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Radioprotection et ingénierie nucléaire
facilitent la prise rapide du greffon en contribuant à la maturation des cellules du donneur
(accident de Soreq).
A1.1.2. Gestion délicate
La gestion de l’accident devient délicate dès que des difficultés d’ordre médical surviennent, en raison de la nature et de la gravité des lésions. Deux exemples récents sont fournis
par un accident avec une source de gammagraphie et un accident de criticité, tous deux
survenus en 1999.
À Yanango, Pérou (20 février 1999), une source industrielle d’iridium 192, perdue sur un
chantier, a été ramenée par un employé à son domicile ; elle n’a été retrouvée qu’après
10 heures de recherches (IAEA, 2000a). Les doses à la cuisse ont été estimées entre 10 et
30 Gy. Des traitements faisant appel aux techniques les plus modernes, pratiquées en
France où la victime fut évacuée, ont apporté une amélioration transitoire. Une rechute
dramatique survint au bout de six mois, avec apparition de lésions profondes au niveau du
bassin, que ni la clinique ni la dosimétrie ne laissaient prévoir. Un an après l’accident, la
victime était dans un état désespéré.
À Tokaï-Mura, Japon (30 septembre 1999), trois travailleurs d’une usine de fabrication du
combustible ont subi une exposition mixte gamma neutron dans un rapport d’environ
60/40 lors d’une opération banale de dissolution d’oxyde d’uranium (IPSN, 1999). La
masse d’uranium enrichi de 16 kg dépassait largement la masse autorisée de 2 kg et la
masse critique de 5,5 kg (pour l’uranium enrichi à 18,8 %). Deux patients ont présenté une
aplasie grave compliquée par des brûlures profondes et étendues. Les soins médicaux ont
fait appel aux techniques les plus modernes. La victime la plus gravement atteinte (environ
10 Gy) a reçu un facteur de croissance (G-CSF) et une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques. La deuxième victime (environ 5 Gy) a reçu une greffe de cordon ombilical,
d’efficacité limitée, puisque sa propre moelle s’est reconstituée en partie en quelques
semaines (IAEA, 1999). Malgré leurs effets bénéfiques sur l’hématopoïèse, ces deux traitements n’ont pas pu enrayer la survenue d’un syndrome de défaillance multiviscérale,
entraînant la mort en 83 jours pour le premier patient et 211 jours pour le second.
Ces deux accidents permettent de tirer les leçons suivantes :
– Le facteur humain joue un rôle très important dans la genèse des accidents. Il est source
d’erreurs graves de jugement, entraînant des prises de décisions lourdes de conséquences,
toujours étonnantes chez des techniciens chevronnés.
– La reconstitution dosimétrique, quand elle repose sur des informations sûres, apporte
aux médecins des éléments d’appréciation irremplaçables ; elle permet de prendre au bon
moment les décisions opportunes, évitant ainsi au patient un grand lot de souffrances.
Cependant, elle ne peut préjuger de l’évolution clinique, en particulier des rechutes
d’organes vitaux dont les lésions ont une évolution lente.
– L’efficacité des nouvelles thérapeutiques ne doit pas faire oublier qu’un irradié est un
polytraumatisé et que les greffes de cellules hématopoïétiques, quelles qu’en soient
l’origine et l’importance des effets secondaires, ont des indications très limitées dans les
accidents d’irradiation.
– Les irradiations mixtes avec une composante neutronique importante provoquent des
lésions particulières difficiles à gérer.
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