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Radioprotection et ingénierie nucléaire
interpréter et n’apparaissent qu’à des doses élevées relevant plus de la radiothérapie que
de la radioprotection.
Il faut toutefois attirer l’attention sur l’application en termes d’emploi de ces éventuels tests
pour détecter la prédisposition génétique d’un individu. Comme pour d’autres secteurs
d’activités, l’hypothèse d’une éventuelle « sélection génétique » qui pourrait en découler
à l’embauche soulève des problèmes éthiques et sociaux considérables.
1.6.7. Effets combinés des rayonnements
et d’autres polluants
La relation dose-effet aux faibles doses est actuellement mal connue aussi bien pour les
rayonnements ionisants que pour les autres polluants (amiante, tabac, solvants, etc.). Il est
donc très difficile de prédire des effets combinés. Toutefois, il faut noter que les estimations
de risques de la CIPR sont faites à partir de populations soumises à des effets combinés
(Hiroshima-Nagasaki) puisque c’est le lot de tout individu dans le monde actuel. On peut
raisonnablement penser que ces coefficients de risque prennent bien en compte ces effets
combinés. Il ressort toutefois que, parmi les cofacteurs fréquemment rencontrés, le tabac
a un effet dominant.
1.7. La réflexion en cours à la CIPR pouvant
modifier le système de protection radiologique
Nous avons vu tout au long de ce chapitre que certains points des bases de la protection
radiologique pouvaient dans un avenir plus ou moins proche, changer.
1.7.1. Pourquoi modifier le système ?
Plusieurs raisons de modifier sensiblement le système sont apparues (Sugier et Nenot,
2005) :
– Depuis 1990, la connaissance des effets des radiations s’est affinée, tant au niveau des
mécanismes qu’au niveau de l’épidémiologie. Ceci conduit la CIPR à proposer des valeurs
du détriment total (cancers plus effets héréditaires) légèrement plus faibles aujourd’hui
qu’en 1990 (6,5 % par sievert pour les populations et 4,9 % pour les travailleurs au lieu
de 7,3 et 5,6 respectivement). Mais les connaissances scientifiques acquises depuis une
quinzaine d’années, si importantes soient-elles, ne justifient pas de remaniement en
profondeur du système de radioprotection, ni de modifications notables des limites réglementaires. Seuls des ajustements des facteurs de pondération W R et W T seront prochainement proposés, le point le plus marquant étant la baisse du risque héréditaire (voir les
paragraphes 1.4.3 et 1.4.4).
– Le retour d’expérience de l’application des recommandations de 1990 de la CIPR, bien
que récent dans certains pays, (la France n’a transposé ces recommandations qu’en 2002
– voir Chapitre 14) a montré que le système paraissait complexe et soulevait parfois des
problèmes pratiques difficiles à résoudre. Notons par exemple la frontière entre pratique
et intervention. Le public a du mal a comprendre que la limite de dose pour le public soit
fixée à 1 mSv, valeur inférieure au bruit de fond naturel. De plus cette limite ne s’applique
pas dans les situations d’urgence.
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