14 - Réglementation, organisation
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14.1.2.2. Le principe d’optimisation de la radioprotection
Dans la logique de l’hypothèse de l’existence d’un risque quel que soit le niveau d’exposition, la CIPR a préconisé une philosophie de la radioprotection basée sur la recherche
systématique du risque minimum, voire du risque nul. Cette philosophie a été formulée au
départ par la recommandation de « réduire au plus bas niveau possible » les expositions
(ICRP, 1951). Toutefois, cette formulation un peu brutale risquait, selon l’interprétation du
mot « possible », de remettre en cause l’existence même de toute activité générant ou utilisant des rayonnements ionisants, ce qui était contestable dès lors que le principe de justification était lui-même correctement appliqué préalablement.
Toute activité humaine comporte un risque et si une activité nouvelle se développe malgré
le risque qu’elle présente, c’est qu’elle répond, en principe, à une demande économique
ou sociale. Dans ce cas, sa suppression pénalise la collectivité et ne se comprend que si
l’activité n’est pas justifiée au sens de la CIPR. Si la pratique est justifiée, l’objectif de
réduction du risque jusqu’au risque nul apparaît dans la plupart des cas comme irréaliste,
voire déraisonnable, tant sur le plan de l’allocation des ressources sociales que sur celui
de la juste répartition du risque.
En effet, en termes économiques, l’objectif de risque nul est difficile à atteindre, car dans
le domaine de la protection, comme dans bien d’autres domaines, on se heurte à la « loi
des rendements décroissants ». Selon cette loi, les premières actions de protection sont
généralement peu coûteuses et très efficaces puis, au fur et à mesure que l’on continue à
réduire le risque, il faut mettre en œuvre des ressources de plus en plus importantes pour
un résultat de plus en plus ténu. Il ne serait pas raisonnable de vouloir réduire le risque à
un niveau tel que les dépenses de protection remettent en cause la viabilité même de
l’activité.
En second lieu, vouloir atteindre le risque nul pour une population donnée, sans
supprimer l’activité humaine correspondante, revient souvent à déplacer le problème et à
transférer le risque sur d’autres groupes (du public vers les travailleurs, par exemple).
Sur la base de ces considérations, la philosophie de la radioprotection développée au
travers des recommandations de la CIPR a progressivement évolué au cours du temps pour
intégrer au mieux la réduction du risque radiologique dans le contexte économique et
social. La formulation initiale des recommandations est ainsi devenue en 1959 « aussi bas
qu’il est praticable », puis en 1966 « aussi bas qu’il est aisément possible compte tenu des
considérations économiques et sociales » pour enfin se figer en 1977 dans la formule
« aussi bas qu’il est raisonnablement possible compte tenu des facteurs économiques et
sociaux » (ICRP, 1977). Elle est connue dans le milieu de la radioprotection sous le nom
de principe « ALARA » acronyme de l’expression anglaise « As Low As Reasonably
Achievable ». En 1991, dans ses dernières recommandations, la CIPR a encore insisté sur
l’importance du principe ALARA et mis l’accent sur les problèmes d’équité associés à la
distribution des risques dans les populations exposées (ICRP, 1991).
14.1.2.3. La limitation des expositions individuelles
Alors que le concept de limite de dose pour les effets déterministes renvoie à la notion
de seuil, dans le cadre de la gestion des effets stochastiques la limite se fonde sur des
considérations relatives à l’acceptabilité du risque résiduel. Dans ce cas, en effet, le
respect de la limite ne permet pas d’assurer que des effets sanitaires n’apparaîtront pas,
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14.1.2.2. Le principe d’optimisation de la radioprotection
Dans la logique de l’hypothèse de l’existence d’un risque quel que soit le niveau d’exposition, la CIPR a préconisé une philosophie de la radioprotection basée sur la recherche
systématique du risque minimum, voire du risque nul. Cette philosophie a été formulée au
départ par la recommandation de « réduire au plus bas niveau possible » les expositions
(ICRP, 1951). Toutefois, cette formulation un peu brutale risquait, selon l’interprétation du
mot « possible », de remettre en cause l’existence même de toute activité générant ou utilisant des rayonnements ionisants, ce qui était contestable dès lors que le principe de justification était lui-même correctement appliqué préalablement.
Toute activité humaine comporte un risque et si une activité nouvelle se développe malgré
le risque qu’elle présente, c’est qu’elle répond, en principe, à une demande économique
ou sociale. Dans ce cas, sa suppression pénalise la collectivité et ne se comprend que si
l’activité n’est pas justifiée au sens de la CIPR. Si la pratique est justifiée, l’objectif de
réduction du risque jusqu’au risque nul apparaît dans la plupart des cas comme irréaliste,
voire déraisonnable, tant sur le plan de l’allocation des ressources sociales que sur celui
de la juste répartition du risque.
En effet, en termes économiques, l’objectif de risque nul est difficile à atteindre, car dans
le domaine de la protection, comme dans bien d’autres domaines, on se heurte à la « loi
des rendements décroissants ». Selon cette loi, les premières actions de protection sont
généralement peu coûteuses et très efficaces puis, au fur et à mesure que l’on continue à
réduire le risque, il faut mettre en œuvre des ressources de plus en plus importantes pour
un résultat de plus en plus ténu. Il ne serait pas raisonnable de vouloir réduire le risque à
un niveau tel que les dépenses de protection remettent en cause la viabilité même de
l’activité.
En second lieu, vouloir atteindre le risque nul pour une population donnée, sans
supprimer l’activité humaine correspondante, revient souvent à déplacer le problème et à
transférer le risque sur d’autres groupes (du public vers les travailleurs, par exemple).
Sur la base de ces considérations, la philosophie de la radioprotection développée au
travers des recommandations de la CIPR a progressivement évolué au cours du temps pour
intégrer au mieux la réduction du risque radiologique dans le contexte économique et
social. La formulation initiale des recommandations est ainsi devenue en 1959 « aussi bas
qu’il est praticable », puis en 1966 « aussi bas qu’il est aisément possible compte tenu des
considérations économiques et sociales » pour enfin se figer en 1977 dans la formule
« aussi bas qu’il est raisonnablement possible compte tenu des facteurs économiques et
sociaux » (ICRP, 1977). Elle est connue dans le milieu de la radioprotection sous le nom
de principe « ALARA » acronyme de l’expression anglaise « As Low As Reasonably
Achievable ». En 1991, dans ses dernières recommandations, la CIPR a encore insisté sur
l’importance du principe ALARA et mis l’accent sur les problèmes d’équité associés à la
distribution des risques dans les populations exposées (ICRP, 1991).
14.1.2.3. La limitation des expositions individuelles
Alors que le concept de limite de dose pour les effets déterministes renvoie à la notion
de seuil, dans le cadre de la gestion des effets stochastiques la limite se fonde sur des
considérations relatives à l’acceptabilité du risque résiduel. Dans ce cas, en effet, le
respect de la limite ne permet pas d’assurer que des effets sanitaires n’apparaîtront pas,
