15 - Optimisation
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Avant le paragraphe suivant, il est indispensable de rappeler que la valeur monétaire de
l’homme-sievert évité ne représente pas l’essentiel de la démarche d’optimisation mais
bien un outil. L’essentiel est de garder à l’esprit que la décision finale sera le résultat d’une
réflexion multi-critères et que l’utilisation d’une méthode utilisant la valeur monétaire de
l’homme-sievert évité reste un éclairage dans cette démarche.
15.5. Valeur monétaire de l’homme-sievert
15.5.1. Le concept
La mise en œuvre de la démarche ALARA dans le cadre de la radioprotection a pour but
de maîtriser les expositions individuelles et collectives et d’en assurer une gestion rationnelle. L’objectif de cette politique est, conformément aux recommandations de la publication 60 de la CIPR, de faire en sorte que « l’importance des doses individuelles, le
nombre de personnes exposées, (soient) maintenus aussi bas qu’il est raisonnablement
possible compte tenu des facteurs économiques et sociaux, (et que) cette procédure
(d’optimisation) (soit) mise en œuvre avec des restrictions sur les doses individuelles afin
de limiter l’iniquité susceptible de résulter de situations particulières ». En vue de
comparer les coûts de protection avec les bénéfices attendus en termes de dose évitée, la
CIPR a, depuis sa publication 26, préconisé la définition d’un système de valeurs monétaires de référence de l’unité de dose collective.
Cette valeur ou ce système de valeurs devra donc traduire ce que l’entreprise ou la société
est prête à dépenser pour éviter un éventuel effet sanitaire induit par l’exposition aux
rayonnements. Il s’agit d’une grandeur (ou d’un ensemble de grandeurs) définie(s) a
priori 2 . En adoptant, comme la CIPR le recommande, l’hypothèse d’une relation linéaire
et sans seuil pour les faibles niveaux d’exposition aux rayonnements ionisants, il est
possible de déterminer la valeur monétaire de l’homme-sievert comme étant égale à la
probabilité d’occurrence d’un effet sanitaire (pour une exposition d’un homme-sievert)
multipliée par la valeur monétaire de cet effet. Les effets sanitaires (cancers, effets héréditaires…) pouvant être traduits en termes d’années de vie perdues, leur valeur monétaire
s’apparente ainsi à une valeur monétaire de la vie humaine.
À ce stade, il est important de bien faire la différence entre cette grandeur définie a priori,
et le coût de protection associé à l’action de radioprotection, c’est-à-dire le montant financier qui sera dépensé effectivement pour réduire les expositions si l’action est réalisée. De
même, il ne faut pas confondre la valeur monétaire de l’homme-sievert avec le coût implicite de l’homme-sievert évité, c’est-à-dire ce que coûte la suppression d’une unité de dose
associée à une action de protection particulière si elle est réalisée.
2 Il a parfois été reproché au principe d’optimisation d’assigner une valeur monétaire à l’unité collective
d’exposition, ce qui revient à chiffrer le prix de la vie humaine. Alors que cette approche est acceptée quand il
s’agit d’indemnisation (les compagnies d’assurance ont des barèmes très détaillés), elle l’est encore difficilement
dans le domaine de la radioprotection, car jugée contraire à l’éthique. En fait, cette attitude est erronée car il ne
faut pas confondre « prix » d’une vie humaine et « coût » nécessaire pour la sauver. Mais il faut, bien entendu,
se rappeler aussi que l’on raisonne ici, comme toujours en matière de prise de décision dans des politiques de
prévention ou de précaution, sur des vies « statistiques » à sauver et non pas sur des individus identifiés.
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Avant le paragraphe suivant, il est indispensable de rappeler que la valeur monétaire de
l’homme-sievert évité ne représente pas l’essentiel de la démarche d’optimisation mais
bien un outil. L’essentiel est de garder à l’esprit que la décision finale sera le résultat d’une
réflexion multi-critères et que l’utilisation d’une méthode utilisant la valeur monétaire de
l’homme-sievert évité reste un éclairage dans cette démarche.
15.5. Valeur monétaire de l’homme-sievert
15.5.1. Le concept
La mise en œuvre de la démarche ALARA dans le cadre de la radioprotection a pour but
de maîtriser les expositions individuelles et collectives et d’en assurer une gestion rationnelle. L’objectif de cette politique est, conformément aux recommandations de la publication 60 de la CIPR, de faire en sorte que « l’importance des doses individuelles, le
nombre de personnes exposées, (soient) maintenus aussi bas qu’il est raisonnablement
possible compte tenu des facteurs économiques et sociaux, (et que) cette procédure
(d’optimisation) (soit) mise en œuvre avec des restrictions sur les doses individuelles afin
de limiter l’iniquité susceptible de résulter de situations particulières ». En vue de
comparer les coûts de protection avec les bénéfices attendus en termes de dose évitée, la
CIPR a, depuis sa publication 26, préconisé la définition d’un système de valeurs monétaires de référence de l’unité de dose collective.
Cette valeur ou ce système de valeurs devra donc traduire ce que l’entreprise ou la société
est prête à dépenser pour éviter un éventuel effet sanitaire induit par l’exposition aux
rayonnements. Il s’agit d’une grandeur (ou d’un ensemble de grandeurs) définie(s) a
priori 2 . En adoptant, comme la CIPR le recommande, l’hypothèse d’une relation linéaire
et sans seuil pour les faibles niveaux d’exposition aux rayonnements ionisants, il est
possible de déterminer la valeur monétaire de l’homme-sievert comme étant égale à la
probabilité d’occurrence d’un effet sanitaire (pour une exposition d’un homme-sievert)
multipliée par la valeur monétaire de cet effet. Les effets sanitaires (cancers, effets héréditaires…) pouvant être traduits en termes d’années de vie perdues, leur valeur monétaire
s’apparente ainsi à une valeur monétaire de la vie humaine.
À ce stade, il est important de bien faire la différence entre cette grandeur définie a priori,
et le coût de protection associé à l’action de radioprotection, c’est-à-dire le montant financier qui sera dépensé effectivement pour réduire les expositions si l’action est réalisée. De
même, il ne faut pas confondre la valeur monétaire de l’homme-sievert avec le coût implicite de l’homme-sievert évité, c’est-à-dire ce que coûte la suppression d’une unité de dose
associée à une action de protection particulière si elle est réalisée.
2 Il a parfois été reproché au principe d’optimisation d’assigner une valeur monétaire à l’unité collective
d’exposition, ce qui revient à chiffrer le prix de la vie humaine. Alors que cette approche est acceptée quand il
s’agit d’indemnisation (les compagnies d’assurance ont des barèmes très détaillés), elle l’est encore difficilement
dans le domaine de la radioprotection, car jugée contraire à l’éthique. En fait, cette attitude est erronée car il ne
faut pas confondre « prix » d’une vie humaine et « coût » nécessaire pour la sauver. Mais il faut, bien entendu,
se rappeler aussi que l’on raisonne ici, comme toujours en matière de prise de décision dans des politiques de
prévention ou de précaution, sur des vies « statistiques » à sauver et non pas sur des individus identifiés.
