à des réparations
de fortune, au cours desquelles plusieurs membres de l’équipage ont reçu de très fortes
doses, responsables de huit décès.
Bien qu’elles ne puissent pas être qualifiées d’accidentelles, les pertes d’armes et de réacteurs nucléaires militaires ne peuvent pas être passées sous silence ; les causes ont été
multiples : accidents aériens, tirs ratés, réacteurs de navires coulés, réacteurs de satellites
désintégrés lors de leur retour dans l’atmosphère. Du côté américain on décompte 7 pertes
en mer d’armes nucléaires entre 1950 et 1965, 3 missiles abîmés en mer, 2 sous-marins
perdus avec leurs réacteurs et 3 chutes de satellites (Mettler, 1990). Du côté soviétique,
7 naufrages de sous-marins porteurs d’armes entre 1968 et 1989 ainsi qu’un destroyer
perdu en mer Noire en 1974.
Les leçons de ces accidents de causes et de conséquences variées sont évidentes :
– Les impératifs militaires relèvent beaucoup plus du secret et du but recherché que de
soucis de sûreté et de protection. Seul un changement radical des mentalités, en premier
lieu des responsables politiques, souligné par un souci de transparence, permettrait aux
installations militaires des différents pays et aux opérations afférentes de posséder des
niveaux de sûreté comparables aux meilleures installations civiles.
– Il est évident que les connaissances sur ce genre d’accidents et sur leurs conséquences
ne sont, encore aujourd’hui, que très fragmentaires et incomplètes.
A1.4. Conclusions
Les conclusions à tirer du retour d’expérience concernent d’une part le diagnostic de
l’accident et de la maladie présentée par les victimes et d’autre part la gestion technique
de l’accident et le traitement de l’accidenté.
A1.4.1. Diagnostic de l’accident
Les cas où l’accident n’est reconnu que tardivement sont trop nombreux. Il est possible
d’imaginer que des accidents comparables dans leurs circonstances de survenue aient pu
passer inaperçus. Quel que soit le délai écoulé entre l’événement initial et la découverte
de l’accident, le temps perdu est porteur de conséquences graves : accroissement du
nombre de victimes, aggravation de leur état, difficultés de diagnostic et de traitement. La
prévention est essentielle et doit porter à tous les niveaux : réglementations adaptées,
formation du personnel, volonté de transparence. Ces conditions qui relèvent du bon sens
permettraient de réduire le nombre de sources perdues et leur accessibilité à des personnes
non averties. Les efforts doivent porter particulièrement sur le facteur humain : la plupart
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