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Radioprotection et ingénierie nucléaire
Au-delà de 2 Gy, des précautions très strictes sont à prendre, l’hospitalisation en service
spécialisé s’impose. La dose létale 50, à 60 jours, se situe pour des individus non traités
entre 3,5 et 4 Gy. La chute maximale du nombre des cellules sanguines se situe entre la
3
e et la 4
e semaine, c’est à ce moment que se pose le problème vital. Paradoxalement,
avant cette période très critique, la symptomatologie est pratiquement silencieuse. Le
malade qui survit ne rentre en convalescence qu’au troisième mois. Le traitement devra
être entrepris dans un service spécialisé, locaux stériles, repos, prévention des infections.
La greffe de moelle longtemps préconisée n’est plus le traitement de référence pour des
irradiés accidentels.
Si la dose est plus élevée que la dose létale, 8 à 12 Gy, la gravité peut être due aux complications digestives, le risque maximum commence 6 à 8 jours après l’irradiation, l’évolution sera très grave malgré le traitement.
Des lésions pulmonaires graves apparaissent à 10 Gy ; pour des doses de 15 à 20 Gy, un
syndrome neurologique toujours fatal intervient.
1.3.2.2. Irradiations partielles
La peau est le tissu le plus souvent lésé en cas d’irradiation partielle. Les manifestations
sont variables, elles dépendent de la dose. Les signes physiques sont schématiquement
ceux des brûlures : érythème, phlyctène, œdème, nécrose et sclérose. Aucune lésion grave
n’apparaît en dessous de 10 Gy.
Seule la production de spermatozoïdes est atteinte au niveau des testicules, on note une
oligospermie transitoire et réversible spontanément à 0,5 Gy, une stérilité temporaire à
2 Gy. Pour des irradiations égales ou inférieures à 6 Gy, la stérilité est temporaire chez
l’homme. L’ovaire est moins sensible que le testicule, il faut des doses de 12 à 15 Gy pour
provoquer des ménopauses artificielles chez des jeunes, 7 Gy seulement chez des femmes
de 40 ans.
Certains organes profonds sont plus résistants face aux effets précoces. Il faut des doses de
25 Gy au seul poumon pour que la mort survienne, des doses de 50 à 70 Gy pour voir des
lésions irréversibles au niveau du cœur, le rein est définitivement altéré si la dose dépasse
30 Gy.
Il faut noter certains effets déterministes qui apparaissent plus tardivement comme la cataracte. Rien n’est observé au-dessous de 10 Gy pour les rayons X, au niveau du cristallin,
le seuil est plus bas pour les neutrons (0,8 Gy). On observe également des troubles de la
croissance pour des doses in utero supérieures à 1 Gy, une baisse des réactions immunologiques pour des doses supérieures à 1 Gy.
Pour le législateur, ces effets sont relativement faciles à gérer ; les normes de protection
sont fixées à des niveaux bien inférieurs à leurs seuils d’apparition. Ces effets ne peuvent
donc survenir qu’à la suite d’incidents ou d’accidents.
1.3.3. Effets stochastiques
Les principaux effets stochastiques sont les cancers qui surviennent quelques années ou
quelques dizaines d’années après l’irradiation. L’effet cancérigène des rayonnements ionisants est avéré, mais il est très difficile de savoir s’il existe une dose seuil au-dessous de
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