1 - Les bases de la protection radiologique
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Comment en est-elle arrivée à ces valeurs ? La CIPR a étudié l’espérance de vie d’une
population exposée aux rayonnements ionisants. Elle compare ce qu’il adviendrait en cas
d’une exposition, chaque année à la limite d’exposition et ce durant toute la vie professionnelle, aux courbes d’espérance de vie des populations de référence (Figure 1.8 a).
Compte tenu des facteurs de risque qu’elle a choisi et du temps de latence des différents
cancers qui peuvent résulter d’une exposition aux rayonnements ionisants, elle a évalué
la perte d’espérance de vie pour différents niveaux de dose, allant de 50 mSv.an
–1
(figure 1.8.b) à 20 mSv.an –1 et en a déduit que la valeur de 20 mSv.an –1 ne modifiait en
rien l’espérance de vie d’un travailleur qui y serait exposé durant toute sa vie professionnelle. Elle considère alors que le risque lié à une exposition de 20 mSv.an –1 est acceptable
et c’est cette limite qu’elle recommande pour réglementer l’exposition aux risques liés aux
rayonnements ionisants. Malgré cette considération, la CIPR recommande toutefois, nous
l’avons vu dans la définition du principe d’optimisation, qu’il est recommandé de tendre
vers une exposition la plus faible possible.
1.6. Évolutions prévisibles des bases scientifiques
et leurs répercussions potentielles sur
le système de protection radiologique
Après les débats souvent très vifs qui ont entouré l’adoption en 1990 de nouvelles recommandations par la CIPR (CIPR 60) pour la protection des personnes à l’égard des rayonnements ionisants et au moment où les différents pays appliquent dans leur réglementation
ces recommandations plus restrictives, il est nécessaire de se poser la question suivante :
des avancées scientifiques en radiobiologie et radiopathologie peuvent-elles introduire
des modifications nouvelles dans le système de radioprotection dans les 5 à 10 ans à venir
et plus particulièrement sur quatre points suivants ; la relation dose-effet, l’éventuelle
signature des rayonnements sur un cancer, la prédisposition génétique et la quantification
Figure 1.7. Chronologie de l’apparition des différents cancers parmi les survivants des
bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki.
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