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Radioprotection et ingénierie nucléaire
15.5.2. Détermination des valeurs monétaires
de référence de l’homme-sievert
15.5.2.1. Méthode du capital humain
La méthode du capital humain consiste à admettre que la valeur monétaire accordée à
une année de vie, ou valeur de la vie humaine, est égale à la contribution moyenne d’un
individu à la richesse nationale, l’idée étant que chaque individu participe à cette
richesse et donc contribue ainsi au bien-être social. Si quelqu’un décède du fait d’un
accident ou d’une maladie avant l’âge théorique correspondant à son espérance de vie,
il existe une perte de contribution à la richesse nationale. C’est le premier concept qui
a émergé au niveau de l’économie pour tenter de donner une expression monétaire à la
vie humaine.
En ce qui concerne la radioprotection, il est d’usage de prendre comme indicateur pour le
capital humain, le produit intérieur brut (PIB) par tête, c’est-à-dire la contribution individuelle moyenne à la valeur ajoutée nationale chaque année. En 2000, le PIB par tête en
France était d’environ 22 k€. Cette valeur peut ainsi être assimilée à la valeur monétaire
d’une année de vie.
En ce qui concerne l’exposition aux rayonnements ionisants, la valeur monétaire associée
à un effet radio-induit mortel (ou équivalent) est obtenue en considérant une perte d’espérance de vie d’environ 16 années, soit une valeur de monétaire de l’ordre de 352 k€ par
effet radio-induit. Dès lors, en utilisant la probabilité d’occurrence d’un effet radio-induit
pour une exposition d’un homme-sievert, soit 5,6 × 10 –2 pour une population de
travailleurs adultes, la valeur monétaire des effets sanitaires associée à un homme-sievert
peut être estimée à environ 20 k€. Le calcul qui conduit à cette valeur est le suivant.
– Comme un effet radio-induit correspond environ à 16 années de vie perdues, la valeur
monétaire d’un effet est égale à :
16 ans × 22 k€ = 352 k€
– et la valeur monétaire de l’homme-sievert est égale à :
322 k€ × 5,6 × 10 –2 Effet/homme-sievert Ӎ 20 k€/homme-sievert.
15.5.2.2. Prise en compte de l’aversion au risque
C’est la publication 37 de la CIPR qui, dix ans après l’introduction du concept de valeur
monétaire de l’homme-sievert, a posé la question de l’aversion au risque. Cette dernière
permet de prendre en considération la répartition du risque individuel au sein d’une population exposée. Ainsi, une dose collective d’un homme-sievert résultant de l’exposition de
10 personnes à 100 mSv et la même dose collective résultant de l’exposition de 1000
personnes à 1 mSv ne seront pas évaluées de la même façon du point de vue monétaire,
bien que le risque sanitaire potentiel soit identique sur le plan collectif étant donné l’adoption de l’hypothèse d’une relation dose-effet linéaire sans seuil. Plus le risque pour les individus augmente, plus la volonté de les protéger et la propension à dépenser de l’argent
pour réduire les risques, sont forts.
La prise en compte de l’aversion au risque dans l’évaluation de la valeur monétaire de
l’homme-sievert peut se traduire par les trois objectifs suivants en termes de réduction des
expositions individuelles et collectives :
Radioprotection et ingénierie nucléaire
15.5.2. Détermination des valeurs monétaires
de référence de l’homme-sievert
15.5.2.1. Méthode du capital humain
La méthode du capital humain consiste à admettre que la valeur monétaire accordée à
une année de vie, ou valeur de la vie humaine, est égale à la contribution moyenne d’un
individu à la richesse nationale, l’idée étant que chaque individu participe à cette
richesse et donc contribue ainsi au bien-être social. Si quelqu’un décède du fait d’un
accident ou d’une maladie avant l’âge théorique correspondant à son espérance de vie,
il existe une perte de contribution à la richesse nationale. C’est le premier concept qui
a émergé au niveau de l’économie pour tenter de donner une expression monétaire à la
vie humaine.
En ce qui concerne la radioprotection, il est d’usage de prendre comme indicateur pour le
capital humain, le produit intérieur brut (PIB) par tête, c’est-à-dire la contribution individuelle moyenne à la valeur ajoutée nationale chaque année. En 2000, le PIB par tête en
France était d’environ 22 k€. Cette valeur peut ainsi être assimilée à la valeur monétaire
d’une année de vie.
En ce qui concerne l’exposition aux rayonnements ionisants, la valeur monétaire associée
à un effet radio-induit mortel (ou équivalent) est obtenue en considérant une perte d’espérance de vie d’environ 16 années, soit une valeur de monétaire de l’ordre de 352 k€ par
effet radio-induit. Dès lors, en utilisant la probabilité d’occurrence d’un effet radio-induit
pour une exposition d’un homme-sievert, soit 5,6 × 10 –2 pour une population de
travailleurs adultes, la valeur monétaire des effets sanitaires associée à un homme-sievert
peut être estimée à environ 20 k€. Le calcul qui conduit à cette valeur est le suivant.
– Comme un effet radio-induit correspond environ à 16 années de vie perdues, la valeur
monétaire d’un effet est égale à :
16 ans × 22 k€ = 352 k€
– et la valeur monétaire de l’homme-sievert est égale à :
322 k€ × 5,6 × 10 –2 Effet/homme-sievert Ӎ 20 k€/homme-sievert.
15.5.2.2. Prise en compte de l’aversion au risque
C’est la publication 37 de la CIPR qui, dix ans après l’introduction du concept de valeur
monétaire de l’homme-sievert, a posé la question de l’aversion au risque. Cette dernière
permet de prendre en considération la répartition du risque individuel au sein d’une population exposée. Ainsi, une dose collective d’un homme-sievert résultant de l’exposition de
10 personnes à 100 mSv et la même dose collective résultant de l’exposition de 1000
personnes à 1 mSv ne seront pas évaluées de la même façon du point de vue monétaire,
bien que le risque sanitaire potentiel soit identique sur le plan collectif étant donné l’adoption de l’hypothèse d’une relation dose-effet linéaire sans seuil. Plus le risque pour les individus augmente, plus la volonté de les protéger et la propension à dépenser de l’argent
pour réduire les risques, sont forts.
La prise en compte de l’aversion au risque dans l’évaluation de la valeur monétaire de
l’homme-sievert peut se traduire par les trois objectifs suivants en termes de réduction des
expositions individuelles et collectives :
