1 - Les bases de la protection radiologique
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laquelle il ne se manifeste plus, compte tenu de l’incidence spontanée des cancers dans
la population, (25 à 30 % dans les populations occidentales, principalement au-delà de
60 ans).
Les données les plus fiables proviennent de l’expérimentation animale. Chez l’homme, la
cohorte la plus cohérente et la plus étudiée est celle des survivants des bombardements de
Hiroshima et de Nagasaki durant la seconde guerre mondiale. À côté de cette cohorte
(86500 personnes) figurent d’autres cohortes, plus limitées qui correspondent très souvent
à des irradiations partielles. Citons par exemple ces femmes, qui utilisaient des peintures
à base de radium pour peindre les cadrans de montres lumineux ; 2000 environ sont
mortes suite à des cancers osseux radio-induits. Citons également les mineurs d’uranium
atteints de cancers du poumon après inhalation de radon. Toutefois les informations
recueillies parmi ces cohortes, si elles sont très précieuses, ne donnent que des informations limitées à un ou deux types maximum de cancers.
Ne connaissant pas de manière irréfutable les effets des faibles doses, la CIPR a, dès ses
premières recommandations, proposé, par précaution que l’on adopte une relation
linéaire sans seuil entre la dose et la fréquence des cancers, bien qu’au-dessous de 1 Gy
pour les adultes et de 20 mGy chez l’enfant, aucune observation probante n’ait pu montrer
que cette affirmation était vraie ou fausse. On dira donc que, quelle que soit la dose reçue,
un effet est possible, même s’il n’est pas observable.
On pourra voir plus loin que, dans le cadre de la gestion des déchets radioactifs à vie
longue, une autre approche pourrait être proposée.
Le temps de latence de ces cancers est très variable : 4 à 20 ans pour les leucémies, jamais
inférieur chez l’adulte à 10 ans pour les autres cancers, il peut atteindre 35 à 40 ans pour
les cancers digestifs. Chez l’enfant, ce temps de latence peut être considérablement
diminué, comme l’a montré l’augmentation importante de cancers de la thyroïde chez les
enfants proches de la centrale de Tchernobyl après l’accident de 1986.
La radiosensibilité des tissus est très variable.
Tous ces paramètres sont pris en compte par la CIPR pour définir son système de protection radiologique et proposer des limites d’exposition acceptables, comme nous le verrons
plus loin. Cependant, il existe encore des inconnues qui seront discutées après la présentation du système de protection radiologique dans le paragraphe 1.6.
Il apparaît, à la suite de cette description rapide des deux types d’effets produits par les
rayonnements ionisants, que la gestion de ces deux types d’effets est très différente. Pour
les premiers, déterministes, il suffira de placer la limite réglementaire en dessous du seuil
d’apparition de l’effet, la décision est facile à prendre et à expliquer. Pour les effets
stochastiques, il a été décidé par précaution qu’un effet est toujours possible. Il appartiendra alors au législateur de concilier la pratique d’une activité et son acceptabilité en
termes de risques pour la société. C’est la base actuelle du principe dit de précaution.
Partant d’une base scientifique, la radioprotection devra dès lors prendre en compte des
facteurs sociétaux, à la base de toutes les difficultés et parfois incompréhensions.
1.4. Notions de doses
L’irradiation d’un organisme engendre des lésions plus ou moins importantes. La grandeur
utilisée pour quantifier la quantité de rayonnement reçu est la dose. C’est donc l’estimation de la dose, la dosimétrie, qui permet de quantifier l’atteinte de l’homme résultant des
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laquelle il ne se manifeste plus, compte tenu de l’incidence spontanée des cancers dans
la population, (25 à 30 % dans les populations occidentales, principalement au-delà de
60 ans).
Les données les plus fiables proviennent de l’expérimentation animale. Chez l’homme, la
cohorte la plus cohérente et la plus étudiée est celle des survivants des bombardements de
Hiroshima et de Nagasaki durant la seconde guerre mondiale. À côté de cette cohorte
(86500 personnes) figurent d’autres cohortes, plus limitées qui correspondent très souvent
à des irradiations partielles. Citons par exemple ces femmes, qui utilisaient des peintures
à base de radium pour peindre les cadrans de montres lumineux ; 2000 environ sont
mortes suite à des cancers osseux radio-induits. Citons également les mineurs d’uranium
atteints de cancers du poumon après inhalation de radon. Toutefois les informations
recueillies parmi ces cohortes, si elles sont très précieuses, ne donnent que des informations limitées à un ou deux types maximum de cancers.
Ne connaissant pas de manière irréfutable les effets des faibles doses, la CIPR a, dès ses
premières recommandations, proposé, par précaution que l’on adopte une relation
linéaire sans seuil entre la dose et la fréquence des cancers, bien qu’au-dessous de 1 Gy
pour les adultes et de 20 mGy chez l’enfant, aucune observation probante n’ait pu montrer
que cette affirmation était vraie ou fausse. On dira donc que, quelle que soit la dose reçue,
un effet est possible, même s’il n’est pas observable.
On pourra voir plus loin que, dans le cadre de la gestion des déchets radioactifs à vie
longue, une autre approche pourrait être proposée.
Le temps de latence de ces cancers est très variable : 4 à 20 ans pour les leucémies, jamais
inférieur chez l’adulte à 10 ans pour les autres cancers, il peut atteindre 35 à 40 ans pour
les cancers digestifs. Chez l’enfant, ce temps de latence peut être considérablement
diminué, comme l’a montré l’augmentation importante de cancers de la thyroïde chez les
enfants proches de la centrale de Tchernobyl après l’accident de 1986.
La radiosensibilité des tissus est très variable.
Tous ces paramètres sont pris en compte par la CIPR pour définir son système de protection radiologique et proposer des limites d’exposition acceptables, comme nous le verrons
plus loin. Cependant, il existe encore des inconnues qui seront discutées après la présentation du système de protection radiologique dans le paragraphe 1.6.
Il apparaît, à la suite de cette description rapide des deux types d’effets produits par les
rayonnements ionisants, que la gestion de ces deux types d’effets est très différente. Pour
les premiers, déterministes, il suffira de placer la limite réglementaire en dessous du seuil
d’apparition de l’effet, la décision est facile à prendre et à expliquer. Pour les effets
stochastiques, il a été décidé par précaution qu’un effet est toujours possible. Il appartiendra alors au législateur de concilier la pratique d’une activité et son acceptabilité en
termes de risques pour la société. C’est la base actuelle du principe dit de précaution.
Partant d’une base scientifique, la radioprotection devra dès lors prendre en compte des
facteurs sociétaux, à la base de toutes les difficultés et parfois incompréhensions.
1.4. Notions de doses
L’irradiation d’un organisme engendre des lésions plus ou moins importantes. La grandeur
utilisée pour quantifier la quantité de rayonnement reçu est la dose. C’est donc l’estimation de la dose, la dosimétrie, qui permet de quantifier l’atteinte de l’homme résultant des
