13 - Les dispositifs de protection contre la contamination interne
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Les arguments mis en avant pour utiliser ce mode de surveillance concernent son coût
moindre et une gestion simplifiée par rapport à l’emploi d’échantillonneurs individuels,
parfois le fait que le volume d’air échantillonné soit plus important. Cependant il est
inexact de considérer qu’un prélèvement à poste fixe conduit à un résultat qui soit représentatif de l’ensemble de l’environnement de travail simplement parce que le débit de
prélèvement est élevé.
Prélèvement individuel
La surveillance individuelle s’effectue à l’aide de dispositifs de prélèvement individuel (ou
personnel). Un tel dispositif est positionné directement sur l’opérateur dont on souhaite
déterminer l’exposition et porté de façon continue durant le travail. Ce préleveur est placé
le plus près possible du nez et de la bouche, dans la zone dite « respiratoire » de l’opérateur (Norme expérimentale XP X 43-298). Le prélèvement, effectué généralement à un
débit faible et réglable (1 à 5 l>min –1 ), autorise dans la grande majorité des cas une mesure
globale, c’est-à-dire de la concentration de l’aérosol (par opposition à une mesure de la
granulométrie). Ce mode de surveillance nécessite un investissement important en coût et
en gestion. De plus, la coopération de l’opérateur liée à la gêne du dispositif est requise.
Néanmoins, la surveillance individuelle est considérée par la communauté des hygiénistes
comme la seule véritablement fiable. Les raisons qui conduisent au choix de ce mode de
surveillance sont basées sur :
– la variation des caractéristiques (granulométrie et concentration) de la contamination
d’un point à un autre de l’environnement de travail,
– la mobilité de l’opérateur dans cet environnement,
– la représentativité du prélèvement individuel en regard de ce qui est réellement inhalé.
Les deux premiers points reposent sur des faits conduisant à la variation de l’exposition
d’une personne en fonction de ses déplacements. Le dernier point relève du concept de
proximité. Celui-ci fait l’hypothèse de l’uniformité des caractéristiques de la contamination dans la zone respiratoire et donc de l’équivalence des transferts entre la source et la
bouche et/ou le nez de l’opérateur d’une part, et entre la source et l’orifice de captage du
préleveur d’autre part. Les paramètres influant sur l’uniformité de l’aérosol font que cette
hypothèse peut se révéler fausse et qu’il est inexact de considérer qu’un préleveur individuel échantillonne correctement ce que l’opérateur inhale simplement parce qu’il est situé
dans la zone respiratoire.
Lorsqu’un dispositif de prélèvement individuel est utilisé dans le cadre d’une étude de
poste pour in fine évaluer l’exposition d’un opérateur, la performance réelle (c’est-à-dire
son efficacité d’échantillonnage) du dispositif choisi doit être prise en compte. Par
exemple, une étude européenne (Kenny et al., 1997) a évalué les performances de différents dispositifs par rapport à la convention inhalable de la figure 13.1.
Une norme européenne est en cours d’élaboration sur l’évaluation des performances des
dispositifs de prélèvement d’aérosols utilisés dans les atmosphères des lieux de travail
(prEN 13205), les différentes méthodologies utilisées lors des essais diffèrent sensiblement.
En effet, ces méthodes d’essai sont bien souvent propres à chaque équipe de recherche et
développement. De ce fait, il n’est pas rare de trouver dans la littérature des résultats qui
diffèrent pour un même dispositif de prélèvement. Des discussions et des recherches sont
actuellement en cours afin d’harmoniser et de simplifier les méthodes actuelles, notamment
pour évaluer les performances dans des conditions de vitesse d’air représentatives d’un lieu
de travail (vitesse typiquement de l’ordre de la dizaine de centimètres par seconde).
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