1 - Les bases de la protection radiologique
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Certaines activités augmentent l’exposition aux rayonnements soit en augmentant l’exposition des individus soit en augmentant le nombre d’individus exposés. Ces activités sont
appelées des « pratiques ». C’est le cas d’une installation nucléaire, mais aussi des installations à vocation médicale.
D’autres activités peuvent diminuer l’exposition totale, soit au niveau des individus soit au
niveau du nombre d’individus exposés. Ces activités sont appelées « interventions », c’est
le cas des actions concernant le radon dans les habitations ou les actions d’urgence qui
vont suivre une situation accidentelle (Figure 1.6).
Les dispositions réglementaires seront différentes pour les pratiques et les interventions.
Pour une pratique, on peut la planifier, l’accepter ou la refuser. Ces activités seront strictement réglementées. Pour les interventions, la notion de réglementation ne s’applique
plus, il appartient aux acteurs de gérer la crise et d’agir dans un concept d’optimisation
adapté à la situation. Il en va de même pour l’irradiation naturelle où la décision de réduire
ses effets éventuels ne peut que découler d’une décision politique optimisée en termes de
santé publique, c’est le cas du radon par exemple.
Une intervention sur un lieu de travail, réparation par exemple d’un ensemble défaillant,
est, pour la CIPR, une pratique qui sera soumise à réglementation (voir Chapitre 13). Elle
entre dans le fonctionnement supposé d’une installation. Il ne faut donc pas confondre ce
terme technique avec la définition de la CIPR pour qui intervention ne concerne que les
situations héritées de la situation géologique, le radon, ou d’un accident qui par définition
ne se réglemente pas, celui de Tchernobyl par exemple.
Compte tenu de cette difficulté de langage qui peut conduire à confusion, la CIPR réfléchit
actuellement sur la redéfinition de ce concept.
En effet, à l’usage, cette distinction ne s’avère pas aussi opérationnelle qu’on a pu
l’attendre. Prenons par exemple le cas d’un site contaminé dû à un héritage du passé, situé
à proximité d’une installation nucléaire : les personnes du public comprennent mal que
les expositions provenant de l’un soient gérées selon des critères différents de celles provenant de l’autre, on y reviendra plus loin.
Enfin, pour l’irradiation médicale, la CIPR distingue bien l’irradiation du patient pour
lequel un bénéfice immédiat est attendu, et pour lequel il n’y aura pas de réglementation,
seulement des recommandations pour optimiser la pratique et le personnel qui se verra
appliquer la réglementation courante.
1.5.2. Les trois principes
Le système de protection radiologique pour les pratiques existantes ou envisagées est basé
sur trois principes qui seront de nouveau évoqués dans le chapitre 14 traitant de la réglementation.
La justification des pratiques : aucune pratique ne peut être adoptée si elle n’apporte pas
un avantage suffisant aux individus exposés ou à la société. Cette justification trouve ses
racines dans les fondements même de la démocratie, ainsi certains États trouvent justifiée
la production d’électricité par l’énergie nucléaire, d’autres non. La CIPR laisse aux États la
responsabilité de la justification.
L’optimisation de la protection est fondée sur l’adoption, par principe, de la relation doseeffet linéaire sans seuil. Sachant que toute irradiation produira un effet, la CIPR demande
que, pour toute source associée à une pratique, le niveau des doses individuelles, le
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