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Radioprotection et ingénierie nucléaire
nombre de personnes exposées, ainsi que la probabilité de subir des expositions soient
maintenues aussi bas que raisonnablement possible, compte tenu des facteurs économiques et sociaux. Ce principe demande aux acteurs que le risque accepté soit réduit à un
niveau socialement acceptable. Là encore le dialogue démocratique avec les différents
acteurs de la société aura une place importante. L’optimisation étant un point essentiel
dans la mise en place du système de protection radiologique, nous l’évoquerons de
nouveau dans le chapitre 14 et nous le détaillerons dans le chapitre 15.
Enfin, si une activité est justifiée, si l’optimisation est mise en place, la CIPR demande que
cela ne se fasse pas au détriment d’une seule personne ou d’un petit groupe et demande
qu’au niveau individuel, aucun individu ne soit exposé à un niveau de risque jugé inacceptables dans le cadre des pratiques et dans des circonstances normales, c’est le principe
de limitation des expositions.
L’application simultanée de ces trois principes est nécessaire. Il est fondamental que ces
principes soient considérés comme un tout. Aucun d’entre eux ne peut être appliqué séparément.
1.5.3. Recommandations de la publication 60
Les recommandations de la CIPR, publiées en 1991 (publication 60 de la CIPR), sont la
base de la réglementation actuelle qui sera développée dans le chapitre 14. Elles succédaient à de précédentes recommandations publiées en 1977. Actuellement la CIPR a lancé
une nouvelle réflexion pour moderniser ses dernières recommandations. Le processus en
cours pourrait se terminer en 2007. Nul ne peut préjuger de leur prise en compte pour de
nouvelles recommandations. Notons, par exemple que les recommandation de 1991 ne
se sont retrouvées dans la réglementation française qu’en 2002.
Nous verrons dans le paragraphe 1.7 les caractéristiques des évolutions majeures.
En 1990, la CIPR a publié des recommandations (ICRP 60, 1991) en tenant compte de
l’évolution des connaissances scientifiques de l’époque et tout particulièrement les
données concernant les survivants des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki.
Compte tenu des temps de latence des différents cancers observés, la CIPR avait dans cette
publication modifié les facteurs de sensibilité (W T ) des différents organes publiés dans les
précédentes recommandations (ICRP 26, 1977) (Figure 1.7). De nouveaux travaux scientifiques avaient montré que la toxicité des neutrons était sous-évaluée, la CIPR a donc
doublé les valeurs des facteurs de nocivité des neutrons (W R ). Depuis cette même CIPR est
revenue en arrière pour les neutrons dont l’énergie est inférieure à 1 MeV (ICRP 92, 2003).
Toujours dans ses recommandations de 1990, la CIPR a modifié, par rapport à ses recommandations de 1977, ses facteurs de risque par unité de dose. Enfin la CIPR a tenu compte
dans ses dernières recommandations de l’état de l’art de l’époque, sur les effets du débit
de dose.
S’appuyant sur toutes ces considérations, la CIPR a recommandé alors de nouvelles
limites d’exposition pour les travailleurs et le public ; une limite de 100 mSv sur 5 ans pour
les travailleurs, à condition qu’une valeur de 50 mSv ne soit pas dépassée en une seule
année et une limite annuelle de 1 mSv pour le public, valeur limite qu’il ne faut pas ajouter
à l’irradiation naturelle préexistante. Pour les travailleurs, de nombreux États, dont la
France, n’ont pas pris en compte la souplesse autorisée par la CIPR et fixent à 20 mSv la
limite annuelle.
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